‹ L'Amélioration légale de la Condition des Travailleurs agricolesChapitre 84 sur 91 · HOUR · texte numérisé non relu

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deviennent de moins en moins nombreuses. Or cé n'est pas un leurre qu'il faut apporter à nos paysans, c'est une réalité. Quand on a fait opérer des versements annuels par de certaines personnes en leur promettant une retraite, c'est le moins qu'on leur permette d'en bénéficier tant soit peut avant leur mort (l) Il est choquant de prévoir que 87 0/0 des assurés mourront sans avoir jamais touché leur pension (2), et que celle-ci se trouvera réduite a un chiffre insignifiant sil en est demandé liquidation avant l'heure. Sur ces deux points le législateur se doit à luimême d'intervenir sans retard. Et le peu d'empressement avec lequel les bénéficaires de la loi remplissent leurs bulletins individuels (18 sur 30.000 à Limoges, 300 sur 20,000 à Rennes le 5 mai 1911, etc...) les brasiers qu'il ont fait parfois de dépit, montrent à quel point les assujettis partagent cette manière de voir.

b) [n'est pas moins stupéfiant de constater que la loi ne s'applique pas aux vieillards de plus de soixante-cinq ans.Il semblerait cependant bien qu'ils eussent plus besoin d’une pension que ceux dont l'âge est moindre. Nous entendons à merveille qu'il fallait une limite à la loi ; mais peut-être n'est-ce pas les vieillards qui auraient dû pâtr de cette regrettable nécessité. Car actuellement, on en

arrive à ce résultat fâcheux: une personne âgée de

r. C’est évidemment dans ce but que M. de Gailhard-Bancel aurait voulu autoriser les intéressés eux-mêmes à fixer l’âge de leur retraite Offictel du 10 novembre 1905.

2. Chiffre donné par Vermont, Réforme sociale du 16 février 1911.

soixante-quatre ans fait un seul versement de 9 francs et touche toute sa vie 102 francs sielleest du sexe masculin et si elle fait partie des assurés obligatoires ; 51 fr. 93 si elle est du sexe masculin et si elle fait partie des assurés facultalifs. Mais, née un an ou deux ans plus tôt, elle n'aurait pas le droit de verser à la retraite et ne reccvrait rien du tout, à moins d'êlre reconnue indigente!

€) On a critiqué aussi la limitation de la retraite éventuelle à qui occupe habituellement plus d'un ouvrier en . dehors des membres de sa, famille, alors que les salariés dont le salaire est compris entre 3.000 et 5.000 francs sont appelés au bénéfice d’une retraite facultative. Il est certain que ce reproche est fondé. Tel eultivateur qui emploie plus d’un ouvrier aurait autrement besoin d'une pension que tel propriétaire autonome qui n’en emploie qu'un ou mème pas du tout! Il serait donc juste et heureux que, conformément au vœu récemment émis par le Conseil général de l’Aïn, la loi de 1910 fût revisée et élargie sur ; ce point.

d) Une amélioration qui semblerait également très convenable consisterait à proportionner le versement au salaire. Demander 9 francs à qui gagne 1.500 francs par an et exiger cette même cotisation de qui n’en gagne que 200 ou 300, constitue une injustice flagrante. Mais le Parlement, saisi de cette objection, n'a pas cru devoir s’y arrèler, cerlain que cette réforme eût été la source d'intarissables difficultés. ù Donc, sans eutrer dans les menus détails de notre

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