‹ L'Amélioration légale de la Condition des Travailleurs agricolesChapitre 19 sur 91 · Jean Terrel, les Vigneronsdu Beaujolais · texte numérisé non relu

Jean Terrel, les Vigneronsdu Beaujolais

sexes. La femme, en effet, est employée aux champs parce qu'elle est moins payée que l'homme ; du moment que son travail revient aussi cher, on l’élimine.

Pour d’autres raisons, comme l'affirme Sering, « il est excessivement rare de voir les femmes américaines travailler à la terre; et si le fait se présente, on peut être sûr qu'ils’agit des femmes de fermiers immigrés (1). Faitauquel Kautsky donne pleine confirmation en expliquant qu'aux États-Unis 501.919 femmes seulement sont employées aux travaux rustiques, chiffre qui représente à peu près la ‘onzième partie de l'effectif total des cultivateurs (2).

En Allemagne, c'est le contraire. Me Hélène Simon comptait en 1910 que le nombre des femmes occupées aux champs était en augmentation de 1.845.832 depuis 1895, tandis que diminuait de 255.867 le nombre des hommes occupés dans les mêmes conditions. Chose d'autant plus

grave, dit-elle, qu’il s'agit en majorité de femmes mariées.

$S 2. — Inconvénients du travail féminin

IL est vrai que pour elles le travail de la terre équivaut à l'abandon matériel du foyer, du ménage. Il ne leur est guère possible de tenir leur intérieur dans un état suffisant d'ordre et de propreté en réservant aux besognes du dehors

le meilleur de leur temps. Le pussent-elles d’ailleurs par

r. Sering, Die landwvirtschaftliche Konkurrenz Nord-amerikas p-180. 2. Kautsky, la Politique agraire, Ces chiffres datent déjà de 1895.

un miracle d'énergie et de volonté, l'éducation de leurs enfants ne s'en ressentirait pas moins, comme le signale fort bien le rapport anglais de la Commission on the employment of women in agriculture.

Si donc nous songeons que la femme d'aujourd'hui est la mère de demain, nous ne pouvons moins faire que de trouver socialement regrettable son emploi à des travaux aussi pénibles que ceux de l’agriculture.

Sans doute le législeteur s’est déjà préoccupé, au moins superficiellement, de la question de la maternité à la campagne. La loi du 27 novembre 1909 a pris une très sage décision en édictant que la femme enceinte ne pourra pas perdre sa place du fait des huit semaines de repos qu’elle prendra avant et après son accouchement. Mais celte mesure n’est profitable qu'à la minorité des personnes du sexe féminin participant à la culture. Voilà sûrement pourquoi M. le professeur Chausse serait désireux qu'on prit de plus amples dispositions (1). Il voudrait l'interdiction absolue de tout travail pendant la période finale de la gestation et la période consécutive à l'accouchement; de plus, dit-il, grande serait la nécessité d’allouer des secours journaliers aux mères qui en ont besoin.

Ce langage esttout de raison, et malgré l'éternel obstacle, la question pécuniaire, il faudrait faire cesser le scandale que flétrissait M. Strauss, au mois de décembre 1907,

devant la Chambre des députés: « Alors; remarquait-il,

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