JOUR D'AUTOMNE
A Olivar Asselin.
CE jour a l'air d'un long crépuscule oublié.
L'heure lasse, comme un oiseau blessé, s’éploie. Dans les arbres le vent nasse en un bruit de soie.
Feuille à fouille s’abat Torgueil du peuplier.
Montant, oblique et noire, à ce grand ciel brouillé, Une lente fumée au lointain morne y noie L'intermittent rayon que l’heure triste envoie, Pâle, terne et transi, d'éther moite mouillé.
Tout paraît assoupi. Le fracat de la roue S’éteint vite, à moitié retenu par la boue.
Le silence s’épand comme un premier sommeil.
La pensée avec peine, en geignant, se soulève, Et regarde où pourrait bien renaître un soleil