‹ L'âme solitaireChapitre 53 sur 140 · CÉRÈS · texte numérisé non relu

CÉRÈS

C’EST aux feux créateurs de messidor qui flambe,

Au midi bleu, pesant sur les fronts accablés,

Que je t’aime, ô Cérès, Déesse des hauts blés.

Des blés beaux et profonds où s’enfonce la jambe !

Tu m’as nourri longtemps du froment de ton pain ; Tes champs blonds m’ont chanté, sur ton ordre, la gloire Des prosternations à tes deux pieds d’ivoire,

Quand les frôle la hrise embaumée aux grands pins.

C est assez. Mon Iront penche et mes chairs sont ridées ; Mes sens matériels, Cérès, sont satisfaits.

O Déesse, par qui les épis lourds sont faits,

Mûris pour mon cerveau le blé d’or des idées !

Sur la gerbe, à genoux, frappé du plein soleil,

La lèvre habituée aux prières ardentes,

Je viens triste, troublant les cigales stridentes, Mendier un froment nouveau de blé vermeil 1

La Chanson des Mois

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