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augmenter ses dons ; et quoique dans la créature, la puissance naturelle de recevoir soit limitée, en sorte qu’elle peut être entièrement remplie, néanmoins, sa puissance d'obéir à la volonté divine est illimitée, et Dieu peut sans cesse augmenter sa capacité de recevoir, et ainsi, y verser toujours de nouvelles effusions de grâces.
L'âme de Marie était donc semblable, dit Mgr Gay, à une mer, qui reculerait toujours plus loi: ses rivages, à mesure que de nouveaux fleuves y viendraient déverser la multitude de leurs eaux ; ou bien, à une atmosphère immense, qui se dilaterait sans cesse, sous l’action d’un soleil infini, lequel, la trouvant toujours plus vaste et plus pure, y verserait continuellement des torrents de chaleur et de clarté toujours plus intenses et plus brillants.
C’est cette progression admirable de grâce, opérée en Marie par l’Esprit sanctificateur, que décrit l’écrivain sacré quand il dit : « Quelle est celle-ci qui s'élève du désert, appuyée sur son bien-aimé, et surabondant de délices ? » Quæ est ista quæ ascendit de deserto deliciis affluens, innixa super dilectum suum? Cant. vin, 5. Remercions le Saint-Esprit d’avoir tant aimé et tant honoré la Très Sainte Vierge, notre Mère bien-aimée. Féli “itons-la d’avoir été l’objet de la prédilection divine, et disons-lui du fond du cœur :
O grande ! O glorieuse ! O sublime Marie ! Épouse chérie du Saint-Esprit, je vous salue, avec toute la cour céleste. Je remercie l’Esprit sanctificateur d’avoir fait de votre cœur son sanctuaire, de l’avoir enrichi de tant de pureté et d’amour. O belle Aurore toujours ornée de la divine lumière ! Arche de salut
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préservée du commun naufrage du péché ! Colombe parfaite, tendrement aimée du Saint-Esprit, permettez-moi, tout pécheur que je suis, de vous louer comme vous a louée Dieu lui-même : Tota Pulchra es, amica mea, et macula non est in te. Cant. 1v, 7. « Vous êtes toute belle, 6 Marie, et il n'y a aucune tache en vous.» O Vierge Immaculée, très-douce et très aimable Marie, vous qui êtes si belle aux yeux du Seigneur, ne dédaignez pas de jeter un regard compatissant sur les plaies hideuses de mon âme : regardez-moi, ayez compassion de moi et guérissezmoi. Vous qui, dès le premier instant de votre vie, avez paru si belle et si pure devant Dieu, voyez l'état misérable d’un pécheur qui, non seulement est né dans le péché, mais qui, depuis son baptême, a souillé vicore si souvent son âme. Épouse du Saint-Esprit, vous êtes près de la source des grâces; il vous est facile de me les obtenir et de me sauver. O vous, qui êtes si puissante auprès de Dieu, priez pour moi, comme vous avez prié au Cénacle : demandez au
Saint-Esprit de descendre en moi. Oh ! qu'il vienne,
qu’il me transforme, de pécheur en saint, et me rende
ainsi votre digne enfant. O Marie, 6 ma mère, ne me
refusez pas cette grâce, je la demande et je l’implore.
J'espère l’obtenir, avec la plus ferme confiance. Quel
bonheur pour moi si je suis exaucé, et quel honneur
Pour vous ! Eternellement, je vous en remercierai
dans le ciel, avec tant de vos serviteurs que vous
avez sauvés. Avec eux, je vous louerai, je vous bénirai, j’exalterai vos bontés et chanterai vos miséricordes pendant toute la durée des siècles : Misericordias Mariæ in œternum cantabo.
Marie a secondé très parfaitement l'action du Saint-Esprit en elle
Le Saint-Esprit, ayant pris si entièrement possession de la Vierge Immaculée, a dû verser en elle l’océan tout entier de ses perfections. Hormis la grâce de l’union hypostatique réservée à Notre-Seigneur, et dont elle n’a reçu que des rejaillissements, l’Esprit-Saint lui a tout donné. ! La grâce dont il l’a remplie, les théologiens n’ont pas trouvé d’expression meilleure pour la désigner que celle de « grâce capitale » « grâce de plénitude » qui déborde sur toutes les âmes justes. O Marie, chante la Sainte Église, beaucoup de filles de Sion ont amassé de: richesses, mais vous les avez toutes surpassées : Multæ filiæ congregaverunt divitias, tu supergressa es universas. Prov. xxx, 29. C’est pour cela que l’Esr::-Saint l’appelle « sa colombe » « son unique » : u:.1 est columba mea, unica mea. Cant. vi, 8.
Parmi ces richesses, qui relèvent la beauté de Marie, brille d’un éclat incomparable la divine parure des dons du Saint-Esprit. Qui pourrait nous dire avec quel soin, avec quel plaisir, l'Esprit d,vin en a orné l’âme de son Epouse par excellence ? Comment se faire une idée de la splendeur que ces joyaux célestes ont ajoutée à cette âme toute pure, et de la sainteté à laquelle ils l’ont élevée ?
(1) Mgr Gay.
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Les dons du Saint-Esprit ont produit dans l’âme de Marie la tot ilité de leurs effets, ils s’y sont développés et accr..s autant qu'ils pouvaient le faire, ils y ont déployé toute leur énergie, et l'ont ainsi transportée sur les plus hauts sommets de la perfection.
Deux choses ont concouru à cette ascension progressive de l’âme de la Très Sainte Vierge : sa parfaite fidélité au Saint-Esprit et sa très ardente charité;
car les dons opèrent et se développent en proportion de cette fidélité et de cet amour.