‹ L'aménagement des forètsChapitre 25 sur 74 · PS U · texte numérisé non relu

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Les expériences à faire pour la formation de ce tableau, ne sont d'ailleurs nécessaires, en général, que lorsqu'on veut déterminer Tâge d'exploitabilité correspondant, soit aux produits les plus utiles, soit à la rente la plus élevée. Quand on a pour but de retirer d'un taillis les produits les plus considérables, il faut pousser sa révolution aussi loin que possible. En effet, il parait hors de" doute que l'époque du plus grand accroissement moyen pour des rejets, ne se présente que longtemps après que les souches ont perdu leur faculté reproductive, à moins que les souches ne soient usées et le sol dégradé. Le terme de l'exploitabilité, dans ce cas, est donc fixé par une circonstance physiologique.

ARTICLE m

DR l'exploitabilité DANS LES FUTAIKS

Nous avons déjà vu que les exigences de la régénération imposaient aux recherches sur T exploitabilité, quelle qu'elle fût d'ailleurs, de certaines limites. En deçà de l'âge auquel les arbres portent des semences fertiles, il n'y a pas d'exploitabilité possible, à moins qu'on ne soit disposé à recourir, pour la régénération, aux repeuplements artificiels. Mais depuis l'âge où ils portent des semences, jusqu'au terme de leur existence, il y a un long temps à courir; et, pour trouver dans ce laps de temps le point précis qui correspond à une exploitabilité donnée.

il faudrait des expériences qui, malheureusement, ne sont guère possibles dans Té ta t actuel des choses.

L'âge d'exploitabilité se détermine donc, dans les futaies, par des considérations plus ou moins vagues, basées principalement sur la longévité des essences et sur la tradition.

En thèse générale, toutes les fois que l'on veut appliquer l'exploitabililé absolue, ou Texploitabilité relative aux produits les plus utiles et au revenu le plus grand, on pousse les révolutions aussi loin que possible eu égard à la longévité des espèces. Lorsque, au contraire, on veut se procurer la rente la plus élevée, on avance ordinairement le terme de ces révolutions autant que le permettent les exigences de la régénération.

Les raisons qui justifient cette manière d'opérer sont les suivantes :

10 Toutes les expériences faites sur des arbres isolés, et elles sont nombreuses, prouvent que le plus grand accroissement moyen de la plupart de ces arbres, ne se réalise qu'alun âge très avancé, lorsque déjà ils commencent à être altérés dans le cœur, et qu'ils ont perdu une partie de leurs qualités industrielles. Pour ce qui concerne ces arbres envisagés individuellement, on peut donc regarder comme certain, qu'en les coupant au moment où ils entrent en retour, on gagne plus, pour la qualité et la valeur^ qu'on ne perd, pour le volume,

11 est vrai que, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer, ce n'est pas par des expériences individuelles que l'on doit essayer de déterminer les phases de

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raccroissemenl d'un massif, mais par des expériences qui embrassent elles-mêmes des massifs. En opérant ainsi, ce qui, nous Tavons vu, est difficile, on trouve que Tépoque du plus grand accroissement moyen se présente avant celle du dépérissement. Ce fait, qui pourrait paraître au premier abord anormal, et qui est dû à la quantité, souvent considérable, de bois que les nettoiements et les éclaircies enlèvent à Taccroissement, ne saurait être admis sans explication.

Les nettoiements et les éclaircies ont pour but principal de favoriser l'accroissement; on peut dès lors supposer que si, au moment où on les pratique, ces opérations enlèvent des éléments à Taccroissement futur, elles rendent d'autant plus puissants ceux qu'elles respectent; et que, en conséquence, si on les opérait chaque année, chaque mois, chaque jour, le volume de bois qu'elles emporteraient, serait moindre que celui dont elles provoqueraient l'accroissement. Comment se fait-il donc que ces opérations aient cependant pour effet, non seulement de modifier le rapport entre Taccroissement futur et l'accroissement passé, mais encore d'avancer l'époque du plus grand accroissement moyen? — C'est parce que, lorsque les massifs sont arrivés à un âge avancé, on ne se borne pas à en extraire tous les sujets nuisibles à leur développement; on enlève aussi ceux qui pourraient contrarier l'amélioration de la qualité du bois; en sorte qu'il arrive un moment où la quantité de bois tombant dans l'éclaircie, est plus grande que celle qu'on peut espérer de l'accroisse-

AXÉ^fAOBMBNT DES FORÊTS, 10

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ment ullérieur. On comprend fort bien alors, que les éclaircies aient pour résultat de hâter le terme de l'exploitabilité absolue. Dans tous les cas, cette influence sur le rapprochement de Tépoque du plus grand accroissement moyen, ne saurait modifier sensiblement la loi naturelle, qui veut que Tapogée de l'accroissement ne soit atteint généralement, que lorsque les bois ont déjà éprouvé un commencement de dépérissement. C'est donc, en définitive, l'état de santé des arbres qu'il faut surtout consulter, eld^après lequel on doit se guider, quand il s'agit de fixer l'exploitabilité d'une forêt, dont on veut retirer les produits les plus considérables ; et il en est de même, presque toujours, lorsqu'on recherche les produits les plus utiles; car, sauf des exceptions peu nombreuses, l'utilité, on se le rappelle, est proportionnelle aux dimensions.

La détermination de l'âge correspondant à l'exploitabilité relative aux produits les plus considérâbles ou les plus utiles, dans les futaies comme dans les taillis, repose, on le voit, sur la constatation d'un fait physiologique; constatation toujours possible, quoique cependant elle ne soit pas susceptible d'une précision parfaite.

Quant à l'exploitabilité relative à la rente la plus élevée, le raisonnement a montré que l'accroissement des capitaux pécuniaires suit une marche progressive telle, qu'il y a presque toujours avantage à raccourcir, autant que le permettent les exigences culturaies, la révolution des massifs dont on veut retirer la plus forte rente. Le plus souvent, l'époque de

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celte exploitabililé sera donc fixée par Tâge auquel les bois peuvent se régénérer naturellement par les semences. Néanmoins, il sera utile, toutes les fois qu'un doute s'élèvera sur ce point, par suite de la valeur extraordinaire des bois de certaines dimensions, de procéder à des expériences, afin de s'assurer que celte valeur n'est pas de nature à reculer le terme de Texploitabililé ; et ces expériences sont suffisamment indiquées par le tableau ci-contre qui, bien exactement rempli, renfermera tous les éléments nécessaires, pour qu'on soit à même de déterminer l'âge correspondant à une quelconque des exploitabilités applicables à un massif.

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