‹ L'âme sanctifiée par les dons du Saint-Esprit [microforme]Chapitre 17 sur 45 · TROISIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

TROISIÈME ENTRETIEN

Don de science

Justum deduxit Dominus per vias rectas et dedit illi scientiam sanctorum.

Le Seigneur a conduit le juste par des voies droites, et il lui a donné la science des saints. Sap. X, 10.

Le de “été, en mettant dans l’âme des sentiments de . mour envers Dieu, et en la disposant favorableient à l’égard des créatures, l’a engagée pour du bon dans la voie de la perfection. Il faut maintenant qu’elle avance, il faut qu'elle aille vers ce Dieu si bon qui est son Père, qu’elle vive de sa vie, qu’elle soit parfaite comme il est parfait.

Mais pour avancer, sans s’égarer jamais, n'est-il pas nécessaire qu’elle connaisse d’une manière certaine le chemin qu’elle doit suivre? Ne faut-il pas aussi qu’elle sache les pièges qui lui sont tendus ? Eh ! qu’il lui est difficile de savoir ces choses ! L’esprit des ténèbres cherche sans cesse à la tromper, le monde avec ses maximes et ses exemples, les passions avec leurs fatales exigences sont de connivence avec

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lui. Qui donc viendra la secourir ? Qui lui apportera la lumière qu’elle réclame ? Le Saint-Esprit, qui a entrepris la sanctification de cette chère âme, ne peut l’abandonner dans un aussi pressant besoin. Il lui apporte le don de la science des saints, pour la conduire toujours par les voies les plus droites et la faire parvenir à sa bienheureuse ti, l’éternelle béatitude : J'ustum deduxit Dominus per vias rectas et dedit illi scient’ 1m sanctorum.

Voyons que: : :t la nature et l’excellence du don de science, quels sont les effets qu’il opère dans les âmes, quels sont les moyens de l’acquérir et de le développer en nous.

O Lux beatissima, reple cordis intima tuorum fidelium. O bienheureuse lumière, pénétrez jusqu'aux derniers replis de notre cœur.

SI Nature et excellence

Nature. Le don de science est celui par lequel le Saint-Esprit nous fait porter un jugement droit et certain sur les vérités tant de l’ordre spéculatif que de l’ordre pratique, ainsi que sur toutes les choses créées.

Ce don, dit S. Thomas, ! a pour objet tout d’abord de nous faire discerner les vérités de l’ordre spécutif, afin de nous montrer clairement ce qu’il faut croire et ce qu’il ne faut pas croire.

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Il nous fait discerner ensuite les vérités de l’ordre pratique ou moral, afin que nous sachions parfaitement ce que nous devons faire et ce que nous devons éviter ; et que nous ne déviions jamais, en aucune façon, du droit sentier de la justice.

Enfin, ce don nous fait apprécier les créatures à leur juste valeur, nous mettant en garde contre le danger qu'elles présentent, et nous apprenant à nous en servir, comme de moyens, pour nous élever vers Dieu.

Excellence. Pour bien juger de l'excellence de la science qui vient du Saint-Esprit, il faut la comparer avec la science purement humaine, laquelle est si prisée et si applaudie dans le monde.

Et d'abord, la science humaine est une science laborieuse dans son acquisitien. Elle s'obtient par l'étude et exige de la part de toutes les puissances de l'âme de longs et de pénibles efforts. Il en avait fait la douloureuse expérience celui qui disait : «J'ai résolu en moi-même de rechercher et d'examiner avec sagesse ce qui se passe sous le soleil. Dieu a donné aux enfants des hommes cette très fâcheuse occupation qui les exerce pendant leur vie » : Hanc occupalionem pessimam dedit Deus filiis hominum ut occuprrentur in ea. Eccle. 1, 13. « Et j'ai reconnu qu’en cela même, il y a bien de la peine et de l’affliction »: Et agnovi quod in his quoque esset labor et aflictio spiritus. Eccle. 1, 17. L’acquisition de la science exige donc beaucoup d'efforts et de peines.

La science humaine est en outre limitée dans son étendue. Elle ne peut pénétrer dans le monde des

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