‹ L'âme sanctifiée par les dons du Saint-Esprit [microforme]Chapitre 25 sur 45 · CS CE · texte numérisé non relu

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puissant qu'il est, se laisse vaincre par la prière humble et confiante. il a révélé à Ste Gertrude, que celui qui le prie avec confiance fait violence à son cœur et qu’il se voit forcé de l’exaucer, en tout ce qu’il demande. La prière, dit S. Jean Climaque, fait violence à Dieu ; et cette violence lui est chère.

L'oraison mentale surtout attire en nous le don de force. Grâce aux lumières divines que le Saint-Esprit nous y donne, nous concevons d’ardents désirs de servir Dieu parfaitement et de devenir des saints. Nous nous excitons à éviter les moindres fautes, à déraciner nos vices, à faire des actes de vertu, à entreprendre de zrandes choses pour Dieu et à souffrir courageusement tout ce qu'il lui plaît.

Dans l’oraison, l’âme s’enflamme d’amour pour Jésus-Christ en réfléchissant à tout ce qu’il à fait et souffert pour nous. Or, l’amour, c’est une force qui nous pousse en avant : Caritas enim Christi urget nos. 2 Cor. v, 14. On ne recule alors devant rien de ce que l’on sait être la volonté ou le désir du Seigneur. On s’y porte avec joie, avec un saint enthousiasme.

Dans l’oraison enfin, l’âme s’unit étroitement à Dieu, elle se transforme en l’homme nouveau qui est Jésus-Christ : c’est là son but final. Or, comment ne pas être fort, quand on est uni à Celui qui est le Tout-Puissant, quand on se trouve comme transformé en Jésus-Christ, le principe, le modèle et la fin de la force chrétienne ? Ainsi, par l’oraison, nous devenons forts de la force même de Dieu ; et plus nous montrons de fidélité à ce saint exercice, plus notre force s’accroît et produit d’admirables effets.

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3° L’Eucharishe. La source de la vie et de la force, c'est Dieu : Apud te est fons vitæ. Ps. xxxv, 10. Et que fait l’Eucharistie, sinon donner Dieu à nos âmes, et nous faire vivre de sa vie ? « Le même que je vis par mon Père, a dit Jésus-Christ, ainsi. celui qui me mange vivra par moi : Qui manducat me et ipse vivet propler me. Joa. vi, 58. Par ce sacrement, dit S. Thomas, l’homme est, Pour ainsi dire, divinisé:; il est comme enivré de la substance divine. Quand nous avons communié, nous sommes, en quelque sorte, d'autres Jésus-Christ, la force de Dieu est alors en nous ; c'est pour cela que l'Eucharistie est appelée le pain des forts. C’est par elle, principalement, que le Saint-Esprit veut nous communiquer son don de force.

S'il y a aujourd’hui, par mi les chrétiens, tant d’avilissement dans les caractères, tant d’affaiblissement dans les volontés, tant de lâchetés et de compromissions devant le devoir, n’esc-ce pas parce que la sève vivifiante de l’esprit de force, qui jaillit de l’Eucharistie, ne pénètre pl -ssez dans les âmes ? N'est-ce pas parce que l’on * .ige, les hommes surtout, de se nourrir du pain des forts? Aruit cor meum quia oblitus sum comedere panem meum. Ps. CI, 5. Ah ! si l'on communiait plus souvent et si l’on communiait mieux, on ne verrait pas de ces faiblesses, de ces découragements, de ces inconstances dans le bien, de ces trahisons des devoirs les plus sacrés. Chacun lutterait courageusement contre ses ennemis particuliers, et tous s’uniraient pour repousser l’ennemi commun, arrêter l’envahissement u mal, remédier aux grandes plaies sociales, arracher les ânes à la mort,

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et assurer le maintien de la foi, le triomphe de l’Église et de Jésus-Christ. Le Saint-Esprit le sait bien, lui qui manque tant à certaines âmes, à celles-là surtout qui, mêlées à la chose publique, ont leur part d'influence dans les destinées d’un pays ; il le sait, et, désirant remédier à un si grand mal, il a inspiré à celui qui est son organe sur la terre, le Souverain Pontife Pie X, de faire un appel pressant après de toutes les âmes chrétiennes, en faveur de la communion de chaque jour. Ecartant d’une main vigoureuse tous les restes des vieux préjugés, derniers vestigrs du Jansénisme, le Saint Père a voulu que l'accès à 1: ‘able sainte fut rendu facile à tous: l’état de grâce, joint au désir de profiter de ce grand sacrement, étant l’unique disposition pour faire la communion, même quotidienne. Il a ressuscité également la pratique des premiers temps de l’Église, de faire communier les enfants, dès qu'ils ont atteint l’âge de raison. Cet appel du Père commun des fidèles a été entendu et l’on a vu se produire dans l’Église un entraînement universel vers le banquet eucharistique. Déjà, l’on constate, dans les jeunes générations surtout, les admirables effets de cette restauration religieuse. Puissent les générations qui s’avancent faire revivre, dans la société chrétienne, la piété, la ferveur, la générosité des premiers âges ! Peut-être ont-elles besoin d’une plus grande provision de forces que celles qui les ont précédées ? fui sait si, un jour, l’heure ne sonnera pas pour &:.. d'affronter de redoutables périls, de soutenir de rudes combats, de professer leur fai à la manière des martyrs ! Dieu seul connaît les secrets de l’avenir ; il prépare, de loin, ses soldats

à la lutte et ses élus aux grands et terribles événements.

4° La fidélité aux petites choses. Qu'y a-t-il de plus mince, de plus délicat qu'un cheveu ? C'était pourtant dans tous ses cheveux réunis, que Samson puisait sa force prodigieuse. De même, c’est dans l’ensemble des petites choses que nous faisons pour Dieu, que notre âme trouve la force surnaturelle. Rien ne fait plus plaisir au Saint-Esprit, rien n’attire autant en nous la grâce divine, que la fidélité à éviter les fautes légères, à accomplir parfaitement nos devoirs de chaque jour et à nous acquitter soigneusement des exercices de piété que nous nous sommes prescrits. Jésus-Christ nous le fait entendre par ces paroles : « Celui qui est fidèle dans des choses moindres aura la force de l’être dans de plus importantes » : Qui in minimo fidelis est et in majori fidelis est. Luc XvI, 10. Pour soutenir victorieusement des combats éclatants, pour faire de grandes choses pour Dieu et pour les âmes, pour souffrir héroïquemen des douleurs ais ‘is, de dures épreuves, de violentes persécutions, il faut s'être exercé d’abord à vaincre ses petites passions, à bien faire les choses ordinaires de la vie, celles que Dieu demande chaque jour de nous, à prat'cner la patience dans les peines que nous rencontror : : abituellement. Un arbre n’arrive pas tout d’un coup à son parfait développement ; ce n’est d’abord qu’une petite semence jetée dans le sol, elle prend racine, puis, grâce à la chaleur et à la rosée, elle se développe peu à peu, et devient, après bien des années, un arbre gigantesque centre lequel les vents et les tempêtes déchaînent en vain leur fureur. Ainsi en

est-il de notre âme : c’est en étant bien fidèle à profiter chaque jour de la lumière et de la rosée de la grâce qu’elle se développe, se fortifie et devient capable de soutenir les grandes luttes et les fortes épreuves de la vie spirituelle.

O divin Consolateur, que Jésus nous a promis et qu’il nous a mérité par sa très douloureuse mort, voyez notre faiblesse et venez à notre secours. Sans vous, nous ne pouvons rien, nous ne pouvons que nous perdre et nous damner. Venez donc à notre secours. Soy:z avec nous dans le combat, avec nous dans le travail, avec nous dans la souffrance. Alors, nous serons toujours agréables à vos yeux ; nous deviendrons des saints, et nous vous en rendrons d’éternelles actions de grâces.

O Marie, qui fûtes soutenue par le Saint-Esprit dans vos grandes douleurs, obtenez-nous, par vos prières, le don précieux de force.

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