LES POPULATIONS
Indiens. — « Aujourd'hui les aborigènes de race pure ne figurent plus que pour 200,000 dans la population du pays; ils forment sur le territoire de la République de nombreuses tribus, différant entre elles par la couleur de la peau, les traits, la taille, la langue et les mœurs; beaucoup de ces tribus vivent à l'état sauvage; d'autres, pliéesà la vie sociale, conservent pourtant leur idiome primitif. » (Nunez et H. Jalhay, la République de Colombie, Bruxelles, 1893, p. 35.)
« L'Indien de la côte du Pacifique est de stature moyenne, gros, robuste, trapu, et sa physionomie, quoique dépourvue de beauté, n'a rien de désagréable; ses cheveux sont noirs, grossiers et légèrement ondoyants; peu ou point de barbe; sa peau est bronzée et d'une teinte plus sombre que celle de tous les autres habitants des Cordillères...
Ils sont taciturnes, graves, sérieux, pendant qu'ils travaillent; ils sont patients à lâchasse, comme ils sont babillards, turbulents et inquiets dans les festins, pendant lesquels ils boivent, mangent et dansent sans frein ni mesure.
Ils écoutent avec le même plaisir durant des journées entières le son monotone d'un tambourin et d'autres instruments tout aussi primitifs.
Quand l'Indien, sous le ciel ardent, a ramé longtemps, quand il a abattu les arbres énormes de ses forêts, il se jette à l'eau froide tout en sueur et se baigne avec délices...
... L'Indien est généreux et prodigue de tout ce que produit son pays, comme il est avare de tout ce qui lui vient des Cordillères ou des régions lointaines. Le mais, le yucca, la banane et la chair des animaux sauvages sont sa seule nourriture.
Ces indigènes n'ont point de désirs; contents de leur sort et chérissant leur pays, ils regardent avec indifférence le reste du monde. Ils vivent sans soucis comme sans remords : la