LE MOMENT DE LA GRACE
Pensez-y-bien ; un moment de grace peut attirer une éternité de bonheur. |
UOIQU'EIL soit vrai de dire en général que tous les tems sont E
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propres à la grace, que la grace n dépend ni des momens ni des tems que Dieu, maître et dispensateur de ses dons, n’est restreint ni par le occasions, ni par les circonstances il n'est pas moins vrai de dire qu'i y a, pour nous et pour certains ame en particulier, des tems plus pré cieux, des jours plus favorables, oi Dieu nous recherche plus spéciale.
ment, où la lumière de la grace brilk avec plus d'éclat, où son attrait « fait sentir avec plus d’onction, oi elle semble jeter sur nous des re gards plus favorables : et verser sa dors avec plus d’abondance ; et voil ce qu’on appelle les momens de h grace, les momens heureux et privilégiés dont parle saint Paul, quandil dit : voici le tems favorable, voici des momens et des jours de salut: ÆEcc -srunc tempus acceptabile, eccè nunc dies salutis.*
. Pensez-y-bien, et profitex-en ; car pour descendre dans le détail et vout * Cor, 6. |
grace n des tems sateur de i par le nstances dire qu'il ains ame plus pré ables, oi spéciale.
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sen ; Cat il et vous
le faire encore mieux connaître, le moment de la grace pour vous, ce sont certaines occasions où Dieu semble tout-à-coup lever le bandeau de dessus vos yeux, et vous montrer les grandes vérités avec plus d’évidence : briéveté de la vie, néant des choses du monde, plaisirs trompeurs, honneurs frivoles, tout se présente aux yeux éclairés par la grace, Le moment de la grace, ce sont certains reproches intérieurs d'une conscience troublée et agitée; on sent qu’on n'est pas ce qu’on devrait être; on se dit qu’il ne faudrait ni vivre, ni mourir dans ce triste état; qu'il faudrait enfin penser à un ’#1our salutaire à soi et à Dieu. Le moment de la grace, c’est une prédication touchante, une lecture de piété, un exemple édifiant, un avis salutaire ; dans tout autre tems, tout cela aurait été sans effet, et n’aurait point touché; dans ce bon moment, tout touche et fait impression. Que
de la grace,
LA
100 Le moment.
dirons nous encore? Le moment de la grace, c’est une mort subite, un accident funeste, dont on est témoin. À cette vue, que ne se dit.
on pas ? quels retours, quelles ré.
flexions salutaires ne fait-on pas!
qu'est-ce que ce monde? qu'est-ce que notre vie? que sommes-nous sur la. terre? Le moment de la grace, c’est un chagrin, une croix, une humiliation, un revers de for.
tune, une maladie dangéreuse ; alors on rentre en soi-même; on voit le néant de tout; tout devient amer, tout déguûte ; on ne trouve de consolation que dans Dieu. Les.voilà, les momens de la grace; ces jour de salut, eccè nunc. Tels, Ô mon Dieu! ont'été ces heureux momens qui ont formé tant de Saints. Le moment de la grace pour moi, c'est peut-être le moment où je médite ‘ cette grande vérité, et où vous me parlez au cœur pour m'attirer tout à vous.
Rien de si important et de si
néce fidèl n’est senti suivr c'est délai com taireé ferme elle
à Di porte pas nous:
comr a son vent reux quelc peuv
tions
moment subite, on eat » se dit:
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Ô mon momers ts. Le oi, C’est > médite vous me er tout à
st de si
nécessaire pour nous, que d'être fidèles. au moment de la grace; ce n’est pas assez de la connaître, l’essentiel, c’est d’en profiter, c’est d’en suivre les mouvements salutaires, c'est de ne pas l'éloigner par des délais affectés, c'est de ne pas la combattre par des résistances volontaires et réfléchies, c’est de ne pas fermer les yeux à la lumière, quand elle nous éclaire, c’est de répondre à Dieu, quand il vient frapper à la porte de notre cœur: c’est de ne pas contrister l’Esprit-Saint dans nous-même.
Il en est de l'affaire âu salnt comme de toutes les autres ; chacun a son tems, et le succès dépend sou- , vent de certains momens plus henreux, Si on les manque, ils sont quelquefois sans retour, et quelles peuvent être les suites de ces oppositions, de ces résistances ? |
de la grace.
Pensez-y-bien.
Voici deux grandes vérités à médi-
102 Le moment
ter sur ce sujêt. Dans les voies de la
sainteté, rien de si grand et de si sublime où le moment de la grace
mis en profit, ne puisse nous élever;
et dans les sentiers de l’iniquité, rien
de si triste et de si funeste où le mo.
ment de la grace manqué ne puisse
nous conduire. Ne craignons pas
cependant que Îla grace de Dieu
nous manque; non la grace de Dem
Dieu ne nous manque pas, c’est pier
nous qui manquons tous les jours à Æ la gre
la grace: ce que je prétends dire, Æ à cer
doit suffire pour.nous affliger et nous Æ et pl
alarmer, c’est que ces momens de Æ en m
la grace négligés s'opposent aux E se c
desseins de Dieu; c’est que d'en E dans
abuser, c’est résister à Dieu, c’est Æ de :
rendre notre retour plus difficile, K ténê
c'est s’exposer à la soustraction des Æ de lu
graces de choix, c'est contrister l'Es- Æ den
prit-Saint dans nos cœurs ; et pour Æ soyo
tout dire en un mot, c’est par à Die
qu'ont commencé la perte et les mal- Æ term * heurs de tant d’ames. . Pensez au
salut de la votre,
jeun à 8 dire,
nsez aù
de la grace. 103
Que faut-il donc faire dans un point si essentiel ? lo. Éstimer et respecter la grace, rt le moment précieux où elle se présente ; 20.
Craindre souverainement de lui résister et de la combautre ; 30. Demander souvent pardon à Dieu de cette résistance à la grace. et promettre de lui être à l’avenir plus fidèle ; 40.
Demander à Dieu de nous faire exier en ce monde nos infidélités à É grace ; bo. Prendre garde, surtout, à certains mouvemens plus marqués et plus précieux de la grace ; 60. Mais en même tems prendre garde aussi de se conduire soi-même, et de se jeter dans des illusions, sous prétexte de vues particulières. L'Ange de ténébres peut se déguiser en Ange de lumières, et nous égarer, au lieu de nous conduire : soyons humbles, soyons fidèles, soyons généreux, Dieu nous conduira par la main au terme: de notre salut.
Le moment
H18ToIRE.
C'est un trait bien remarquable que celui qui est rapporté dans l'E.
vangile. Jésus-Christ voyant la ville un Pr ses versa des larmes sur elle ; videns civitatem, flèvit super illam (1). Ville Wnfortunée ! s’écria:
t-il, si tu avais voulu connaître mes desseins de miséricorde et de bonté sur toi, si cognovisses quæ ad pacem libi; que de graces qui t’étaient préparées ! tes ennemies t’auarient redouté, tes habitans auraient gouté les douceurs de la paix, tu aurai subaisté dans ta gloiré et dans ton éclat. Ville ingrate et coupable, combien de fois ai-je voulu réunir tes enfants dans mon sein, comme la poule réunit ses petits sous se ailes ? Quoties volui congregare filios tuos ? Toujours tu as résisté, et jamais tu n’as voulu te rendre à mes
tendres invitations, & noluisti. Hé:
(1) Luc. 19.
las !
que tes e côtés vallo tes gnes,
ils ég restei pierre dem malh n’au de m miséi Cogn
l'c aCCOI les n étont
de la grace. 105
las! en punition de ton infidélité,
que de malheurs vont fondre sur toi !
tes ennemis t’environneront de tous côtés, circumdabunt te inimici tui vallo(1); ils t’assiégeront de toutes parts, ils désoleront tes campagnes, ils-renverseront tes remparts, ils égorgeront tes habitants, il ne restera plus dans toi pierre sur pierre, & non relinquent in te lapidem super lapidem. Et tous ces malheurs t’arriveront, par ce que tu
arquable ans l'E.
t la ville mes sur it super | s’écria:
tre mes le bonté d pacem t’étaient
'auarient M n'auras pas voulu connaître le tems nt gouté M de mes graces et les momens de mes u auras à miséricordes sur toi, eù quod non
ans ton A cognoveris lempus visilationis tuæ.
pupable, l'outes ces prédications furent réunir M accomplies : la ruine, la désolation comme D les malheurs de Jérusalem infidèle, sous ses M étonnent encore l’univers.
are filios REFLEXIONS.
s, et ja.
à mes Combien d’ames dont cette ville sti. Hé: R coupable, est la triste image, et qui
par leurs continueiles résistances à
106 Le moment de la grace.
la grace, attirent sur elles des mal.
heurs d'autant plus grands, qu'il seront éternels !
Pensez-y-bien : la grace” vou:
presse ; soyez fidèle à la grace; rien de si funeste que d'en abuser.
Ce
des mal.
qu'ik