‹ L'Amélioration légale de la Condition des Travailleurs agricolesChapitre 50 sur 91 · Le Chômage, causes, conséquences, remèdes, 1910, p · texte numérisé non relu

Le Chômage, causes, conséquences, remèdes, 1910, p

morte-saison commence en France à partir du mois d’octobre, dans la République Argentine les récoltes de blé et de lin commencent dès les premiers jours de novembre, d’abord au nord, puis au centre, ensuile dans le sud. Plus tard vient la récolte du maïs. De cette façon l'ouvrier européen trouve un travail rémunérateur pendant toute la durée de l’hiver. Au printemps il peut être de retour en rapportant avec lui les économies réalisées, qui peuvent varier, tous frais déduits, de 300 à 500 francs par personne. »

Nul ne pourrait manquer de saisir l'intérêt qui s'attache aux propos et aux suggestions de M. Pavlovsky ; mais chacun reconnaïtra les difficultés de leur mise en pratique, et devinera l’effarement de nos ouvriers agricoles quand on les leur soumettra. Naviguer toute leur vie entre la France et l'Amérique! cela leur paraitrait une extravagance. Et de ‘fait le moyen n’est pas de ceux dont on peut vanter la simplicité.

Mieux vaudrait pour les patrons et les ouvriers se grouper en associations mixtes, les premiers s’engageant à employer les seconds dans des conditions déterminées. C'est ce qui se passe dans le Midi où, moyennant une diminution de 1 franc surde salaire normal,les employeurs associés doivent faire travailler successivement les ouvriers

affiliés à raison d’un par 10 hectares (1). Cette organisa-

1. Bouffet Communication au Musée social, 24 nov. 1910. Dans les premires jours de mai 1911, deux syndicats agricoles de l'Hérault prétendirent remédier d’une façon plus pittoresque du chômage de

tion, digne de toutes nos louanges, n’a pas eu seulement le mérite d’écarter des humbles foyers le fantôme du chomage : elle est encore parvenue à retenir aux champs la main-d'œuvre salariée, si bien que partout où elle existe on trouve des ouvriers en quantité suffisante.

- L'État serait donc bien inspiré en ne refusant pas à de telles organisations son appui financier. Il permettrait ainsi leur développement et contribuerait par suite à améliorer la situation de nombreuses familles ouvrières.

Mais faudrait-il qu'il allât plus loin et s’engageât à procurer du travail aux chômeurs de l’agriculture, comme l'Italie se propose de le faire, en les employant aux grands travaux publics? Nous ne le pensons pas. 1848, sur ce point, sera toujours pour nous la plus magistrale des leçons. Eviter le chômage, soit; mais pas en tentant de nouveau la triste expérience des ateliers nationaux ! Car ce serait eux, par le fait, qui renaitraient ainsi de leurs cendres. La seconde République n'avait pas fait autre chose que promettre du travail à qui en manquerait. Et on sait les résultats terribles de cet engagement. Point n’est donc utile de le renouveler. Mieux vaut consentir les subventions dont nous parlions tout à l'heure, et songer à lutter autant que possible contre le chômage par le moyen

de sérieuses institutions de placement.

leurs affiliés : ils leurs donnèrent l’ordre de travailler de force dans les domaines où on ne les employait pas. Il fallut requérir la gendarmerie pour les faire déguerpir des domaines dans lesquels ils s'étaient ainsi introduits.

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