‹ L'Amélioration légale de la Condition des Travailleurs agricolesChapitre 51 sur 91 · AE · texte numérisé non relu

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& 3. — Le placement

De nos jours, les modes de placement des ouvriers agricoles sont encore extrêmement rudimentaires. On n'a pas fait beaucoup de progrès depuis le temps de Paul- Louis Courier (Supra, p. 83). Qu’on ouvre certains journaux, on y verra qu’en plus d’un endroit la coutume persiste de louer les domestiques à jour fixe sur la place publique (1), véritables foires qui choquent nos esprits modernes.

Quant aux ouvriers agricoles, ou bien ils vont d’euxmêmes trouver l'employeur, ou bien c’est ce dernier qui les fait retenir, après s’être le plus souvent enquis à droite et à gauche des ouvriers qui cherchent un emploi. Incommodité pour les deux parties. Aussi les Hongrois ont-ils eu la bonne idée de créer en 1899 des médiateurs officiels qui, dans chaque commune, à l'exception de deux comitats, tiennent registre de tous les ouvriers en quête de patrons, et de tous les patrons en quête d'ouvriers. De cette institution, ou d’une institution similaire, le besoin se fait tellement sentir que la Socitété d'agriculture de France a pris l'initiative d’un Syndicat français de la main-

d'œuvre dont le but est de faciliter le placement des tra-

1. Dimanche prochain aura lieu à Sourcieux-sur-l’ Arbresle l’assemblée annuelle pour la louée des domestiques des deux sexes. L'assemblée aura lieu sur la place de l’église. Tel est l'avis que publiaient en juin 1910, et que doivent publier chaque année les journaux de la région lyonnaise. à +

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vailleurs (1). Nombreux aussi sont les membres des commices agricoles que ces derniers tâchent de placer ; des registres sont tenus à cet effet au siège des bureaux, et les intéressés viennent en prendre connaissance aux jours (111.

C'est de cette manière qu'agissent les ligues italiennes pour placer leurs affiliés, avec cette différence que les embauchages ont lieu d'office, sans que les ouvriers soient aucunement consultés (2).

Il serait souhaitable que, conformément à l’article 4

de la loi du 14 mars 1904 sur le placement des employés et ouvriers des deux sexes et de toutes professions, un registre füt tenu dans chaque mairie (3), sur lequel on inscrirait à la requête des intéressés les offres et les demandes de travail. Le moyen ne serait pas coûteux, il aurait cet avantage d’être simple et pratique (4). Pour plus de commodité même, les demandes de renseignements et d'inscription pourraient être envoyées par correspondance. De cette façon on créerait à bon compte ce que le Parle-

ment italien projetait le 28 novembre 14907 d'établir à

grands frais (5),et ce qu'ont institué sous des formes difté-

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