PROVINCE DES MISSIONS
une barque, ou des plaines où l'homme ne peut mettre les pieds, parce que l'eau les recouvre pendant huit mois de l'année ; le bétail y souffre d'un mal inconnu, le cheval y perd ses forces et meurt, enlevant à l'homme, impuissant sans cet auxiUaire, l'espoir toujours reculé de conquérir ce pays. » (E. Daireaux, la Vie et les Mœurs à la Plata, Hachette, I, 12.)
« On peut dire que les terrains y sont encore en formation. D'un niveau très bas, à l'exception de quelques points isolés, ils sont exposés à chaque crue du tleuve à des inondations redoutables. Absolument plats et sans pente d'écoulement, ils se sèchent avec une lenteur extrême et conservent pendant des temps infinis les eaux pluviales et celles des inondations. L'évaporation est presque la seule force qui contribue à leur dessèchement... Les terrains du Ghaco ne se drainent pas; ils restent marécageux; les rivières y croupissent, et, grâce à la nature du sol, s y chargent de sels en telle abondance que leurs eaux ne sont plus potables. Cet état a contribué de tout temps à les rendre intransitables, et toutes les expéditions tentées jusqu'à ce jour pour le traverser ont échoué misérablement, soit parce qu'à un moment on manquait d'eau douce, soit parce que tout à coup la rivière se perdait dans des marais boueux où le passage d'une embarcation devenait impossible. » (E. de Bourgade la Dardye, Paraguay, Pion, p. 81.)