‹ L'âme solitaireChapitre 55 sur 140 · L’ÉTÉ DES ARBRES · texte numérisé non relu

L’ÉTÉ DES ARBRES

C'EST la fin de l’été. Ployant sons les fruits mûrs.

Les arbres qu’a gardés l’enceinte des vieux murs Epuisent la suprême sève.

Après leurs fruits juteux, leurs feuilles tomberont, Puis, las et satisfaits, tous ils s’engourdiront Dans l’immobilité du rêve.

Ils auront bien rempli leur tâche, ayant fleuri La fleur, veillé le fruit jeune, l’ayant nourri Du sang qui bout sous leur écorce.

Ayant pour affermir les fibres de sa chair Donné ce qui circule en leur liane de plus cher : Toute leur fraîcheur et leur force.

Puis, ayant confié leur enfant au soleil Pour que ses chauds rayons fassent son teint vermeil, Plaisant aux yeux comme à la bouche,

Ils se laisseront tous par l'homme dépouiller, tranquilles, et sentant dans leur cime fouiller Une main avare et farouche...

La Chanson des Mois

Chers arbres, qui toujours faites votre devoir, Lorsque vous serez vieux et près de votre soir. Rongés des insectes sauvages,

Avant qu’en vos troncs gris la hache ait pu crier, Je crois que le bon Dieu ferait bien de créer Un paradis pour les bons arbres sages !

Veilles du Jour et de la Nuit

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