‹ L'amélioration du sort des travailleursChapitre 3 sur 62 · PREFACE V · texte numérisé non relu

PREFACE V

Et tout cela, la Chambre l'a fait sans se soucier des charges que les finances publiques devront supporter, sans se préoccuper des moyens financiers à prendre pour faire face aux dépenses colossales que nécessitera Inapplication de ces lois.

Pour celle des retraites il est vrai elle a compté sur le Sénat pour amender son œuvre et mettre les choses au point ; mais quel sera le résultat de la loi sur Tassistaacequi est applicable à partir du l" janvier 1901? L'avenir nous l'apprendra.

Les assemblées de la Révolution, la Constituante, l'Assemblée législative, la Convention avaient élaboré aussi de magnifiques plans pour assurer à tous les déshérités, dans une vaste mesure, des secours publics. Elles avaient confisqué les biens des Ordres religieux, de l'Eglise, des hôpitaux et elles avaient chargé l'Etat d'assister tous les malades, tous les indigents qui avaient besoin de l'être ; et jamais ils ne furent moins secourus, jamais pareil désordre et pareille incurie ne régnèrent dans lés hôpitaux, jamais les malades ne furent si mal soignés, et jamais non plus gaspillage ne fut plus grand. Aussi, dès 1796, dut-on proclamer la nécessité de la bienfaisance privée et réclamer son concours (1).

(1) A la Constituante, le principe de l'assistance par l'Etat avait été posé par le duc de la Rochefoucauld-Liancourt. — 11 avait dit, dans un rapport célèbre : « On a regardé l'assistance comme une grâce, et, trarertissant cette cruelle erreur en principe, on a abandonné la première à l'assistance particulière

Comme si un gouvernement qui a quelque idée de justice et d'humanité devait se reposer sur d'autres que sur lui-même du soin d'acquitter la dette d'assistance ».

Quelques années après le 12 Vendémiaire, an IV, Delecloy, dans un rapport à la Convention sur l'organisation des secours publics poussait un cri d'alarme et jugeait sévèrement les théories de la Constituante, malheureusement appliquées parles assemblées

VI piu:fack

Puissent les malades et les pauvres, quand le monopole officiel de l'assislance fonctionnera — et ce sera bientôt — n*en pas trop souffrir ! puissent l'Etat, les départements et les communes faire mieux que l'Etat révolutionnaire et conserver longtemps à ceux qui souffrent les soins tendres et délicats des sœurs de charité !

11 semble que nous soyons bien loin de notre sujet ; il n'en est rien : Tapplication de ces lois, les moyens à prendre pour aider ceux qui ne voudront pas se laisser enserrer par leurs mailles trop étroite» fourniront à l'A.-L.-P. un nouveau champ d'action. Les mutualistes notamment y trouveront un aliment à leur initiative et à leur activité.

La loi sur les retraites ouvrières a laissé aux mutualités une liberté de mouvement appréciable ; avec de rinitiative et un peu de hardiesse, ceux qui les dirigent pourront soustraire à la Caisse d'Etat les cotisations qu'elles percevront et constituer elles-mêmes le patrimoine qui assurera les retraites de leurs sociétaires. Si le Sénat votait une loi qui s'inspirât des mêmes principes que la loi adoptée par la Chambre, les Caisses de retraites autonomes, organisées conformément à la loi du l®"" avril 1898, devraient prendre un grand essor. Ce serait pour les hommes indépendants un moyen d'affirmer leur volonté de garder l'administration de leur épargne et de la faire eux-mêmes fructifier, au lieu de la livrer à l'Etat.

suivantes. « Il est temps, écrivait-il, de sortir de l'ornière profonde où une philanthropie exagérée nous arrête depuis l'assemblée Constituante, qui, très savamment sans doute, mais très inutilement, s'est occupée du pauvre. Celui qui a dit le premier que le gouvernement devait seul à l'indigence des secours publics de toute espèce et dans tous les âges de la vie,

a dit une absurdité il faut associer la bienfaisance particulière

ù la bienfaisance générale. Si le gouvernement intervient ce n'est que comme exemple et principal moteur, »

PIŒFACE VII

Les Sociétés de Secours Mutuels pourront aussi entrer dans la voie de l'hospitalisation, prévue par la loi du !**■ avril 1898, et profiter de la latitude que la loi d'assistance laisse aux départements et aux communes pour s'entendre avec eux et organiser l'assistance de leurs vieillards et de leurs -infirmes.

Si nous ne savons pas passer par les quelques ouvertures que les lois récentes ont laissé encore subsister sur la liberté, l'Etat, petit à petit, accaparera tout et rien ne restera de la liberté individuelle et des droits des associations libres, qui sont la sauvegarde unique de la liberté et des droits des citoyens. Nous approcherons du moment où la puissance de l'Etat n'aura plus de bornes, où il sera le maître de tout, le maître des corps et des consciences, ne laissera la faculté de vivre qu'à ceux jui consentiront à se courber sous sa tyrannie maçonnique et athée.

Si c'est là l'idéal des socialistes, ce ne doit pas être celui des citoyens qui ont le sentiment de leurs droits, de leur indépendance et de leur dignité.

La Terre qui sauve ! C'est le titre de l'un des plus intéressants chapitres de ce volume.

Oui, la terre est aussi un élément de salut, et le plus résistant et le plus sûr peut-être. Mais il en est de sa fécondité sociale comme de sa fécondité matérielle; elle ne produit des fruits abondants que lorsqu'on la travaille et lorsqu'on lui fournit tous les éléments de fertilité appropriés aux Récoltes qu'elle doit porter.

Eh ! bien, l'A. L. P. qui agit et travaille aux champs comme à la ville, doit implanter dans les milieux ruraux toutes les œuvres, toutes les institutions qui peuvent y maintenir les jeunes gens, trop enclins, hélas ! à quitter leurs villages pour émigrer à la ville où trop souvent,

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