L. Didier. — L'Amérique
La pensée que nous allions avoir une lampe fumeuse pour fourneau de cuisine, et que la même pièce allait devenir à la fois office, salle à manj^er, tabagie, chambre à coucher et latrines publiques suffisait pour me donner des haut-Ie-cœur. Je me sentis malheureux. Aussi ce fut avec un dégoût mal dissimulé que je m'affalai sous la cloche de neige. Le chef s'empara du coin d'un divan, on me donna l'autre : ce sont les places d'honneur. Les autres (quatre personnes) se casèrent à l'avenant. Puis on tira sur nous le pan de glace que l'on avait détaché de l'ouverture, on coula de l'eau tout autour sans y laisser la moindre fente, et nous demeurâmes claquemurés, sans autre communication avec l'air extérieur que les pores de la neige croûtifiée qui composait nos murs.
Je me rappelai involontairement le rat de La Fontaine dans son fromage.
Le premier mouvement que je surpris chez les Esquimaux quand la porte fut close, ce fut de me considérer curieusement. Ce mouvement fut général et spontané chez eux... Cherchaient-ils sur mon visage un signe d'admiration, comme un dédommagement de leurs labeurs? C'est probable.
J'admirais certainement, j'admirais, mais j'avais trop grand froid pour me répandre en cris d'enthousiasme. Je grelottais et demandai qu'on allumât un peu de feu devant l'entrée de Yiglou.
(( Non pas, non pas, me dit le chef. Un peu de patience, bientôt tu auras plus chaud que tu ne le voudras. Imite-nous plutôt. »
Et, me donnant l'exemple, il se mit en costume d'Adam avant son péché ! Tous les autres l'imitèrent, à l'exception d'un Peau- Rouge qui m'accompagnait et de moi-même. Un Peau-Rouge ne se découvrirait pas devant un tiers pour tout l'or du monde. Naturellement j'imitai sa retenue, gardant le pantalon et la chemise; mais je dus bientôt me débarrasser de ma chaussure, tant mon sang bouillonnait, et demeurer nu-pieds dans cette neige.
Un Esquimau enfonça alors de petites baguettes au-dessus de la lampe de pierre, dans laquelle il avait disposé six ou huit mèches de mousse, qu'il imbiba d'huile de phoque. Sur ces baguettes il disposa à califourchon des morceaux de lard de baleine, pour qu'en fondant ils entretinssent la lampe sans le concours de personne.
Grâce aux flammes de la lampe et aux effluves chauds; qui sortaient du corps de mes compagnons, en moins de dix
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minutes mon sang avait repris son cours, et s'était tellement accéléré que je demandai à grands cris du froid, de l'air et de l'espace. Il me semblait que j'étais muré dans un réduit caverneux, j'étouffais.
Les Esquimaux se rirent de mes angoisses pour respirer; je leur faisais l'effet d'un poisson qui se pâme hors de l'eau.
En rien de temps la chaleur s'éleva au moins à 30° dans cette cabane de neige transformée en étuve et en sentine, et les murailles se prirent à suer comme les vitres d'un appartement trop fortement chauffé. Elles se transformèrent en glace opaque à travers laquelle nous pûmes apercevoir la clarté blanche de la lune, comme à travers des vitres dépolies on voit la lumière des bougies.
La neige durcie est assez poreuse pour permettre aux chaudes émanations de l'intérieur de se transmettre au dehors en une buée intense. Et ce qui le prouve, c'est que les chiens esquimaux trouvent encore le moyen de se chauffer en se couchant au sommet de ces fragiles constructions de neige.
Il suffit que le nombre des occupants soit proportionné aux dimensions de Tédifice pour qu'on y jouisse de tout le bien-être désirable à cette latitude. L'évaporation de la glace du plancher et de la neige des parois est suffisante pour permettre à l'air de s'y renouveler, et aux poumons d'y fonctionner librement, dès qu'ils s'y sont accoutumés...
On résolut de se coucher. Je ne pus fermer l'œil, ou plutôt je dormis si mal, si fiévreusement, qu'il me sembla avoir eu le cauchemar toute la nuit. J'étais gêné par mes vêtements, suffoqué par l'extrême chaleur, comprimé entre mes compagnons comme un hareng dans une caque pleine, opprimé par des miasmes délétères et par le manque d'air respirable. Oh! que je soudris durant cette nuit!
Il ne me restait qu'un moyen pour ne pas m'asphyxier, c'était de perforer la muraille de sucre candi qui nous renfermait, au grand risque de procurer un rhume de cerveau à mes cinq compagnons. A l'aide de mon couteau de poche, j'y pratiquai un petit trou, auquel j'appliquai mes lèvres, humant par ce petit orifice l'air frais et délicieux du dehors. Grâce à ce secours, je pus m'endormir paisiblement sur le matin.
Combien je fus satisfait, quand le jour parut à travers le dôme de cristal qui nous abritait, de voir les rayons d'un soleil radieux en compénétrer les murailles, et se jouer délicieusement à travers cette neige transformée en glace opaline par l'effet du suintement des parois !
Tels que des poussins sortant de l'œuf, nous évenlrâmes notre maison et nous nous trouvâmes en plein air, humant le froid du matin à pleins poumons.
J'abandonnai avec satisfaction l'infâme senline, hier soir neige immaculée, maintenant latrines puantes et nauséabondes, repaire putride comme un cloaque communal.
Les miasmes s'attachent si fort à cette neige poreuse, ils la compénètrent tellement qu'un iglor'ujoark ne perd jamais l'odeur infecte qu'y ont laissée ses habitants d'une seule nuit... Les miasmes huileux sont indélébiles. C'est une peste qui s'attache aux murailles de neige, s'y incruste avec le dégel et résiste au froid le plus intense. 11 faut les feux du soleil et la destruction complète du fragile édifice pour purifier cetie souillure. » (E. Petitot, les Grands Esquimaux, Pion, p. 15-28.)
Quelle est rorigine des Eskimos? A quelle race faut-il les rattacher? De Quatrefages a prétendu que ceux du Grœuland sout venus de la Scandinavie. Mais la plupart des voyageurs ont remarqué leur ressemblance avec la race mongolique. C'est l'avis de Ribbach, qui a longuement observé les Eî^kimos du Labrador, et a publié un important ouvrage à Amsterdam eu 1876'. A cause de ses émigrations de nomade, on a surnommé l'Eskimo VAj^af'r hyperboréen. Ils se désignent sous le nom de InnoU (le peuple p.iiexcellence); celui d'Eskimo leur est inconnu, et leur a été donné par les Indiens Abénaquis. Ils sont entrés en relation avec les agents de la compagnie d'Hudson vers 1835; auparavant ils se défiaient des agents, les considérant comme les alliés des Indien^, leurs mortels ennemis.
GROENLAND
Un excellent résumé des explorations par V. Malte-Brun dans Société normande de géographie, 1886, p. 130.
Voyage au Grœnland, par Nordeuskiold, traduit par Ch. Rabot, Paris, 1887.
1. Le docteur danois H. Rink, ancien gouverneur du Grœnland, qui a appris leur langue, les rattache aussi à la race touranienne {the Eskinio, Copenhague et Londres, 1891, 2 vol. iu-S»;.
Seconde Expédition suédoise au Grœnland, par Nordenskiold, Paris, 1888; voir surtout la description du nunatak, p. 163.
A travers le Grœnland, par Fridtjof Nansen, traduit par Ch. Rabot, Paris, 1893,
Les Corte-Rf^al, par H. Harrisse, Paris, 1883 (dans le Recueil de voyages et de documents pour servir à l'histoire de la géographie depuis le xiii^ siècle jusqu'à la fin du xviiie, publié par l'éditeur E. Leroux.)
Forster, un Allemand qui accompagna Cook en 1778, et joua un rôle important sous la Révolution dans la région rhénane, où il favorisa la conquête française, a publié une Histoire des découvertes et des voyages faits dans le Nord, Paris, 1788, 2 vol. in-8''.
Histoire chronologique des voyages vers le pôle arctique, par John Rarrow, Paris, 1819, 2 vol. in-S».
Le récit du voyage de Ross (1829-1833) a été traduit par J.-B. de Fauconpret : Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage nord-ouest, par John Ross, Paris, 1835, 2 vol. in-8o.
Pour les voyages de Simpson et Dease, voir les Nouvelles Annales des voyages, 3^ série, tome XXII, p. 265 ; 4° série, tome II, p. 263.
Journal d'un voyage aux mers polaires, par le lieutenant de vaisseau J.-R. Bellot, Paris, 1854, et nouv. édit., 1866.
Voyage d'une femme au Spitzberg, par Léonie d'Aunet, Paris, 1855.
Voyages dans les glaces du pôle arctique, par Hervé et de Lanoye, Paris, 1863.
Les Merveilles du monde polaire, par Lesbazeilles, Paris, 1881.
POLE NORD
Les Voyageurs au pôle nord depuis les premières expéditions Scandinaves jusqu'à celle de G. Lambert, par A. Desprez, Paris, 1868.
Le Pôle et l'Equateur, par Luc. Dubois, Paris, 1863; nouv. édit. de cet ouvrage sous le titre l'Equateur.
La Conquête du pôle nord, parWilfrid deFonvielle, Paris, 1877.
La Mer libre du pôle, par I.-J. Hayes, Paris, 1868- ; de cet ouvrage un excellent abrégé par B. de Launay, Paris, 1885.
Le Glaçon du « Polaris », par W. de Fonvielle, Paris, 1877.
L'expédition du Po/ama été racontée par Em. Bessels, un des survivants : die Amerikanische Nordpol Expédition. Leipzig, 1879, 2 vol. in-8°.
Expédition polaire de Weyprecht et Payer, trad. de l'allemand par V. Saillet, Brest, 1873. Le rapport de Payer a été publié en entier dans V Année géographique de 1874, p. 327-345.
L'Expédition de la « Gerynania » et de la « Hansa », par J. Gourdault, Paris, 1875.
Les Abords de la région inconnue : histoire des voyages d'exploration du pôle nord, par Cléments Markham, trad. par H. Gaidoz, Paris, 1876.
Un Voyage à la mer polaire (1875-1876) de G. Nares, traduit par Fréd. Bernard, Paris, 1880. Voir aussi Bulletin de la Société de géographie de Paris, ISIG, 1,5; 1877, II, ii'i,'S&i; Revue britannique, mars 1877, p. 1-54.
La Mer glacée du pôle, par A.-H. Markham, Paris, 1880 (avec gravures).
Dans les glaces arctiques (1881-1884), par Ad.-W. Greely, trad. par Mme Trigaut, Paris, 1889.
Voyage de la « Jeannette », par W. de Long, Paris, 1885.
Expédition du uRodgers» à la recherche de la « Jeannette »,par H. Gilder, trad. par J. West, Paris, 1885.
Sur l'expédition de Peary (1891-1892), yo\v\fi Nature an 29 oct. 1892.
Les Cabot. — Les Anglais cherchent encore à établir que le navigateur Jean Cabot, né à Gênes, devenu citoyen de Venise eu 4476, et établi à Bristol vers 1477, fut le premier explorateur qui toucha au continent américain. 11 avait obtenu des lettres patentes de Henri Vil (25 avril 1496) lui accordant le privilège d'aller à la découverte des terres inconnues de l'hémisphère boréal. Il visita trois cents lieues de côtes, aperçut des îles, mais on ne peut affirmer qu'il descendit sur le continent'. D'après une carte dressée par son fils Sébastien Cabot, en 1544, on peut tout au plus supposer qu'il débarqua. On ne sait rien non plus d'un second voyage qu'il aurait entrepris en 1 498 ; on ignore quand et où mourut Jean Cabot. Son fils Sébastien passa au service de l'Espagne en 1512, où il devint grand pilote ; revenu en Angleterre après la mort de Ferdinand, il eut ridée de chercher une route de mer pour gagner la Chine par le nord-ouest du nouveau continent ; idée féconde qui devait iuspirer les nombreuses expéditions de la marine anglaise dont nous avous parlé plus haut. Il s'avança jusqu'à 67o de latitude nord.
Les premiers explorateurs français. — Ce furent les Français qui eurent le mérite de découvrir et de coloniser la vaste région de plaines qui forme le nord du continent. Dès le commencement du xvi« siècle, des pêcheurs basques, bretons et normands vinrent pêcher la morue sur le banc de Terre-Neuve^- en 1508 Thomas Aubert, pilote de Dieppe, amena en France des sauvages du Canada, mais on a eu tort d'affirmer qu'il avait été envoyé par Louis XII. Les marins de nos côtes de la Manche avaient pris d'eux-mêmes l'initiative de ces voyages fructueux, comme un siècle auparavant
1. « Non, l'Angleterre ne saurait se faire un titre des découvertes de ce navigateur (Jean Cabot), puisque tous les iiistoriens s'accordent sur son compte et assurent qu'il ne débarqua nulle part sur le continent, et qu'il ne fit qu'apercevoir les côtes de Terre-Neuve. » (De Vergennes, Mémoire sur la Louisiane, p. 04.)
La Ilevue de géographie a publié un long travail sur Jean et Sébastien Cabot. On y conteste l'affirmation de Sébastien Cabot, qui a marqué l'atterrissage de son père au nord de l'ile du Cap-Breton, en plaçant là la mention : prima tierra vista {Revue de géographie, mars 1894).
2. A mentionner les voyages de Denis de Honfleur, qui entra dans le golfe de Saint-Laurent en 1506, du baron de Léry en 1518.
ils avaient commencé à exploiter les côtes occidentales de TAfrique, que personne ne connaissait.
Eu 1523, François 1er voulut assurer les droits de la France sur une partie du continent que TEspagne et le Portugal separtageaient ; il donna une commission au Florentin Verazzano, qui partit de Dieppe, longea les côtes de l'Amérique du Nord et parait avoir touché à Terre-Neuve ; la lettre qu'il écrivit au roi parle d'une île qui ne peut être que Terre-Neuve*.
Jacques Cartier. — Enfin le premier voyage couronné de succès fut entrepris par Jacques Cartier. C'était un marin de Saint-Malo, né en 1491 ; la mission d'aller à l'ouest lui fut confiée en lu33 sur la recommandation de l'amiral Chabot. Dans son premier voyage (20 avril-5 septembre 1534), il débarqua à Terre-Neuve et resta dix jours au port de Sainte-Catherine. 11 alla plus au nord, et découvrit une île où se réfugiaient des quantités innombrables d'oiseaux; il l'appela l'île aux Oiseaux, Elle était encore entourée de glaces; mais elles se brisèrent, et les barques purent passer. Le 24 juillet, Cartier toucha à la côte du Labrador, puis traversa le golfe, et entra dans une baie profonde, où il souffrit beaucoup du chaud; il lui donna le nom de baie des Chaleurs, qu'elle a conservé-. Sur le promontoire de Gaspésic il planta une grande croix haute de trente pieds; au milieu il avait placé un écusson relevé avec trois fleurs de lis, et il y écrivit en grosses lettres entaillées dans le bois : « Vive le roi de France. » Cartier entra en rapport avec les sauvages et échangea avec eux quelques marchandises contre des pelleteries.
Cartier fit un second voyage avec trois vaisseaux en 1535 ; après
1. Verazzano, né à Florence vers 1483, s'occupa de commerce en Orient. On lui attribue trois voyages en Amérique : le premier en 1523, peu connu, aurait été un voyage de pirate; on suppose que ce fut lui qui, sous le nom de Jean Florin ou Jean le Florentin, pilla les vaisseaux de Cortez qui revenaient du Mexique. Le second est celui dont il adressa le récit à François I" ; il partit de Dieppe et revint à Dieppe, fin 1523-juillet 1524. Le troisième, 1526, avait pour but la recherche d'un passage nord-ouest ; Ango de Dieppe et l'amiral Chabot en firent les frais; d'après le chroniqueur espagnol Bernai Diaz, il avait été arrêté près des Canaries, amené à Séville et pendu en 1527. Charlevoix parle d'une autre tradition : Verazzano aurait été pris par les sauvages de l'Amérique et mangé.
2, « Le pays est le plus beau qu'il est possible de voir, tout égal et uny, et n'y a lieu si petit ou il n'y ait des arbres combien que ce soye sablons, et ou il ■'y ait du froment sauvage qui a l'espi comme le seigle et le grain comme l'avoine, et des poids aussi épais comme s'ils avaient esté semez et cultivez, le raisin blanc et rouge avec la Heur blanche dessus, des fraises, meures, roses rouges et blanches, et autres fleurs de plaisante, douce et agréable odeur. Aussi il y a là beaucoup de belles prairies, et bonnes herbes et lacs ou il y a grande abondance de saumons. » (Cartieh, Relation du voyage de 1534. On trouve dans la Bibliothèque de l'École des chartes, janvier-avril 1894, une bibliographie de travaux relatifs à J. Cartier.)
avoir contourné la pointe nord de Terre-Neuve, et rendu visite à nie aux Oiseaux, il franchit le détroit de Belle-lsle, rangea la côte du Labrador, et entra dans le grand fleuve le 10 août, d'où le nom de Saint-Laurent ; il découvrit l'île aux Coudres, l'île d'Orléans, qu'il trouva couverte de vignes sauvages et appela d'abord île de Bacchus, et s'arrêta devant une grande île qui renfermait alors les habitations de Hochelaga, remplacées aujourd'hui par la grande cité de Montréal. Hochelaga était une petite bourgade entourée de trois enceintes de palissades, et comptait environ cinquante cabanes faites en forme de tourelles. Les habitants reçurent très bien les Français, leur donnèrent des fêtes ; on échangea des présents, mais il fut impossible de se comprendre autrement que par signes. Ces Indiens appartenaient à la nation des Hurons, qui habitait au nord du fleuve, et montra des dispositions bienveillantes à l'égard des Français. Cartier visita la montagne qui domine la bourgade, et lui donna le nom de Mont-Royal, qui est devenu celui de toute l'île. Cartier passa l'hiver sur les bords delà rivière de Sainte-Croix (aujourd'hui rivière J.-Cartier, un peu en amont de Québec, sur la rive gauche du fleuve). Dans son rapport au roi, Cartier dit que la plupart des terres étaient fertiles, que le climat était sain, et les habitants sociables et fort aisés à tenir en respect ; il lui parla aussi du commerce de pelleteries, qui fut toujours le principal objet d'échange avec l'Europe. 11 revint en France en 1536; mais François 1er était alors absorbé par le souci d'une nouvelle guerre avec Charles-Quint, et ue put songer de nouveau au Canada qu'en 1540. La première tentative de colonisation fut faite par Koberval, gentilhomme de Picardie; malgré la présence de Cartier, elle ne réussit pas. On parle encore d'un quatrième voyage de Cartier, après 1342, mais on ne possède aucun renseignement. Le grand navigateur mourut en 1557.
Essais de colonisation. — Le Canada était devenu une possession française, mais il fallait le coloniser ; pendant le xvi^ siècle les Bretons et les Normands exploitèrent le riche commerce des pelleteries et les pêcheries du banc ; plusieurs particuliers cherchèrent à se faire concéder des privilèges, par exemple Jacques NoëP et la Jaunaye en 1588 ; mais les marchands protestèrent. Le privilège fut supprimé la même année sur la demande des marchands de Saint-Malo. Le marquis de Monts obtint un privilège semblable (1598), fit un voyage, mais revint ruiné. Chauvin, capitaine de vaisseau, qui agissait pour le compte du sieur de Pontgravé, réussit mieux. Ses voyages de 1600-1602 furent très fructueux. Mais il fallait s'établir à demeure, fonder une colonie. L'honneur de faire réussir une pareille entreprise revint à Samuel DE Champlain.
1. C'était un petit-neveu de J. Cartier. Le privilège fut accordé par Henri III le 14 janvier 1388, et révoqué le 9 juillet de la même année.
Champlain. — Champlain était né en Saintonge, à Brouage, eu 1567 ou 1570. Sou père était capitaine de vaisseau, et son oncle pilote général des flottes du roi d'Espagne. Champlain servit d'abord dans les armées du roi, et fit sonpremier voyage sur mer aux Antilles et au Mexique en 1599. A son retour il fut nommé géographe du roi ; le gouverneur de Dieppe, Aymard de Chastes, avait obtenu un nouveau privilège pour le Canada : il confia une expédition à Champlain. Ce dernier descendit à Tadoussac', s'arrêta à l'endroit où il devait plus tard fonder Québec, et remonta le fleuve jusqu'au saut Saint-Louis, un peu au-dessus de Montréal, puis revint à Ronfleur. Quand il revint en France, de Chastes avait succombé, et sou privilège avait été donné à un Saintongeois, le sieur de Monts : on embarqua des colons, des familles de Normandie et de Saintonge; Champlain chercha un emplacement pour y fonder « des habitations » : aucun ne lui parut plus favorable que celui de Québec*; Champlain s'y fixa en juillet 1608.
L'année suivante Champlain remonta le Saint-Laurent et s'engagea dans un affluent de la rive droite (aujourd'hui le Richelieu). 11 rencontra des sauvages qui l'accueillirent mal, et n'hésita pas à les attaquer ; il les battit sur les bords d'un lac qui a conservé le nom de l'explorateur. Ces sauvages appartenaient à la grande nation des Iroquois, qui fut toujours hostile aux Français, s'entendit plus tard avec les Hollandais, puis avec les Anglais, et nous causa de graves embarras pendant tout le xvii^ siècle.
On commençait à se préoccuper de la Nouvelle-France (ce nom date de 1609) ; le comte de Soissous, puis le prince de Condé, la prirent sous leur protection. En 1613 Champlain fit organiser une première association de marchands des ports de Saint-Malo, Rouen, la Rochelle, qui forma la Compagnie de Rouen, et Coudé prit le titre de vice-roi. En 1613 Champlain emmena dans la colonie des religieux récollets, et explora les pays d'où l'on tirait les pelleteries ; il remonta l'Ottawa, découvrit le lac Nipissing, vit le lac Ontario. A partir de 1620 il se préoccupa surtout de Québec, y établit des
1. « Tous les récits de voyage parlent de Tadoussac, et la plupart des géographes y ont placé une ville ; mais il n'y a jamais eu qu'une maison française ot quelques cabanes de sauvages, qui y venaient au temps de la traite, et qui emportaient ensuite leurs cabanes, comme on fait les loges d'une foire, et ce n'était en eiïet que cela. Tadoussac est un excellent port qui peut contenir 25 vaisseaux de guerre. » (Charlevoix, Histoire de la Nouvelle-France, V, 96.) Tadoussac devint une des stations de la Compagnie de la baie d'Hudson ; elle ne comprend aujourd'hui que de misérablss cabanes faites avec des troncs d'arbres superposés et un hôtel peu confortable.
2. Québec est un mot de la langue indienne qui signifie détroit fermé, obstrué. La falaise forme en effet un promontoire, le cap Diamant, qui semble barrer le lleuvej c'est sur ce promontoire que fut fondée la ville.
officiers de justice sous la présidence de Louis Hébert, le premier colon qui s'occupa de cultures', et construisit un fort en pierre. Malgré tous ses efforts, Québec ne se peuplait pas ; elle ne comptait que cinquante personnes en 1622, parce que le commerce des pelleteries se faisait à Tadoussac. Sur les conseils et les rapports du chevalier de Rasilly, qui s'était établi en Acadie, Richelieu s'intéressa ù, la colonie, et fonda en 1627 une Compagnie plus importante : elle devait disposer d'un capital de 300,000 livres au moins, et compter cent associés, en tête desquels se firent inscrire Richelieu et le marquis d'Effiat; on y trouve aussi les noms de Rasilly, <de Champlain ; les autres étaient de riches bourgeois ou de grands négociants des ports : parmi ces derniers on lit le nom de Henri Cavellier, l'oncle de Robert Cavellier de la Salle, futur explorateur du Mississipi. La Compagnie, appelée Co>npar/nie de la Nouvelle- France ou des cent associés, avait de grands avantages : elle seule pouvait faire le commerce des pelleteries, elle en avait le monopole perpétuel; elle avait aussi le privilège de tout le commerce pour quinze ans, mais le roi exceptait la pêche des morues, qui restait libre. Le roi mettait à sa disposition deux vaisseaux de guerre, permettait aux nobles d'entrer dans la Compagnie et de trafiquer sans déroger, et s'engageait à anoblir un certain nombre de roturiers. En échange, la Compagnie devait transporter au Canada 4,000 Français catholiques en quinze ans, les nourrir pendant trois «ins, et leur assurer les secours de la religion en entretenant des missionnaires. Constituée en 1628, la Compagnie eut de mauvais •débuts : les Anglais lui enlevèrent ses premiers vaisseaux et s'emparèrent de Québec, où Champlain dut capituler le 20 juillet 1629. Louis XIII négocia, fit armer six vaisseaux, et l'Angleterre rendit de bonne grâce ce qu'on se préparait à reprendre de force. Le traité de Saint-Germain (29 mars 1632) nous rendit toute la Nouvelle-France, y compris l'Acadie, et la Compagnie put reprendre ses opérations en 1633 ; mais Champlain ne présida pas longtemps à ses destinées, il succomba à Québec en 1635 : sa dernière création avait été le collège de Québec. Telle fut l'œuvre du fondateur du Canada. La colonie reconnaissante l'a honoré en faisant publier nue belle édition de ses Œuvres par les soins de l'Université Laval, de Québec ; mais il n'a pas encore trouvé d'historien en France'-. Fondation de Montréal. — Peu après la mort de Champlain, un gentilhomme champenois, Paul de Chomedey, marquis de Maisonneuve, fonda une ville française dans l'île du iMout-Royal. L'em-
1. Louis Hébert était un apothicaire de Paris, qui emmena sa famille au Canada en 1017 ; il défricha une partie du terrain sur lequel est située la haute ville de Québec. En 1628 on y laboura pour la première fois avec des bœufs.
2. Champlain avait aussi visité le Mexique et l'Amérique centrale. La Société Hakluytde Londres a publié en 1860 le récit du voyage de Champlain accompli ,en 1399-1602. Champlain alla à Panama, qui recevait l'or du Pérou : « C'est là, /Jit-il, qu'on pourrait établir une communication qui abrégerait de 1,500 lieues la co-ute d'un océan à l'autre. »
placement fut solennellement béni par les jésuites de Québec en 1641, et la ville de Montréal fut fondée le 16 janvier 1642. Maisonneuve en fut gouverneur jusqu'en 1670 ; pendant son administration l'île fut cédée au séminaire de Saint-Sulpice, qui en prit possession en 1663.
Eu même temps les Français s'étaient établis en Acadie et sur la baie d'Hudson.
Acadie. — Dès 1604 la Compagnie du sieur de Monts avait chargé Pontgravé et le sieur de Poutrincourt de visiter les côtes situées au sud du Saint-Laurent ; elles appartenaient à la Nouvelle-France, que Lescarbot ' prolonge jusqu'aux côtes de la Floride. Ils visitèrent la baie Française, aujourd'hui baie de Fundy, et fondèrent l'établissement de Port-Royal (Annapolis)^ La colonie de l' Acadie fut souvent attaquée par les Anglais de la Nouvelle- Angleterre. Il eu fut de même de nos établissements de la baie d'Hudson.
Baie d'Hudson. — La baie devait sou nom au navigateur Henry Hudsou, qui y périt dans son voyage de 1610. D'autres Anglais vinrent explorer le triste littoral de cette grande mer intérieure : Nelson, pilote de Hudson ; Thomas Button, qui releva les côtes de l'ouest. Mais les Anglais n'y possédaient aucun établissement , quand le gouverneur du Canada y envoya, en 1656, le sieur Bourdon : il importait beaucoup de rattacher à la colonie française les pays qui produisaient les meilleures pelleteries ; il fallait à tout prix empêcher les étrangers de s'établir sur cette mer ouverte qui permettait à nos ennemis de faire concurrence à nos marchands en relation avec les sauvages. Il se produisit là, avec les navires marchands de l'Angleterre, de nombreuses rencontres où l'on voit figurer avec honneur Denys de Saint-Simon, le chevalier de Troye» Sainte-Hélène, et surtout d'iberville, que nous retrouverons plus tard à la Louisiane. Mais Charles II fonda une Compagnie puissante,
1. Marc Lescarbot, avocat au parlement, se rendit au Canada avec Poutrincourt en 160G. Dans une lettre écrite de Port-Royal, 2i août 1606, il déclare qu'il considère le pays comme un véritable paradis : le paradis terrestre n'eut sceii estre plus agréable que ce séjour... Il conseilla de cultiver la terre, et rédigea de nombreux Mémoires sur l'Acadie. Son ouvrage principal est Histoire delà Nouvelle-France, 1608, dont il a paru une nouvelle édition chez Tross en 1866, 3 vol. in-8».
i. Jean de Biencourt, marquis de Poutrincoart, fonda Port-Royal en 1605 ; il dut l'abandonner en 1607, parce que son privilège fut supprimé, mais il y retournaen IGiO. La ville prospéra; Kazilly en fut gouverneur en 1632; elle fut prise en 1710 par les Anglais, qui lui donnèrent le nom de leur reine : Port- Royal devint Annapolis.
la Compagnie de la baie d'Hudson, qui fut organisée en 1670 parle prince Rupert"; on finit par décider que le port Nelson serait commun aux deux nations, et qu'on pourrait y commercer en toute liberté (1686). La lutte recommença après la révolution de 1688 : les Anglais finiront par l'emporter et s'assureront la possession des territoires de la baie en 1713.
Régime féodal au Canada. — Revenons au Canada. Les gouverneurs qui succédèrent à Champlain essayèrent de développer la colonie. Ils accordèrent de grandes étendues de terres à titre de seigneuries à ceux qui, par leur fortune et leur situation, paraissaient être en état de créer eux-mêmes des centres de population. Les concessionnaires sous-louaient des parties de leur territoire en se réservant des redevances et des privilèges. Le séminaire de Saint- Sulpice a tiré pendant longtemps ses principales ressources de l'île de Montréal. L'île d'Orléans forma un comté (1676) qui fut donné à François Berthelot, secrétaire général de l'artillerie. On en donna même à des sauvages ; un Iroquois avait obtenu de Frontenac le domaine d'une île du Saint-Laurent (île Tavihata); il montrait la patente de concession avec orgueil, mais avait vendu ses droits pour quatre pots d'eau-de-vie-. Sur ces seigneuries on fondait des villages de colons^; mais les Français désertaient fréquemment. Ils préféraient au travail des champs les courses à travers les forêts et les prairies, à la recherche des animaux à fourrure; ils s'absentaient pour plusieurs mois, prenaient les habitudes des Indiens, et renonçaient pour toujours à la vie des habitants; ils devenaient voyageurs, coureurs des bois, se mêlaient aux sauvages, épousaient des Indiennes. Ils ont produit la race énergique des métis que l'ou appelle les Bois-Brûlés. Ils étaient perdus pour la colonisation proprement dite : en 1640, le nombre des habitants n'était encore que de 300.
Les jésuites. — Les missionnaires jésuites cherchèrent à suppléer au manque de travailleurs de la terre en convertissant les sauvages et en les fixant dans des villages nouveaux. Ils étaient venus dans la Nouvelle-France dès 1611, amenés par Poutrincourt, qui les chargea d'évangéliser les Micmacs de l'Acadie ; ils passèrent
1. Son privilège lui donna la propriété du sol, des pêcheries, des mines, des forêts, avec le droit de lever des troupes, de faire la guerre aux indigènes. Elle l'a conservé jusqu'en 1860.
2. Charlevoix, Voyage, 1721, à la suite de son Histoire de la Nouvelle-France, V, 286.
3. Le régime féodal a été supprimé en 1854 : il y avait alors 220 fiefs possédés par environ 160 seigneurs.
au Canada, construisirent un collège à Québec (1635), fondèrent Sillerj' (1638) pour les sauvages convertis et allèrent s'établir chez les Hurons. Le plus célèbre de ces premiers missionnaires fut le P. Lejeune. En suivant les Indiens dans leurs chasses, les missionnaires découvrirent les pays de l'Ouest, ceux que les Canadiens appellent encore aujourd'hui les pays d'En- Haut ; en lG6o le jésuite Allouez visita le lac Supérieur et s'établit chez les Sioux ; d'autres découvrirent le lac Érié en 1669, le Michigan en 1610-72. Le plus illustre fut le P. Marquette ; il établit en 1671 une tribu de Hurons sur le passage de Makinaw : ce fut l'origine de la station si souvent citée de xMichillimakinaw ; il explora la grande baie qui est à l'ouest du Michigan, Green-bay, que les Français appelaient la baie des Puants, nom d'une tribu qui habitait au sud, remonta la rivière des Renards, descendit le Wisconsiu, et le 17 juin 1673 arriva au Mississipi, qu'il explora en partie. Il visita aussi, au nord du lac, Chicagou, village de la tribu des Miamis, et mourut en 1675 sur les bords du Michigan.
Explorations au dix-huitième siècle. — Vers la fin du xyii^ siècle, les explorations eurent lieu vers le sud; on chercha à réunir le Canada aux postes de la Louisiane. Au xyiii^, les Français revinrent vers l'ouest canadien ; en 1731, le comte de Maurepas conlia une mission à Pierre Gautier de Varennes , sieur de la Vérendrye : c'était un Canadien, né à Trois-Rivières ; il servit d'abord en France et fut blessé à Malplaquet : revenu dans la colonie, il partit avec ses trois tils, son neveu, le jésuite Ménager, et découvrit la rivière Rouge, le Winnipeg; il remonta l'Assiniboine, à l'embouchure de laquelle il avait fondé le fort Rouge, remonta aussi la Saskatchevan, revint vers le sud, traversa le Missouri, suivit la rivière de la Pierre-Jaune [Yellow stone). Tous ces voyages l'occupèrent jusqu'en 1745. Le gouvernement reconnut ses services en lui accordant la croix de Saint-Louis. Son fils aîné continua ses voyages, il visita les Rocheuses. On ne doit donc pas être surpris de rencontrer tant de noms français sur les territoires du Dominion anglais. Quand elle dut quitter l'Amérique en 1763, la France y laissait le souvenir de grands services rendus : elle avait fait explorer tout le territoire, à l'exception des terres glacées du Nord ; elle avait fait alliance avec les tribus indiennes, elle laissait des traditions qui devaient survivre à sa défaite et se faire respecter de la nouvelle métropole.
Les Compagnies anglaises. — Les Anglais, devenus maîtres du Canada par le traité de Paris (1763), l'exploitèrent en marchands. L'ancienne Compagnie de la baie d'Hiidson avait pris un grand dé-
veloppement depuis que les Français avaient dû quitter les territoires duNord, en vertu des traités d'Utrecht (1711-1713) ; mais elle eut une rivale dans la Compagnie du Nord-Ouest, qui fut composée des commanditaires de l'ancienne Compagnie française du Canada et d'Écossais amis delà France, des réfugiés politiques, les Stuart, les Mackensie, les Mac-Donald. Elle hérita de la Charte royale de 1717 qui concédait à perpétuité la possession des contrées septentrionales, et occupa les forts de traite établis par cette société. Elle utilisa les voyageurs français et provoqua de nouvelles conquêtes ; en 1777 le Canadien Joseph Frobishcr remonta les rivières Maligne et la Pinte ; le lac Athabaska fut atteint en 1780. En 1789 eut lieu le grand voyage d'Alexandre Mackensie, qui descendit le fleuve du Nord jusqu'à son embouchure; dans un second il remonta la rivière de la Paix, cherchant à établir une route de commerce avec les côtes du Pacifique.
Les deux Compagnies continuèrent à faire le commerce des pelleteries ; elles entrèrent en conflit, et, après une longue lutte qui fut parfois sanglante, elles se réunirent en 1821. La Compagnie unique continua à faire de grands bénéfices, mais elle dut renoncer à ses principaux privilèges età ses possessions territoriales eu 1869 ; on lui accorda une large indemnité, et elle continua ses opérations, qui sont toujours fructueuses. Son siège est à Londres.
Le Canada sous la domination anglaise. — Quand les Anglais organisèrent le gouvernement politique du pays conquis, ils durent compter avec les 65,000 Français qui ne purent suivre les fonctionnaires revenus en France. Le clergé resta avec eux, et leur hostilité fut telle qu'il fallut leur garantir la liberté religieuse et leur restituer les lois françaises par l'Acte de Québec de 1774. Une véritable constitution, publiée en 1791, leur accorda une certaine indépendance politique : le pays fut divisé en deux territoires : Bas et Haut-Canada, et chaque province eut sa législature. Les Français ne furent pas ingrats; quand la colonie anglaise fut attaquée parles États-Unis en guerre avec l'Angleterre, de 1812 à 1814, ils furent l'àme de la défense, résistèrent avec succès dans Québec et dans Montréal, et remportèrent la victoire de Chateaugay, qui força les États-Unis à reconnaître les anciennes frontières par le traité de Gand de 1814.
Vinrent alors les luttes parlementaires, dans lesquelles se distinguèrent les libéraux canadiens sous la conduite de leur O'Connell, Papineau, qui eut la satisfaction de faire triompher ses idées en 1867. Le Canada se donna une nouvelle constitution; il devint une colonie fédérale, composée du Bas et du Haut-Canada, du Nouveau -Brunswick et de la Nouvelle -Ecosse. On y réunit le Manitoba, 15 juillet 1870, la Colombie britannique en 1871, et l'île du Prince-Edouard en 1873 '. La capitale fédérale fut Ottawa, rési-
1. Le reste du pays est partagé en districts provisoires; en 1882, le gouvernement fédéral a organisé ceux de Assviiboia, Alberta, S askatchévan, Athabaska ;
deuce du gouverneur anglais, qui a pour principale mission d'ouvrir le parlement fédéral. L'Angleterre a retiré ses troupes ; elle n'a plus de soldats que dans le port militaire de Halifax.