AU LECTEUR
plus persuasif, quand il réussirait même à se faire goûter et méditer, ne saurait être qu'une entrée en matière^ — tant est profond et délicat le travail qui doit y correspondre en ceux qui le voudront lire.
L'œuvre saine dont je parle ne s'achèvera que dans leur âme, lentement; et j'en sais trop le prix pour ne pas sentir qu'aspirer seulement à l'inaugurer avec eux et qn eux^ c'est me flatter beaucoup. Mais refusera-t'On à un tel sujet quelques instants d'attention recueillie?...
a Je jetai une flèche dans les airs, dit le poète du Psaume de la vie, — Elle alla tomber je ne sais où; — Son vol fut si rapide que l'œil — Ne put le suivre.
« J'exhalai un chant ^ — Qui alla retentir je ne sais où : — Car qui donc a la vue assez perçante — Pour suivre le vol d'un chant ?
U « Longtemps, longtemps après, dans un chêne — Je trouvai la flèche intacte ; — Et
le chant, du premier mot à Za fin, — Je le retrouvaii dans le cœur d'un ami (1). »
Ce -petit écrit ne prétend être ni une flèche, ni un chant : mais j'en voudrais retrouver la trace un jour dans quelques âmes revenues à la vie saine, et par elle à Vamour de notre Maître , Jésus-Christ,
Fr. H. C.
(1) Long, long afterward, in an oak, I found the arrow, still unbroke ; And the song, from beginning to end, T found again in the heart of a friend.
(Longfellow ; The Arrow and the Song.)
Quis est homo qui vult vitam?,,,