‹ L'aménagement des forètsChapitre 26 sur 74 · JI · texte numérisé non relu

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DE L'EXPLOITABILrrÉ. i4d

ARTICLE IV

DE L'BXPLOITABILITé DANS LES TAILLIS COMPOSÉS

L'âge d'exploilabilité, dans les taillis composés, ne saurait être délerminé exactement que pour le sous-bois ; et il se fixe d'après les considérations et les procédés applicables au taillis simple, sauf les modifications imposées par les conditions culturales dans lesquelles ce sous-bois est placé.

Aux inconvénients qu'entraînent, dans les taillis simples, les courtes révolutions, viennent s'ajouter, dans les taillis composés, les difficultés qui en résultent pour un balivage satisfaisant. Comme le fait observer M. Parade, dans son Cours de Culture^ il n'est guère possible d'obtenir des futaies de bonne qualité et d'un fût élevé, dans des taillis composés soumis à de trop courtes révolutions.

D'un autre côté, il est prouvé que les sujets qui croissent sous le couvert, perdent plus tôt que les autres la faculté de rejeter par la souche.

Ainsi, il y a dans les taillis composés deux circonstances culturales particulières qui peuvent : Tune, faire prolonger la révolution du sous-bois ; l'autre, la faire raccourcir. La nature des essences, l'étal du climat, la qualité du sol, montreront celle de ces deux circonstances à laquelle appartient la préponrance.

Quant aux réserves, on en multipliera naturellement plus ou moins le nombre et les classes, selon

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Tespèce de produits qu'on voudra en retirer; mais de quelque manière qu'on s'y prenne, on ne parviendra jamais à leur appliquer un règlement d'exploitation rationnel, au point de vue économique; puisque leur destination, en tout état de cause, est d'être exploitées à des âges différents qui ne sauraient être avantageux au même degré *.

Le taillis composé, peu recommandable sous le rapport cultural, l'est peut-être moins encore sous le rapport économique.

Je terminerai ce que j'ai à dire surl'exploitabilité, parla récapitulation des rfe^^V/^rate qui se rapportent îi cette grande question.

ARTICLE V

DES MESURK3 A PRENDRE POUR ASSURER LA DÉTERMINATION DE l'aOB D*BXPLOrrABILlTÉ

Nous avons reconnu que le manque d'expériences sur Taccroissement et les propriétés physiques des bois, rendait fort difficile, du moins dans les futaies, la détermination de l'âge d'exploitabilité.

En effet, dans l'état actuel des choses, on est obligé de recourir, pour se faire une opinion sur le rendement futur d'une futaie dans un temps donné : soit à des expériences individuelles qui sont bien insuffisantes, quand il s'agit de l'exploitabilité absolue, qui ne peuvent être concluantes tout au

1. Consulter, sur Texploitabilité des taillis eomposés, le Cours d'amé' nagements de M. Nanquette, p. 65 et suivantes. Ou y trouvera d'excellents conseils. (Note de la 2« édition.)

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plus que pour l'exploitabilité relative aux produits les plus utiles; soit à des cubages de massifs choisis dans la forêt même que Ton aménage, et s'éloignant plus ou moins de Tétat régulier ou normal, en sup* posant qu'elles végètent dans les mêmes conditions. Ces expériences n'aboutissent qu'à des résultats très douteux. Il faudrait donc commencer, en France, et les commissions d'aménagement seraient pour cela d'un grand secours, des expériences sur l'accroissement et l'utilité des bois, d'après une méthode bien définie. On ne saurait assurément avoir la prétention de constater la marche de l'accroissement, en quantité et en qualité, de chaque essence, suivant les mille conditions particulières, exceptionnelles, où elle pourrait se trouver. Parmi ces conditions, on devrait ne choisir que les plus tranchées, les plus caractérisées, eu égard au climat, à Texposition, au sol. Je place le sol en dernière ligne, parce qu'il est établi que le maintien du couvert et Tamendement qui en résulte, tendent à effacer les différences de fertilité, que semblerait impliquer la diversité de ses éléments constituants et primordiaux. Quelle que soit au contraire l'action découvert, on n'arrivera jamais à obtenir dans un climat sec et froid, une production aussi rapide, que dans un climat chaud et humide. On ne fera jamais que, sous le même climat, la croissance ne soit pas plus rapide à l'exposition du nord, parce que l'humidité y abonde, qu'à celle du midi, parce que la chaleur y est trop intense par rapport à l'humidité. Si l'on avait, en France, suivant la latitude, l'alti-

tude, Texposîtion, la nature géologique et mioéralogique du sol, pour chaque essence principale, des résultats d'expériences indiquant, par périodes de 20 et même de 10 ans, Taccroissement possible de cette essence en quantité et en qualité, on pourrait asseoir les plans d'exploitation sinon sur des certitudes, car la matière ne les comporte pas^ du moins sur de suffisantes probabilités.

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