Voir la note p.'gc làO
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n en est pas moins toujours critique, et il importe d'en retarder autant que possible le retour. Une futaie, dans laquelle elle ne se présentera qu'une fois tout au plus par siècle, sera donc préférable, à ce nouveau point de vue, à un taillis.
Enfln, c'est quand on les régénère, que les bois durs sont le plus exposés à être dépossédés par les bois blancs et les morts-bois. Dans les taillis, les dangers de cette dépossession sont beaucoup plus redoutables que dans les futaies ; non seulement par le motif que je viens d'indiquer, c'est-à-dire à cause de la fréquence plus grande des époques de régénération ; mais aussi parce que, quelque complet que soit un taillis, au moment qu'on y met la cognée, il présente de nombreux vides aussitôt après son exploitation.
Sous le rapport cultural, la méthode d'exploitation en taillis est donc mauvaise, et s'il n'y avait que les convenances cultu raies à consulter en sylviculture, il faudrait la rejeter sans hésitation, car, au lieu de favoriser l'action de la natuj'e, elle la contrarie ; mais cette méthode, est encore cependant, à force de soins coûteux, conciliable avec les strictes exigences' de la conservation des massifs, et si elle se recommandait par des motifs économiques, il pourrait être permis de l'adopter.
Dii taillis simple cl de la futaie au point de vue écoiiomi(|i:e.
Les considérations économiques applicables à l'exploitation des bois sont tirées, nous l'avons vu,
soit de la quantité des produits, soit de leur utilité, soit de leur valeur pécuniaire absolue, soit de leur valeur pécuniaire relative. *
Comme quantité, c'est une opinion traditionnelle que les taillis ne donnent pas ce que donnent les futaies. Toutefois, des expériences très concluantes manquent à cet égard. La reproduction par rejets modifie profondément les phases de la végétation : elle rend celle-ci beaucoup plus active dans la jeunesse, à ce point qu'un rejet de vingt ans, par exemple, toutes conditions égales d'ailleurs, est de moitié au moins plus volumineux qu'un brin du même âge. Une conséquence de ces modifications, c'est que l'époque du plus grand accroissement moyen se présente beaucoup plus tôt dans les taillis, que dans les futaies. Un taillis est-il susceptible d'un accroissement moyen plus considérable qu'une futaie placée dans les mêmes conditions de végétation ? — Telle est la question que l'on n'a pas résolue rigoureusement et qu'il faudrait résoudre, pour mettre un terme aux controverses qu'elle a soulevées.
Le maximum de la production, par hectare, constaté par la statistique officielle publiée en 1878, n'est, pour les taillis simples, que de 2"%70, tandis que pour les futaies feuillues, il dépasse 6 mètres cubes.
Comme utilité, la supériorité de la futaie ne se discute pas; nous avons vu, en effet, que, sauf de rares exceptions, l'utilité des bois est généralement proportionnelle aux dimensions qu'ils présentent, attendu que plus ces dimensions sont fortes, plus
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grand est le nombre des usages divers auxquels ils peuvent servir, et meilleure est leur qualité. Ajoutons que dans les futaies, les produits accessoires, tels par exemple que ceux qu'on retire du panage, de la glandée, du pâturage, sont plus nombreux et plus importants que dans les taillis.
Comme valeur absolue, le produit du taillis étant probablement moins considérable et certainement moins utile, doit nécessairement être beaucoup moins précieux que celui de la futaie.
Comme valeur relative, au contraire, le rapport entre le revenu et le capital superficiel étant d^autant moins grand, que la révolution est plus longue, il est évident que le taillis peut fournir un produit plus avantageux que la futaie, puisqu'il comporte une révolution beaucoup plus courte.
CoQclusioQ des deux paragraphes précédents.
Ainsi, parmi les considérations culturales et économiques que Ton doit interroger, quand il s'agit d'arrêter la méthode d exploitation applicable à une forêt, il n'y en a guère qu'une, celle de la rente, qui puisse faire préférer le taillis à la futaie.
Je vais examiner maintenant jusqu'à quel point la réserve, dans les taillis, d'un nombre plus ou moins grand de baliveaux, est de nature à modifier cette conclusion ; je vais examiner quelle est l'influence de ces baliveaux, tant sous le rapport cultural que sous le rapport économique :
Des réserves dans les taillis.
Pour tous ceux qui ne jugent des choses qu'au cabinet, le taillis sous futaie caractérise une méthode d'exploitation très avantageuse, parce qu'elle parait susceptible de se plier à toutes les convenances de l'exploitabililé. Si on recherche, par exemple, la rente la plus élevée, on la réalisera au moyen du sous-bois; tandis qu'on pourra, au moyen des futaies exploitables a des âges différents, rechercher et réaliser tantôt les produits les plus utiles, tantôt les plus considérables, élever ici des essences d'une grande longévité et, h côté, des espèces de courte durée. Voila ce que disent les gens superficiels ; mais ceux qui ont étudié les choses de près, ne sont pas du même avis, et voici ce qu'ils pensent des baliveaux sur taillis :
La première condition, la condition essentielle afin que les arbres forestiers se portent bien, c'est qu'ils soient en massif, surtout dans leur jeunesse. Dès qu'on isole ces arbres, on les place dans un état anormal dont ils souffrent beaucoup, k moins qu'on ne leur donne des soins particuliers et très coûteux. Mais si l'isolement est défavorable aux arbres, en principe général, et lorsqu'il est permanent, il leur devient bien plus dommageable encore lorsqu'il est intermittent. Isoler un arbre, c'est comme si on le transportait d'un climat dans un autre. En tout état de cause, ce changement ne peut être que nui-
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sible; il le sera d*autant plus qu'il s'effectuera à un âge moins avancé.
En fait, les baliveaux de Tâge qu'on réserve dans les taillis, privés subitement de Tappui de leurs semblables, sont souvent inhabiles à se maintenir contre le moindre vent. Ensuite, quand ces baliveaux sont, du pied à la tête, exposés à Tinfluence de la lumière, ils se couvrent de bourgeons, lesquels absorbent une partie de la sève au préjudice de la cime qui se dessèche en tout ou en partie. Enfin, leur écorce, qui jusqu'alors avait pris son développement à l'ombre, est d'une consistance lâche; mise brusquement à découvert, elle est facilement endommagée, soit par la gelée, soit par le soleil, ce qui occasionne ainsi des vices intérieurs, qui rendent les arbres plus ou moins impropres à une destination industrielle.
Les baliveaux sont-ils passés à Tétai de modernes^ pour les empêcher de trop se développer en branches et d'étouffer le taillis, il est nécessaire de les tailler, de les élaguer, et Ton sait combien cela est nuisible au chêne.
Voilà pour ce qui regarde les baliveaux euxmêmes. Pour ce qui est de leur influence sur le taillis, le raisonnement et l'expérience prouvent qu'elle est très fâcheuse.
Buffon a observé que la gelée faisait beaucoup de tort aux taillis surmontés de nombreuses réserves. Il a constaté que, toutes circonstances égales d'ailleurs, un taillis privé de réserves en avait distancé un autre qui ne Tétait pas, de cinq ans sur douze,
par suite de la gelée qui avait endommagé ce dernier.
Un fait plus facile à expliquer, c'est qu'en entravant TefTet de la lumière, les baliveaux, quand ils sont trop nombreux ou trop gros, nuisent nécessairement au développement du taillis ; le vide se fait donc peu à peu autour de leur tronc, et quand on les abat, ils occasionnent de grands vides qu'il faut repeupler artiOciellemenl.
On pourrait croire que par les semences qu'ils fournissent, les baliveaux contribuent au moins à la régénération du taillis. Il n'en est rien, et cela se comprend: les jeunes plants produits par leurs semences, exposés à toutes les intempéries, s'ils naissent au moment de l'exploitation, perdus dans l'obscurité dans le cas contraire, sont exposés à mourir soit par l'excès, soit par l'insuffisance de la lumière. C'est à cette dernière cause qu'il faut attribuer la disparition du chêne dans nos taillis sous futaie, disparition constatée dans tous les pays sans exception.
D'après ce que nous venons de voir de l'influence des réserves sous le rapport cultural, il est permis d'affirmer qu'il ne peut pas y avoir une grande différence entre le rendement des taillis composés et celui des taillis simples, lorsqu'on ne considère que la quantité de matière produite annuellement; mais les taillis composés fournissent sans contredit des produits plus utiles^et par conséquent plus précieux, que les taillis simples, et, sous ce rapport, ils olîrent un avantage, ils ont un mérite qui n'est point à dédaigner. On estime que dans un taillis soumis au bali-
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vage normal, la futaie entre environ pour un tiers ou un quart, dans le produit total de l'exploitation, et que la moitié de cette futaie est propre à l'industrie. Ces chiffres, que je crois plutôt au-dessus qu'au-dessous de la vérité, montrent en même temps que Tintroduction des réserves dans les taillis, est bien loin de racheter le désavantage que j'ai essayé de mettre en évidence, lorsque j'ai comparé cette méthode d'exploitation à celle de la futaie ; car, dans une futaie bien conduite, la part du produit afférente au bois d'œuvre, peut s'élever aux trois quarts et quelquefois aux quatre cinquièmes*
ARTICLE II
DE i/bXPLOITABILITÉ DANS LES TAILLIS SIMPLES
La recherche de l'âge d'exploitabilité dans les taillis simples, ne présente pas d'insurmontables difficultés, bien que Ton manque en France, de tables d'accroissement. Il n'est pas impossible de trouver, à proximité de la forêt que l'on aménage et dans des conditions assez semblables de végétation, des massifs suffisamment complets de bois d'âges divers, et de se procurer, par des places d'essai, les éléments d'appréciation dont on a besoin, pour déterminer l'âge d'exploitabilité, suivant la nature des produits que Ton veut se procurer.
En remplissant le tableau ci-contre, on aura sous les yeux les diverses données que réclame la résolution du problème.
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