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Bien loin de déplaire au Saint-Esprit, rendonsnous de plus en plus agréables à ses yeux. Correspondons promptement et joyeusement à ses inspirations. Accomplissons tous ses désirs. Prenons la sainte habitude de recourir à ses lumières et à son assistance, particulièrement dans les difficultés que nous rencontrons. Rendons lui chaque jour nos hommages: un moyen facile et très pratique de le faire, c’est de réciter pieusement le « Gloria Patri » et de bien faire le signe de la croix, en disant attententivement la prière qui l’accompagne.
Nous rapporterons ainsi toutes nos œuvres au Saint-Esprit, en même temps qu’au Père et au Fils, et nous ferons sans cesse monter vers lui nos louanges et nos actions de grâces.
qu'il fait, lui, l'Esprit de vérité, pour éclairer nos Ames et les préserver de l'erreur. L'envie des biens spirituels d'autrui est opposée à son amour bienfaisant, qui s'étend à tousles hommes, communiquant à chacun ses bienfaits, dansla mesure qui lui platt. L'obstination dans le péché est un mépris de son inépuisable charité, qui ne cesse de poursuivre le pécheur, afin de le convertir et de le sauver. La volonté de mourir dans l’impénitence est un outrage sanglant à son infinie bonté, qui voudrait non seulement nous sauver, mais faire de nous des saints.
Mais est-ce à dire que ces péchés ne seront remis ni en ce monde, ni en l’autre ? Cela est strictement vrai pour l’impénitence finale, qui fait qu’on meurt volontairement dans le péché mortel. Ce péché n'est remis, ni ence monde parla pénitence, puisqu'on la repousse; nien l’autre, puisque là, il n’y a plus de rédemption. Quant aux autres péchés contre le Saint-Esprit, Jésus-Christ veut nous laisser entendre, non pas qu’il est impossible absolument d'en obtenir le pardon, mais très difficile, pour cette raison que, pour nous pardonner, Dieu exige toujours un vraiet sincère repentir, et qu’il est rare qu’on soit vraiment et sincèrement repentant de ces sortes de péchés.
24 L’'AME SANCTIrIÉE PAR LES DON£ DU SAINT-ESPRIT
Notre troisième devoir envers le Saint-Esprit, c’est de l’attirer dans notre cœur. Il ÿY a pour cela trois moyens à employer.
1° Exciter en nous un ardent désir de le recevoir, Lui-même nous recommande cette disposition. « Ouvrez bien large la bouche de votre cœur et je la remplirai.» Dilata os tuum et implebo illud. Ps. LXXX, 11. Selon la belle expression de saint Grégoire, il a soif que nous ayons soif de lui. Sitit sitiri Deus.
Ce désir doit être grand, proportionné à la grandeur du bien que nous attendons. Eh ! comment nous faire une idée de ce bien ? N'est-il pas ce trésor infini qui rend participants de l’amitié divine tous ceux qui le possèdent ? Thesaurus infinitue datus est hominibus, quo qui usi sunt Participes facti sunt amicitiæ Dei. Sap. vit, 14.
Le Saint-Esprit, tout bon et tout puissant qu'il est, ne peut pas nous faire une plus grande faveur que de se donner lui-même à nous et de devenir l’hôte divin de notre cœur. Et quand il se donne ainsi à nous, que nous apporte-t-il avec lui? Les grandes et précieuses richesses qui sont l’objet des intentions éternelles de Dieu sur les hommes, et des promesses qu'il leur a faites, dès le commencement : marima el pretiosa nobis promissa donarit, richesses tellement grandes, qu'elles nous rendent participants de la nature divine : wf per haec eficiamini divinæ con- Consortes naturæ, 2 Petr. 1, 4, et qu’elles sont un gage assuré de l’éternelle béatitude. En même temps, il répand la charité dans nos cœurs, qui fait que nous aimons Dieu pour lui-même et notre prochain pour l’amour de Dieu. Charitas diffuse est in
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cordibus nostris per Spiritum Sanctum qui datus est nobis. Rom. v, 5.
Comment donc ne pas désirer grandement de si grands biens ! Comment ne pas soupirer ardemment après la venue du Saint-Esprit! Comment ne pas l'appeler de tous les vœux de notre cœur! O Esprit- Saint, devrions-nous lui dire : Mon âme soupire après vous, jour’ uit, pareille au cerf altéré qui languit après l’eau des fontaines. Venez-donc, Ô vous qui êtes le Père des pauvres et le Donateur des biens célestes. Veni pater pauyrerum, veni dator munerum. Je ne nuis rien sans vous. Plongée dans la dernière indigence, mon âme vous appelle, écoutez sa voix suppliante, venez et ne tardez pas.
2° Nous éloigner du monde. L'esprit du monde est directement opposé à l'Esprit de Dieu. La lumière s'accommoderait plus facilement avec les ténèbres, que le Sain -Esprit avec le monde. Aussi, quand le Sauveur prie son Père d'envoyer son Esprit à ses disciples, pour les sanctifier dans la vérité, il lui représente qu’ils ne sont point du monde, pas plus qu’il n’en est lui-même : De mundo non sunt sicut el ego non sum de mundo. Joa. xvir, 16. Il ne prie pas pour le monde, dit-il, parce que le monde est incapable de recevoir l’Esprit de vérité, pour la raison qu'il ne le voit pas, ou plutôt, qu’il ne veut pas le voir; car, dans son aveuglement grossier, il ne veut croire que ce qu’il touche de ses mains et que ce qu’il voit de ses yeux corporels: Spiritum veritatis quem mundus non potest accipere quia non videt eum. Joa. x1v, 17. Voilà pourquoi, lorsque Jésus-Christ
voulut que ses apôtres se préparassent à recevoir le Saint-Esprit, il leur ordonna de s'éloigner du monde et de s’enfermer dans le Cénacle, qui était tout plein d’augustes souvenirs: Sedete in civitate quoadusque induamini virtute ex alto. Luc xx1v, 49. « Les gens du monde, disait le saint curé d’Ars n’ont pas l’Esprit- Saint, ou s'ils l’ont, ils ne l’ont qu’en passant ; il ne s’arrête pas chez eux ; le bruit du monde le fait partir. Un chrétien, qui est conduit par l’Esprit- Saint, n’a pas de peine à laisser les biens de ce monde pour courir après les biens du ciel. Il sait faire la différence. L’œil du monde ne voit pas plus loin que la vie, comme le mien ne voit pas plus loin que ce mur, quand la porte de l’église est fermée. L'œil du chrétien voit jusqu’au fond de l'éternité. Pour l’homme qui se laisse conduire par l’Esprit- Saint,. ble qu’il n’y a point de monde; pour le monde, il semble qu’il n’y a point de Dieu. »
C'est dans la solitude, le recueillement et le silence de l’âme que l’Esprit-Saint frappe ses grand; “oups, c’est là qu’il convertit les pécheurs, c’est ià qu’il fait les saints.
3° Recourir à la prière. Sans la prière impossible de rien obtenir. « Dieu veut nous donner ses grâces, dit saint Augustin, mais il ne les donne qu’à celui qui les demande:» Deus dare vult, sed non dat nisi petenti. Demandez et vous recevrez : telle est la règle établie par Jésus-Christ. Le Saint- Esprit ne veut pas s’en départir. Les apôtres, instruits par le divin Maître, la connaissaient et c’est pourquoi, ils persévéraient tous ensemble dans la prière, attendant que le Saint-Esprit, attendri par