‹ L'Ameérique; anthologie géographique;Chapitre 79 sur 142 · VENEZUELA · texte numérisé non relu

VENEZUELA

ger ne nommèrent pas d'autre gouverneur. L'audience royale de Saint-Domingue y envoya le capitaine Jean de Carvajal, qui activa la ruine de la colonie ^ On continua cependant la lutte contre les caciques, qui durent se soumettre après soixante ans de guerre; en 1569, Diego de Losada fonda Santiago-de-Leou, qui s'appela ensuite Caracas (nom de la tribu indienne du territoire). Les Caraïbes de rOrénoque, race fière, d'un brun foncé, de haute taille, restèrent indépendants : on ne put envoyer de mission chez eux qu'à partir de 1761.

Conquête de l'intérieur. — Sur la côte de la Nouvelle-Andalousie, Bastidas fonda Santa-Marta (1525), qui devint surtout un marché d'esclaves ; un autre chef, Pedro de Heredia, trouva plus à l'ouest un emplacement meilleur pour l'établissement d'une ville maritime : sur l'emplacement de la ville indienne de Calamar ou Calamari, il créa, le 21 janvier 1533, la ville de Carthagène, qui devint, grâce à son excellent port, la métropole marchande des Espagnols. Heredia pénétra le premier dans l'intérieur et découvrit la vallée du Cauca. Quelques années plus tard, en 1541, Georges Robledo la parcourut et s'empara de la vaste région de Antioquia. Plus à l'est, dans la région de la Magdalena que les Espagnols appelaient la Grande Rivière, existait un grand empire, le Cundinamarca; Gonzalo Ximenez de Quesada fut chargé en 1536, par l'adelantado Fernandez de Lugo, d'en entreprendre la conquête. Quesada entra en rapport avec le grand cacique du pays, Bogota 2; après l'avoir fait périr, il fonda Santa- Fé (1538), sur l'emplacement de la capitale du Cundinamarca, qui s'appelait Mequeta. Quesada donna au pays conquis le nom de sa patrie, et l'appela Nouvelle-Grenade. Pendant qu'il campait au milieu de sa nouvelle conquête, Quesada ne fut pas peu surpris quand on lui annonça l'arrivée d'une armée de chrétiens qui venait du sud : c'était la troupe de Sébastien de Venalcazar, un compagnon de Pizarre, qui venait de soumettre le Cuença, le Quito, le Pasto, Popayan, toute la région des plateaux qui relient la Nouvelle-Grenade au Pérou.

Nouvelle-Grenade et Venezuela sous la domination espagnole. — La Nouvelle-Grenade fut d'abord rattachée à la vice-royauté du Pérou; elle devint une présidence en 1564; le premier président fut d'Andres Venero de Leyva, qui fut très aimé; en 1718 elle devint une vice-royauté comprenant 20 provinces, avec deux audiences royales à Santa-Fé et à Quito. Le Venezuela, rattaché à la Nou-

1. CharleYoix, Histoire de Saint-Domingue, II, 287-293. Charles-Quint annula le marché avec les Velzers en 1350.

2. « Bogota, dit le conquérant dans son rapport adressé au roi d'Espagne, est le plus puissant roi du pays; beaucoup d'autres caciques lui sont soumis. Il passe pour très riche; les habitants du pays disent qu'il a une maison tout entière en or, et un grand nombre de magnifiques émeraudes. Ses vassaux ont le plus grand respect pour lui, car dans ce nouveau royaume de Grenade les Indiens sont très soumis à leur cacique... » (Récit de la conquête traduit de l'espagnol par H. Ternaux-Gomi'axs, Nouvelles Annales des voyaijes, 3« série, XIX, p. 5.)

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