FAUCHEUR CÉLESTE
Dans la grande forêt mystérieuse, où seules Rampaient sournoisement les ombres lourdes, j’ai Endormi mon regard pour l’avoir trop plongé En des trous de ténèbre ouvrant leurs noires gueules.
J’ai rêvé, sous la nuit, aux gigantesques meules Vers lesquelles, Faucheur, ton beau front aspergé Des sueurs du travail, se lève, dieu vengé Des mépris coutumiers des cœurs et des bras veules.
Puissant comme la nuit qui règne sur les bois Et prépare à l’arbuste une nouvelle sève,
Faucheur, voici le miel nouveau qu’a fait mon rêve
Je t’ai vu, dans un jour loin comme un autrefois, Suspendu dans l'azur des espaces sublimes,
Des forêts qui montaient à toi faucher les cimes !
Veilles du Jour et de la Nuit