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innombrables. Je me suis réjoui en toute chose, parce que la sagesse marchait devant moi, et j'igncrais qu’elle fut la mère de tous ces biens ; aussi, je prenas à cœur de la faire connaître aux autres, je ne cache pas les richesses qu’elle renferme ; car elle est un trésor infini pour les hommes, et ceux qui savent en user deviennent des amis de Dieu, et se rendent recommandables devant des hommes.» Sap. vix, 7-14.
« Je l’ai aimée, je l'ai recherchée dès ma jeunesse, et j'ai tâché de l’avoir pour épouse, et je suis devenu tout épris de sa beauté. Elle fait voir la gloire de son origine en ce qu’elle est étroitement unie à Dieu, et qu’elle est aimée de Celui qui est le Seigneur de toute chose. C’est elle qui enseigne la science de Dieu, et qui est la directrice de ses ouvrages. J’ai donc résolu de la prendre avec moi pour la compagne de ma vie, sachant qu’elle me fera part de ses biens, et que dans mes peines et mes ennuis, elle sera ma consolation. Elle me rendra illustre parmi les peuples, et tout jeune que je suis, je serai honoré des vieillards.»
« Entrant dans ma maison, je trouverai en elle mon repos, car son commerce n’a rien de désagréable, ni sa compagnie rien d’ennuyeux ; maïs on y trouve la satisfaction et la joie. Ayant donc pensé à toutes ces choses, et les ayant méditées dans mon cœur, considérant que je trouverais l’immortalité dans l'union avec la sagesse, un saint plaisir duns son amitié, des richesses inépuisables dans les ouvrages de ses mains, l'intelligence dans ses entretiens, et une grande gloire dans un commerce suivi avec elle, j'allais, la cherchant de tous côtés, afin de la prendre pour ma compagne.» Sap. vu.
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Moyens d'acquérir ou d'accroître en soi le don de sagesse.
Premier moyen : l'humilité. Ce sont les humbles que la divine Sagesse invite à venir à elle afin de se communiquer à leur âme et les enrichir de ses biens: “à Si quis est parvulus, veniat ad me. Prov. 1x, 4. Pour 4 goûter le Dieu par ce don béni, il faut commencer par l’attirer en soi, mais rien n'attire Dieu avec plus de force que la sainte humilité. « Dieu protége l’humble, il l'aime et le console ; il s’abaisse jusqu’à lui, il répand sur lui ses grâces avec abondance. Il lui révèle ses secrets, il l'invite et l’attire doucement à lui. Soyez humble et pacifique et Jésus sera avec vous. Etre avec Jésus, c’est un paradis de délices.» Imit. C’est aux âmes humbles, petites à leurs propres yeux, pénétrées du sentiment de leurs misères, con- fe fuses au souvenir de leurs fautes, que Dieu a coutume ie d'accorder le trésor infini du don de sagesse : Sapienliam præstans parvulis. Ps. XVII, 8. C’est pour cela que l’Esprit-Saint nous dit : « Là où est l’humilité, là est la sagesse. » Ubi humilitas, ibi sapientia. Prov. XI, 2. Quiconque veut parvenir à la vraie sagesse. qui est le parfait amour, doit donc se détacher des honneurs, aimer les mépris et les humiliations. L’at-
tachement à l’honneur est un esclavage qui produit les pius grands maux. Ste Thérèse disait qu’elle en était épouvantée. « Je vois, a-t-elle écrit dans sa vie, je vois des personnes qui, par la sainteté et l’éclat de leurs œuvres, jettent les peuples dans l’admiration.
Grand Dieu ! Pourquoi de telles âmes n’arriventelles pas à la cîme de la perfection ? Quel est ce mystère ? Qui donc les retient et ;2s empêche de prendre leur essor ? Ah ! c’est qu’elles sont encore attachées à quelque malheureux point d’honneur ; et ce qui est pis, c’est qu’elles ne veulent pas en convenir, le démon leur persuadant qu’elles ne sont pas obligées d'y renoncer. Mais, pour l’amour de Notre-Seigneur, qu’elles ajoutent foi à mes paroles : qu’elles écoutent cette petite fourmi à qui le divin Maître lui-même commande de parler : si elles ne se corrigent de ce défaut, il sera comme une chenille, qui sans endommager l'arbre, lui enlève la beauté, le fait languir, et le rend nuisible à ceux qui l’avoisinent. Les fruits qu'il produit sont gâtés et sans valeur. Je l’ai ait bier ces fu:s, pour petit que soit cet attachement à l’konneur, c’est comme un faux ton dans un jeu d’orgues, qui en déconcerte toute l’harmonie. Il nuit toujours beaucoup dans les divers états de la vie chrétienne ; mais on peut le considérer comme une véritable peste pour les âmes qui marchent dans les voies de l’oraison.»
Si donc nous désirons posséder la sagesse, aimons à être oubliés et comptés pour rien. Méditons constamment cette parole de la Sagesse incarnée : « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes»: Discite a me quia mitis sum et humilis corde, et invenietis requiem animabus vestris. Matth. x1, 29. Répétons souvent cette petite prière : Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au vôtre.
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Deuxième moyen : La mortification des sens. I] ya, dit S. Jacques, une sagesse terrestre, animale, diabolique, absolument opposée à la sagesse qui vient d’en Haut. Elle consiste à goûter les maximes du monde et les plaisirs des sens, et à les prendre pour règle de conduite. Cette fausse sagesse n'est que folie aux yeux de Dieu: Sapientia hujus mundi stultitia est apud Deum. 1 Cor. 11, 19. Elle mène les âmes en foule dans la voie large qui aboutit à l’abtme. Tant qu'une âme n’a pas entièrement renoncé à cette sagesse charnelle, elle ne peut devenir le sanctuaire du don de sagesse: In malevolam animam non intrabit sapientia, nec habitabit in corpore subdito peccatis. Sap. 1, 4.
C Ceux qui sont charnels, dit S. Paul, aiment et goûtent les choses de la chair * Mais ceux qui sont spirituels aiment et goûtent les choses de l'esprit. Or, cet amour des choses de la chair est la mort de l'âme ; au lieu que l'amour des choses de l'esprit en est la vie et la paix. Car cette sagesse, par laquelle on goûte les choses de la chair, est ennemie de Dieu, parce qu'elle n’est point soumise à sa loi, et ne peut l'être, Lui élant entitrement opposée. Ceux donc qui sont attachés à la chair ne peuvent plaire à Dieu. Mais Pour vous, vous n'êtes Point soumis à l'empire de la chair, mais à celui de l'esprit, si toutefois l'Esprit de Dieu habite en vous.) Rom. vint, 12-13.
C’est donc par la mortification des sens et des passions que nous ferons les premie.. pas dans la voie de la vraie sagesse. ( Elle n’habite pas dans ceux qui flattent leur chair»: Non invenitur in terra suaviter viventium. Job. XXVI, 13. L’Esprit-Saint ne fait
goûter la manne cachée qu’à ceux qui remportent la victoire sur eux-mêmes: Vincenti dabo manna absconditum. Apoc. II, 17.
C’est une erreur de croire, disait Ste Thérèse à ses filles, que Dieu admette à sa familiarité des personnes délicates et trop tendres pour elles-mêmes. Dans cette voie de la mortification, disait le saint curé d’Ars, il n’y a que les premiers pas qui coûtent. On trouve bientôt un baume et une saveur dont on ne peut plus se passer, quand on en a. une fois, goûté la douceur. Ne pensez pas, dit S. Augustin, qu’on perde le bonheur en se renonçant. Bien au contraire, car on échange les plaisirs de la chair contre ceux de l’esprit, ceux des sens contre ceux de la conscience.
Au milieu des travaux de son apostolat, des veilles, des jeûnes, des austérités de toute sorte par lesquelles il châtiait son corps ei le réduisait en servitude, malgré les persécutions incessantes auxquelles il était en butte, l’Apôtre des Nations se sentait inondé de consolations célestes. ( Je surabonde de joie, disait:il, au milieu de toutes mes tribulations»: Superabundo gaudio in omni tribulatione nostra. 2 Cor. vit, 4. Et encore: ( Béni soit le Dieu et le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricorles, et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans tous nos maux, afin que nous puissions aussi consoler les autres dans toutes leurs peines, par la même consolation dont nous sommes nous-mêmes consolés de Dieu. Car à mesure que les souffrances de Jésus-Christ s’augmentent en nous, nos consolations aussi augmentent par Jesus- Christ.» 2 Cor. 1, 3-5.
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Ayons donc en horreur toute mollesse et tonte sensualité. Ne craignons pas de faire souffrir un peu notre corps, livrons-nous généreusement, dans la mesure de nos forces, à la sainte mortification. Disons à Dieu, avec l’auteur de l’Imitation : « O mon Dieu, douceur ineffable ! changez pour moi en amertume toutes les consolations de la chair qui me détournent de l’amour des biens éternels, et m'attirent à elles par la présence de quelque bien présent et sensible. Que la chair et le sang, Ô mon Dieu, que la chair et le sang ne triomphent pas de moi... Donnez-moi la force pour résister, la patience pour souffrir, la constance pour persévérer. Donnez-moi, au lieu de toutes les consolations du monde, l’onction si douce de votre Esprit, et au lieu de l'amour charnel, répandez en moi l’amour de votre nom.» L. II, C. 26.
Troisième moyen : Se détacher de tout et se donner à Dieu sans réserve. Dieu nous demande notre cœur, et il le demande tout entier. Ce n’est qu’à la condition que nous le lui donnions, qu’il se donne lui-même tout à vus, et nous fait goûter la suavité de sa vrésence. Il s’appelle dans nos Saints Livres un Dieu jaloux. Si nous lui refusons une partie de notre cœur, il nous fait sentir sa jalousie d’une manière effroyable. Si nous contristons le Saint-Esprit par des fautes, des infidélités volontaires et habituelles ; au lieu de nous admettre dans ses douces intimités, il nous rejette avec dégoût et ne nous laisse plus éprouver qu'ennui dans la prière. Alors, on s’en acquitte avec négligence et tiédeur, on finit par l’abandonner.
Mais pour se donner ainsi totalement à Dieu, on doit commencer par se détacher de toutes les créatures ; on doit surtout se détacher de soi-même. La
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mortification extérieure ne suffit pas, il faut la mortification intérieure, et particulièrement, la mortification du cœur ; de sorte que l’âme se trouve complètement libre, et qu'aucune créature ne soit plus capable de la retenir, ou de lui causer du retard. «Il y en a, dit l’auteur de l’Imitation, qui renoncent à eux-mêmes, mais avec quelque réserve ; d’autres donnent tout d'abord, puis la tentation survenant, ils reprennent ce qu'ils avaient donné. Ni les uns ni les autres re parviendront jamais à la liberté d’un cœur pur. Jamais, dit Jésus-Christ, ils n’entreront dans ma douce familiarité, qu'après un entier abandon et un continuel sacrifice d'eux-mêmes.» L. 111, c. 3. Pesons très attentivement les paroles de Ste Thérèse à ce sujet : « La faute en est à nous seuls, si nous ne nous élevons pas en peu de temps au véritable amour, source de tous les biens ; nous sommes si lents à faire à Dieu le don absolu de nous-mêmes, nous sorimes si loin de cette préparation intérieure qu'il exige ! Or, Dieu ne veut pas que nous jouissions
d'un: . siélevé, sans le payer d’un grand prix. La : sais, n’a pas de quoi l’acheter. Cependant - faisions de généreux efforts pour nous
détac. .e toutes les créatures, pour tenir habituellement au ciel nos désirs et nos pensées ; si, à l’exemple des saints, nous nous disposions pleinement et sans délai ; j'en suis convaincue, Dieu, en fort peu de temps, nous accorderait un tel trésor. Mais il nous semble lui avoir fait un entier abandon, lorsque, nous réservant la propriété et le capital, nous lui offrons les fruits ou les revenus. Nous nous sommes voués à la pauvreté, c’est un acte très méritoire ; mais sou-
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