LE PROTOTYPE MENTAL DE LA RACE
de son développement, il faut distinguer deux parties : celle qui concerne l'individu comme tel dans ses relations avec les autres individus et celle qui qui a trait à lui en tant que membre d'une communauté dans ses rapports avec la chose publique. Si la seconde peut se transformer, même du tout au tout, sous l'influence des progrès de l'instruction, des besoins nouveaux et d'autres causes multiples dont les résultats sont difficiles à prévoir, la première reste stable et ne se montre que dans la façon dont elle envisage l'autre et s'y adapte.
Le caractère primordial de la race est un héritage inaliénable ; il est — qu'on me permette cette comparaison triviale — la sauce à laquelle s'accommodent tous les plats que lui offrent ses destinées historiques. L'histoire de l'humanité nous présente plus d'un exemple probant, en nous montrant comment les mêmes faits généraux, les mêmes réformes ont été, en des circonstances visiblement presque identiques, différemment exploités dans leurs résultats par des nations de tempérament dissemblable.
le paysan ne se montre tel ou il est que lorsqu'on a gagné sa confiance
L'àme russe, puisque d'âme nous parlons, est simple et complexe à la fois. Tout entière de contrastes, elle est aussi souvent sincère, en paraissant dissimuler, que fausse, en prenant les dehors de la vérité. C'est ce qui me faisait dire plus haut que, pour la comprendre et l'approfondir, il ne suffisait pas d'une étude, d'une observation passagère, si consciencieuse fût-elle. Il faut, -pour la connaître, avoir avec elle souffert de ses douleurs et s'être réjoui de ses bonheurs, avoir partagé les mêmes espérances et s'être senti affecté par les mômes regrets, avoir su rapetisser ses propres horizons pour les faire entrer dans le cadre des siens et s'être complètement libéré, ne fût-ce que pour un certain temps, autant de ses préjugés que