IS SOU
vent, nous nous jetons de nouveau dans des soins et, des empressements Pour ne manquer ni du nécessaire, ni du superflu. Nous travaillons à nous faire des amis qui nous le donnent, et nous nous engageons ainsi dans des soucis et des dangers plus grands, peut-être, que ceux que nous trouvions dans la possession de nos biens. Nous croyons également avoir renoncé à l’honneur du siècle, en entrant dans la vie religieuse, ou en commençant à mener une vie spirituelle et à marcher dans le sentier de la perfection : mais a-t-on porté la plus légère atteinte à cet honneur, nous oublions aussitôt que nous l'avons donné à Dieu ; pour le reprendre et nous élever encore, nous ne craignons pas de le lui arracher des mains; nous qui, en apparence du moins, l’avions rendu maître de notre volonté. Ainsi en usons-nous dans toutes les autres choses. Plaisante manière de chercher l’amorr de Dieu ! On le veut, dans toute sa perfec-
tion e : rle champ, et l’on conserve cependant ses
affection. On ne fait aucun effort pour exécuter ses
bons désirs, ni pour achever de les soulever de terre,
et avec cela, on ose prétendre à beaucoup de conso-
lations spirituelles! Cela ne saurait être, et de telles
réserves sont incompatibles avec le véritable amour.
Aïnsi, c’est parce que nous ne faisons pas à Dieu le
don total et absolu de nous-mêmes, qu’il ne nous
donne pas, tout d’un coup, le trésor d’un parfait
amour.» !
Hâtons-nous donc de nous donner tout à Dieu, et
il se donnera tout à nous ; nous jouirons de lui, nous le goûterons, et nous nous reposerons en lui.
(1) Vie par elle-même, ch. xr.
Quatrième moyen : La prière et l’oraison. Toute sagesse vient de Dieu, dit l’Ecclésiastique : Omnis sapientia a Deo est. 1, 1. C’ st Dieu qui donne la sagesse, dit Salomon : Dominus dat sapientiam. Prov. 1, 6. C’est donc à Dieu qu’il faut la demander; car il ne donne qu’à celui qui demande, assure S. Augustin : Non dat nisi petenti. C’est pourquoi S. Jacques nous dit : « Si quelqu'un d’entre vous a besoin de la sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous abondamment »: Si quis vestrum indiget sapientia, postulet a Deo qui dat omnibus affluenter. Jac. 1, 5. La sagesse est un don tellement grand, que nous ne pourrions jamais l’acquérir par nous-même. C'est Dieu qui doit nous l’accorder. Imitons donc la conduite du sage qui prit la résolution de la demander à Dieu : « J’ai invoqué le Seigneur, et l'Esprit de sagesse est venu en moi»: Invocavi et venil in me spiritus sapientiæ. Sap. vit, 7. Quelle ne fut pas l’ardeur de sa prière ! « Je m'adressai au Seigneur, je Lui fis ma prière et je !mi dis du plus profond de mon cœur : Dieu de mes pe . Dieu de miséricorde, qui avez tout fait par votre pu. le, qui avez formé l’homme par votre sagesse, pour qu’il gouvernât le monde dans l'équité et la justice, et qu’il prononcât des jugements avec un cœur droit ; donnez-moi cette sagesse qui est assise auprès de vous dans votre trône, ne me rejetez pas du nombre de vos enfants ; parce que je suis votre serviteur et le fils de votre servante, un homme faible qui dois vivre peu... Envoyez-la donc du ciel, votre sanctuaire, et du trône de votre grandeur, afin qu lle soit avec moi, qu’elle travaille avec moi, et que je sache ce qui vous est agréable. Car elle a la science et l’intellige ce de toute chose, elle
SPRIT
Toute Dmnis ne la Prov.
T; Car Uguscques de la à tous jentia, 3, 5.
Us ne C'est à conander rit de Le spirdeur Lui fis cœur :
22 tout r votre uité et cœur rès de bre de
le fils “ e trône le traréable.
se, elle
me conduira dans toutes mes œuvres avec circonspection, et me }7\légera par sa puissance. Ainsi, mes œuvres vous seront agréables... Sap. 1x.
Soupirons avec ce don béni, redisant avec l’auteur de l'Imitation : « O Jésus, l'époux bien-aimé de mon âme ! © amour très pur et le souverain Seigneur de toutes les créatures ! Qui me donnera les aile d'un vrai dégagement pour voler jusqu'à vous, et pour me reposer en vous? Ah! quand me serat-il donné de m'occuper pleinement de vous, et de connaître combien vous êtes doux, Ô Seigneur mon Dieu ! »
€ Quand pourrai-je me recueillir si parfaitement en vous, que, transporté par la force de votre amour, et ne me sentant plus moi-même, je ne goûterai que vous seul, d’une manière ineffable, et qui n’est pas connue de tous ? »
Si nous voulons être e.-aucés plus promptement et plus sûrement, demandons à Dieu le don de sagesse, par l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie, à qui l’Église a décerné le beau titre de « Siége de la sagesse »: Sedes sapientiæ. Adonnons-nous surtout à l’oraison mentale. « Dieu n’accor æ des grâces si
élevées, dit Ste Thérèse, que dans l'oraise. : si nous lui ferm-ns cette porte, je ne vois pas comment il pourrait nous les accorder. En vain. “drait-il entrer dans une âme pour » prendre : res et l'en inonder, s’il ne trouve aucun che: mt ; Car, pour de telles faveurs, il la veut . pure,
enflammée du désir de les recevoir. Mais : au lieu de faire cette préparation, nous hérissons d'o<tacles les avenues de notre âme, sans nous mettre seine
de les enlever, comment viendra-t-il à nous, et comment voulons-nous qu'il nous fasse des faveurs d’un si grand prix ? »
« Si l’on s'adonne avec persévérance à l’oraison, dit-elle encore, j'attends tout de la miséricorde : » Dieu. Ce n’est pas en vain qu’on le choisit pour a: .»
Dans l’oraison, l'âme se familiarise doucement - .c Dieu. Elle se pénètre d’abord, par la réflexion, des vérités surnaturelles, des grands motifs qu’elle a d'aimer Dieu. Elle s'excite ainsi à l’aimer en retour et prend la résolution de bie:: le servir. C’est ce qui s'appelle chercher Dieu. Cette recherche ne 5e fait pas sans peine. Le travail du raisonnement exige des efforts. Il faut iutter contre les distractions, les sécheresses, les diverses tentations du démon. Heureuse l’âme qui ne se laisse pas décourager et qui, en dépit de toutes les difficultés, reste fidèle à l’oraison! Dieu ne tarde pas à lui faire sentir le secours de sa grâce. Bientôt, elle se sent portée à ne plus tant réfléchir ni raisonner ; mais plutôt à aimer. Les aff-rtions ne lui coûtent point de peine, elles sortent de sa volonté avec beaucoup de facilité et de suavité. C’est p:r le moyen de ces affections que l’âme s’appriche de Dieu : aussi, les saints les appellent « les pie“: de l’âme.» Embrasée du feu de l’amour di”in, celle-1 s'applique généreusement à faire plaisir à Dieu en toute chose : elle évite les moindres fautes, combat ses défauts, s’adonne à l’humilité et à la mortification. Dieu récompense sa fidélité en l’attirant de plus en plus à lui. L’âme éprouve alors une forte inclination à diminuer le nombre de ses affections, à les simplifier, et même, à se tenir simplement et amoureusement
ESPRIT
et comrs d’un
raison, rde : :
rar.) nt=vce on, des a d'aitour et ce qui se fait ige des séche- ‘ureuse n dépit ! Dieu grâce.
fléchir ons ne rolonté per le che de ea: de celle-"1 ieu en ombat cation.
lus en nation plifier, ement
devant Dieu, goûtant le bon. sur d. présence, s’estimant infiniment heureuse de le possé ler et d'être tout à lui. C'est ce qui s'appelle trouver Dieu et le tenir embrassé. Dans cette attention amoureuse à Dieu présent, l’âme aperçoit, comme dans un miroir limpide, ses fautes et ses défauts ; elle s'en humilie et travaille ... c une sainte ardeur à s'en corriger. En mème i 1: , elle détache son esprit et son cœur de toutes les choses créées, pour les porter uniquement sur Dieu. Tout ce qui n’est pas Dieu, elle le regarde comme vanité et mensonge : Dieu seul, Dieu seul, s'écrie-t-elle, voilà mon seul amour et mon seul bonheur. « Que puis-je désirer au ciel et que puis-je vouloir sur la terre, si ce n’est vous, Ô mon Dieu ? Vous êtes le Dieu de mon cœur et mon pa tage pour l'éternité.» Ps. Lxx1IT, 25.
Mon Dieu et mon tout. Vous seul me suffisez.
Or, ne vouloir plus que Dieu, ne plus goûter que Dieu et ne plus se réjouir qu’ 1 Dieu, n'est-ce pas l'effet tout particulier du don te sagesse ?
Oh ! Si nous étions fidèles à l'oraison, si nous faisions notre possible Pour nous en acquitter parfaitement, Comme nous avancerions vite dans l'amour de Dieu; et avec quelle splendeur le Saint-Esprit ferait briller dans notre âme son don de sagesse !
En terminant l’étude des dons du Saint-Esprit, méditons cette séquence d'Adam de S. Victor. Elle est d’une grande beauté :
Viens, ô Consolateur Suprême, es- | Feni, Summe Consolator, poir du salut, auteur de la vie, viens | Spes salutis, ritæ dator, avec ta grâce ! Douce ardeur, rosée | Adsit tua gratia ! divine ; en l'unique et divine subs- | Dulcis ardor, ros divine, tance, tu es le principe de la bonté. Bonitatis germine
10 Eadem substantia.
Procédant du Père et du Fils, jamais séparé d’eux, rattaché à l’un et à l’autre par un lien éternel, ardeur et rosée au sein de la Divinité, daignent le Père et le Fils te répandre sur nous, dans l’abondance de tes dons.
Ardeur et rosée, parfum aussi qui révèle un Dieu ; cette rosée répand l'Esprit; plus on la goûte, plus on en est altéré ; l’ardeur de ses feux ne faillit jamais.
Au commencement de toutes choses, il était porté sur les eaux ; c’est lui qui, maintenant, consacre l’eau de laquelle sort le peuple saint. Il est la fontaine d’où émane la piété, la fontaine qui purifie du péché, la fontaine jaillissant du sein de la Divinité, la fontaine qui rend sacrées toutes les fontaines.
Feu ardent, onde vive, purifie nos cœurs et rends-les féconds ; apportenous la grâce; visite-nous par la flamme de charité, daigne faire de nous une hostie de sainteté, à ta gloire.
Souffle sacré du Père et du Fils, remède de tout péché, sois notre soulagement dans la fatigue, notre consolation dans la tristesse. Amour ardent, amour chaste, guéris par ton onction puissante ceux que brûle une ardeur coupable.
#+#Voix qui s’énonce sans bruit, voix mystérieuse qu’entend l'oreille du cœur, voix qui descend à l’âme fidèle ; douce voix, voix tant aimée, retentis dans nos âmes ! Lumière qui dissipes l'erreur, lumière qui donnes la vérité, apporte à nous tous vie et santé, et mets-nous en possession de l’éternelle splendeur. Ainsi soit-il.
Ab utroque derivatus,
Et a neutro separatus
Ad utrumque colligatus Sempiterno fœdere ;
Ros et vapor utriusque Donet Pater Filiusque Quod effluas ad nos usque Largifluo munere.
Rorem audis et vaporem, Crede simul et odorem Quo Deus discernitur.
Rorem istum quem emittit Qui plus gustat, magis sitit, Nec ardor reprimitur.
Plebs ut renascatur,
Per hunc unda consecratur, C'ui super ferebatur
In rerum exordium ; Fons, origo pietatis,
Fons emundans a peccatis, Fons de fonte deitatis, Fons sacrator fontium !
Ignis vive, vivax unda, Munda sinus et fecunda, Subministra gratiam ; Caritatis tactos igne, Nosmet tibi fac benigne Sanctitatis gloriam.
Fessis esto sublevamen,
M œstis consolatio.
Castus amor et honestus, Æstus ardens, sed modestus, Quos urit ardor incestus Tua sanet unctio.
Vox non sono designata, Voz subtilis, vox privata, Vox beatis inspirata,
0 vox dulcis, o vox grata!
Sona nostris mentibus.
Lux depellens falsitatem, Luz inducens veritatem, Vitam atque sanitatem
Et œternam claritatem Nobis confer omnibus.
Amen.
ESPRIT
18, us atus ; que
que
8 usque
emittit gis sitit, ur.
ecratur,
Jeccatis, 18, um !
da, ecunda, mn ; J ,
igne Len,
2stus, odestus,
: grata!
us.
item, tem, em
em