‹ L'aménagement des forètsChapitre 2 sur 74 · PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA TROISIÈME ÉDITION

pas sans profit pour chacun des divers services auxquels ils appartiendraient. Toutefois, les agents forestiers, quoique plus versés qu'ils ne le sont aujourd'hui dans les matières agricoles, n'en manqueraient pas moins de ce sens pratique qu'elles réclament plus que toutes les autres, et qu'ils ne sauraient acquérir dans Texercice de leur métier. Gomment en serait-il autrement, puisque la préparation du sol, à laquelle les agriculteurs s'appliquent principalement, est ordinairement abandonnée par les forestiers aux soins de la nature?

Il n'y a donc pas de motifs, à mes yeux, pour introduire officiellement les agents forestiers dans le domaine propre de l'agriculture; maison pourrait, avec avantage, augmenter leurs attributions, en les investissant de l'autorité nécessaire pour assurer la conservation des pâturages communaux; en leur confiant la surveillance de la pêche ainsi que le repeuplement des petits cours d'eau; et en les chargeant, au moins dans les régions forestières, des travaux d'irrigation.

J'ai exposé dans le dernier chapitre de la présente édition mes idées à cet égard, idées dont l'application, qui me parait facile, ne rencontrerait vraisemblablement aucune opposition chez les fonctionnaires du service hydraulique, les seuls dont la sphère d'activité serait par là un peu diminuée.

Il est un autre point des plus essentiels sur lequel les desiderata, exprimés dans la deuxième édition de mon ouvrage, ont élé exaucés : c'est celui qui

AMÉNACElfENT DES FORÊTS.

touche AU traitement même des forêts et paiticulièrement à la conversion de nos taillis en futaies. Il y a doiize ans, je me plaifi^nais de ce que cette conversion n'était pas poussée assez vivement, et j'en avais conçu quelques craintes qui n'étaient que trop fondées, puisque, deux ans après l'apparition de mou livre, la direction générale des forêts, par deux circulaires fameuses, venait entraver la transformation en question. Or, ces circulaires ont été rapportée» à l'époque où M. de Mahy était ministre de Tagriculture et M. A. Lorentz directeur des forêts; et ce n'est pas là le moindre des bienfaits que la sylviculture française doit à ces deux hauts fonctionnaires, si regrettables à tous é^iards

Sur d'autres points encore, les réclamations dont je m'étais fait l'organe ont reçu, au moins en partie, satisfaction : ainsi, le droit d'expropriation accordé à l'administration des forêts, pour les travaux de restauration des montagnes, par la loi du 4 avril 4882; la réglementation des pâturages communaux et la mise à la charge de l'État des frais de sui*veillance des forêts communales, ordonnées par la même loi, ces difTérentes mesures, quoique l'efficacité des deux premières ait été fort affaiblie par les conditions auxquelles on les a soumises, n'en justifient pas moins la légitimité desdîles réclamations.

Enfin, si mes lecteurs avaient besoin d'un nouveau témoignage de l'heureuse influence que la discussion

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