LOUISIANE
En Louisiane. — « Un chemin assez large partait de la route qui conduit à la station de Vermillon- Ville, et s'enfonçait brusquement dans un bois épais de frênes et de tulipiers. Vers le milieu, ainsi qu'un immense tapis d'argent, ayant la forme d'un cirque, apparaissait tout à coup un lac paisible, les Eaux-Claires, qui semblait évoqué d'un paysage fantastique. La rive orientale, bordée par une immense cyprière, qui jetait un reflet d'ombres vertes, produisait un contraste étrange avec la rive opposée, éclatante de lumière et de fraîcheur. C'était un fouillis de lianes gigantesques, emmêlées aux troncs et aux branches des magnoliers k grandes fleurs et des virgiliers géants qui descendaient à pic comme pour se baigner langoureusement; et, semées à profusion ainsi que des pierreries lancées par une main divine, d'éblouissantes fleurs aquatiques, les nymphœas rouges, les nelumbos jaunes, les pondeterias bleues, où se jouaient des myriades d'oiseaux de toutes les formes et de toutes les couleurs. Debout, en longues files, des flamants roses dressaient coquettement leur aigrette à côté des hérons gris qui guettaient avidement les poissons au ventre nacré. Dans l'air criaient des perro-
à Palm-Beach, sur l'océan Atlantique. Mais l'exploration de l'intérieur offre toujours les mêmes dangers et les mêmes difûcultés qu'au moment où le comte de Castelnau s'y rendit; le lac Okitchobie n'a été exploré qu'en 1880. Les Français qui l'ont visité après Castelnau sontpeu nombreux : en 1851-52, Aie. Poussielgue, diplomate, y passa quatre mois; le récit partiel de son séjour a paru dans le Tour du monde, 1869 (!••• semestre); le marquis V. de Compiègne visita rapidement le bassin supérieur du Saint-John en 1870; son récit est un des plus amusants récits de voyage que nous connaissions ; il parut dans le Correspondant de 1877, et la même année dans un livre intitulé Voyages, Chasses et Guerres. Nous avons encore le récit d'Edmond Johanet, Un Français en Floride, publié en 1889.