‹ L'âme solitaire, poésiesChapitre 37 sur 137 · A LA LUNE · texte numérisé non relu

A LA LUNE

Pour Louvitjny de Montigny.

Quand la Ume au ciul noir res])lcndit claire et ronde. Le vers en mon cerveau comme Jine eau vive abonde. Il coule naturel comme une source au bois, Avec des sons fluets de flùlc cl de hautbois Et, souvent, des accords dnux et mélancoli(|ues D'harmonium phuuli(<-i il<- vieillies musiques.

La lune verse au cieur sa hlaïuiie intimité

De rêve vaporeux où jusm- une beauté,

El dans les chemin-^ <T(mix où la fraJcIieur s'exhale

Ajoute aux flaques d" • lu ] lelqucs mares d'opale ;

De sorte qu'on peul \>yr ><• nover, é|K!rdu

Un insecte él)loui di.i' ilr l'jislre é[)aiidu.

La Chanson des Heures G 3

Mais elle qui parait pour toujours endormie.

Apaisée à jamais dans la grande accalmie.

Est si puissante encor qu elle émeut l'Océan

Et fait frissonner l'homme entier dnns son néant.

Elle rend plus hardis les jeunes jrens timides

Et plus près de l'amour la vierge aux yeux candides.

Tu n'es pas morte, non '. chère clarté des soirs Qtii trembles sur les lacs comme sur des miroirs '. Et le cerf altéré qui boit à l'onde claire En même temps que l'eau boit aussi ta lumière; Tu circules en lui comme un sang plus divin. Car on n'absorbe pas de la splendeur en vain !

Page 1