‹ L'Ameérique; anthologie géographique;Chapitre 33 sur 142 · MISSISSIPI · texte numérisé non relu

MISSISSIPI

quels, voletant au-dessus des hordes de daims venus des profondeurs pour se rafraîchir à ces ondes limpides.

Le chemin contournait les Eaux-Claires en une courbure arrondie et molle, et soudainement s'arrêtait devant une rivière, sortie du lac, et qui filait en jasant sur un Ht de cailloux, entre deux rives plantées de yuccas, de platanes et de palmiers. On franchissait cette rivière à gué. A mesure qu'elle suivait son cours rapide, les tulipiers diminuaient de taille, et l'on arrivait insensiblement à la lisière du bois. Alors, à perte de vue, s'étendaient d'immenses champs de cotonniers coupés par des carrés de maïs. Les cotonniers éparpillaient sur le sol un duvet semblable à de la neige; dans ce duvet, pareils à de noirs démons marchant sur du marbre, erraient des nègres et des négresses à demi nus. Un soleil de plomb cuisait l'immense plaine ; et il montait de la terre une sorte de vapeur diaphane qui donnait à ce paysage éclatant, à ces rouges criards, à ces blancs immaculés, une teinte féerique. La rivière s'élargissait tout à coup, et un canal d'arrosage, replié dix fois sur lui-même, s'enroulait comme un ruban d'argent autour des arbres et des plantations ; un îlot couvert de chamœrops et de dattiers poussiéreux surgissait en face du chemin changé brusquement en une vaste avenue qui aboutissait au château... » (A. Delpit, Thérésine, Ollendorff, 1888, p. 50-32.)

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