LA PRESSE
Beaucoup des membres de V Action Libérale Populaire connaissent Tœuvre de la Presse pour tous, puisqu'ils comptent au nombre de ses partisans les plus fervents.
Dans des rapports définitifs, M. Doumic, M. de Witt-Guizot et M. Christian Shefer exposaient avec une grande élévation et beaucoup de précision le but de cette œuvre, but d'éducation politique, basée sur l'idée de modération et de liberté, but d'éducation morale et surtout but de rapprochement social. Ils rappelaient aussi comment cette idée d'une lutte contre le mal, par la Presse, était née il y a de longues années et avait pris corps récemment.
M. Taine en 1872, se trouvant dans une auberge de province, n'aperçut sur la table que des journaux rouges, comme on disait à 1 époque ; et comme il s'étonnait de n'en pas voir d'autres : « Monsieur, lui répondit-on, on nous envoie ceux-là gratis, et cela nous évite de prendre un abonnement aux autres. »
Et cette puissance de propagande particulière aux opinions radicales avait si vivement frappé l'illustre écrivain, que, dans une lettre aujourd'hui célèbre, il exposait avec son esprit
pénétrant et lucide les moyens à employer popr combattre le mal.
Le moyen qu'il indiquait était d'autant plus fort qu'il était très simple et à la portée de toutes les bonnes volontés. Il était-naturel que cette belle et haute pensée de M. Taine fût pieusement recueillie par celle qui le mieux avait pu pénétrer les intentions du grand philosophe. Et en présence du mal fait par la propagande de certaines associations sectaires, Mme Taine crut le moment venu de lutter à armes égales contre ceux qui avaient juré de démoraliser le pays parleurs journaux.
Elle fonda Toeuvre de la Presse pour tous, pour la diffusion des journaux libéraux et antisectaires.
Sans arrière-pensée et sans plateforme politique, combattre la presse immorale, athée et révolutionnaire par tous les moyens, voilà le but de la Presse pour tous.
Quels moyens emploie-t-on ?
Les adhérents envoient à un destinataire leur propre journal déjà lu ou paient certains abonnements à des journaux parisiens, régionaux ou locaux désignés par eux, en faveur d'établissements publics, cafés, coiffeurs, aubergistes, maréchaux, ou en faveur d'individualités.
Pour seconder les bonnes volontés incomplètes ou, négligentes, l'œuvre donne contre remboursement des bandes toutes prêtes, imprimées, gommées et timbrées.
La Presse pour tous sert d'intermédiaire entre les personnes de bonne volonté qui veulent envoyer les journaux et demandent des adresses de destinataires ou sont disposées à prendre de& abonnements directs.
Le Comité central est à Paris et ravonne sur la France entière au moyen de Comités régionaux auxquels il rend tous les services en son pouvoir, services de subvention, d'abonnements collectifs ou individuels de renseignements.
Les résultats obtenus sont déjà considérables, puisque, en juin 1904, on estimait à 17.000 le nombre des journaux déjà lus régulièrement envoyés et à 3.000 le nombre des abonnements de propagande. En 1905, 53.000 abonnements directs et 50.000 journaux de seconde lecture.
Les adhérents augmentent sans cesse et dépassent aujourd'hui 40.000.
Quels services les Comités de VAction Libérale Populaire peuvent-ils attendre de la Presse pour tous ?
Chacun des membres de VAction Libérale Populaire est par essence très convaincu de Futilité de la Presse et de sa puissance. Peutêtre, si la chose n'est déjà faite, beaucoup de Comités cherchent-ils à constituer un groupe pour travailler localement à la diffusion des journaux. En pareil cas, si par l'intermédiaire du Comité directeur de VAction Libérale Po-pulaire ils adhèrent à la Presse pour tous, ils profiteront de tous les avantages exceptionnels
qui peuvent être faits dans les prix de certains abonnements : ils peuvent indiquer eux-mêmes les destinataires auxquels le siège central de la Presse pour tous fera les distributions voulues, ils peuvent obtenir certains abonnements à des feuilles locales qu'il est intéressant de répandre et qu'une crise pécuniaire peut relever ou soutenir.
Les Comités de V Action Libérale Populaire peuvent être constitués eux-mêmes en groupes d'études ou cercles, en lieux de réunions, où les questions politiques et sociales soient étudiées et discutées.
L'utilité de certaines lectures s'impose, mais le prix de quelques abonnements effraie. On peut alors dans les conditions précédemment mdiquées s'adresser au Comité central de la Presse pour tous, exposer la situation et, moyennant une rétribution relativement minime, obtenir des abonnements à unou plusieurs journaux, à des revues, à des publications agricoles ou sociales.
La situation de la Presse pour tous lui a permis d'obtenir des conditions exceptionnellement avantageuses, dont elle sera heureuse de faire profiter les Comités de VAction Libérale Populaire qui s'adresseront à elles par l'intermédiaire du Comité directeur.
On a dit de la Presse qu'elle était le quatrième Etat, pour indiquer sa puissance ; elle constitue, en tout cas, une arme formidable
mise à la disposition de ceux qui veulent s'en servir.
Le grand parti de ceux qui souffrent aujourd'hui dans leurs croyances a pour devoir absolu de comprendre que l'organisation et la diffusion de la presse constituent l'œuvre nécessaire. Il a pour devoir d'agir en conséquence, c'est-à-dire de faire tous les sacrifices que comporte la situation.