‹ L'Amélioration légale de la Condition des Travailleurs agricolesChapitre 24 sur 91 · DANS L'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

DANS L'AGRICULTURE

- $ 1. — Position de la question ; partisans et adversaires. $ 2. — Les obstacles au repos hebdomadaire en agriculture.

$ 3. — Examen critique et conclusion.

S 1. — Parthsans et adversaires

La question du repos hebdomadaire en agriculture n’est pas aussi neuve que celle de Ja limitation des heures de travail (1), Paul-Louis Courier, dans son incomparable Pétition pour les villageois que l'on empêche de danser, (1820) signale déjà qu’elle préoccupe certains esprits, inquiets de constater que les cultivateurs «travaillent six jours de la semaine sans relâche, et bonne part du septième».

| Mais comme bien on pense étant donnée l'époque, c'est

1. Le repos dominical était ordonné aux cullivateurs par le Concile d'Orléans (538), le synode de Chalon-sur-Saône (644), et le capitulaire de 827. Auclair, loc. cil., p. 227.

O6. 2 la seule considération religieuse qui dictait alors cette inquiétude. Aucun égard au côté individuel ou social du problème, Courier signale ce fait sans s’y ‘attarder : « Nos dévots, explique-t-il, voudraient que ce jour-là on ne fit rien que prier et dire ses heures ».

Lui aussi d’ailleurs souhaiterait « que ce jour-là toute besogne cessât», mais, fût-ce d’un mot, il ne donne pas la raison de ses désirs.

Aujourd'hni. on reprend cette question du repos hebdomadaire en faveur des ouvriers agricoles.

Elle compte bien entendu ses partisans et ses adver-

saires. Ses partisans : M. le professeur Souchon, dans une conférence qu’il faisait un jour au Musée social, disait ne pas croire que la législation sociale düt s’appliquer à l'agriculture, « sauf en ce qui concerne le ropos hebdomadaire (1) ». Ses adversaires: dans un article très documenté paru dans la Revue des questions pratique de législation ouvrière (2), M. le professeur Chausse affirmait tout dernièrement que « la revendication du repos hebdomadaire pour l’agriculture n'avait aucune chance d’être traduite en textes législatifs. »

Ces la première de ces deux opinions qu’adoptent les intéressés. M. Antoine Dumont, cet ouvrier agricole dont nous avons mentionné et mentionnerons plusieurs

fois l'opuscule, admet sans débats que «la réforme doit-

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