‹ L'aménagement des forètsChapitre 43 sur 74 · Voir les Annales forestières du mois de décembre · texte numérisé non relu

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des futaies, le règlement, par contenance, des coupes principales annuelles. Je me bornerai à faire observer ici que Tcxpédient inventé pour démontrer le contraire, serait de nature, lors même qu'il ne s'appuierait pas sur une hypothèse inadmissible, à enlever à ce règlement son principal mérite.

On ne saurait fixer pour un peuplement quelconque, le nombre d'arbres qu'il sera nécessaire ou utile de faire tomber dans chacune des coupes de régénération; et, pour s'en convaincre, il n'est pas nécessaire de recourir à des preuves fournies par la variabilité des conditions dans lesquelles peut se trouver un massif, et parles accidents imprévus auxquels la végétation est exposée. Il suffit de considérer qu'en réalité, si l'on en excepte la coupe définitive, les coupes de régénération, quelque faible que soit leur étendue, ont bien rarement un caractère tranché qui permette de les classer, soit dans la catégorie des coupes d'ensemencement, soit dans la catégorie des coupes claires. Elles participent presque toujours des deux : les unes ne sont que la continuation des autres, et on poursuit une chimère, quand on veut délimiter chacune de ces coupes, en préciser l'assiette et par conséquence la contenance.

Mais admettons l'hypothèse.

Je dis qu'en adoptant la contenance, pour exprimer, dans les futaies, la quotité de la coupe principale annuelle, on ne réaliserait aucun des avantages qui rendent si recommandable, pour les taillis, cette manière de fixer la possibilité.

Ces avantages consistent» on le sait, dans la régu-

larilé, la simplicité, la promptilude, la sûreté des opérations.

La régularité : il faudrait y renoncer, puisque l'assiette des coupes ne suivrait plus aucune marche certaine.

La simplicité : on ne pourrait point Tobtenir, puisque Tétendue à donner aux coupes annuelles, devrait changer suivant la nature même de ces coupes, et qu'il serait nécessaire, sans parler de la difficulté de fixer la ligne précise de démarcation entre deux coupes diflférentes, de procéder à des arpentages multipliés.

La promptitude et la sûreté : il est aisé de prévoir ce qu'elles deviendraient en présence des incertitudes, des tâtonnements, des difficultés d'appréciation et des travciux géodésiques, que je viens de signaler.

Il faut donc absolument trouver une autre base que la contenance pour régler les exploitations annuelles, dans une futaie exploitée par la méthode du réensemencement naturel. Cherchons-la.

Si la forêt dans laquelle nous avons à faire cette découverte, forêt exploitable dans une révolution de 100 ans, se composait de 100 peuplements ne différant que par l'âge, occupant d'ailleurs d'égales contenances, composés des mêmes essences, végétant dans les mêmes conditions; si l'on pouvait ajouter au matériel existant celui que chaque peuplement acquerrait, en restant sur pied jusqu'à ce qu'il eût atteint l'âge d'exploitabilité, n'est-il pas vrai qu'en divisant par 100 le volume total fourni par cette

addition, on aurait pour quotient la quantité de bois dont la forêt s'accroîtrait annuellement, et, par conséquent, celle qu'on pourrait prendre chaque année et perpétuellement, sans altérer sa puissance productive, en ayant soin toutefois de ne jamais abattre que les arbres les plus vieux ?

L'affirmative est évidente.

On conçoit donc que le volume puisse servir de mesure pour les exploitations annuelles, et que, au lieu d'exprimer hi possibilité en hectares, on puisse l'exprimer en mètres cubes.

C'est, en effet, exclusivement sur cette base du volume qu'ont été fondés les premiers aménagements de futaies, lorsque l'ancienne et vicieuse méthode à tire et aire a été abandonnée.

Après avoir divisé la révolution en un certain nombre de périodes égales, mais arbitraires; après avoir classé les parcelles dans ces périodes, d'après les convenances de leur âge ; après avoir déterminé ainsi des afTeclations, qui n'avaient d'ailleurs aucun rapport avec celles dont j'ai exposé et justifié l'établissement, puisqu'elles ne devaient avoir aucune influence sur la détermination de la possibilité ; après avoir fait tout cela, on procédait à la recherche du matériel exploitable dans tout le cours de la révolution, et, à cet effet, après avoir déterminé par des comptages individuels ou des places d'essai, le volume actuel de chaque parcelle, on calculait par les moyens, plus ou moins sûrs, qu'indique la dendromélrie, le volume de son accroissement futur; mais comme on ne pouvait indiquer d'avance^ d'une

manière certaine, Tannée mêmederexploitalion, on établissait les calculs comme si toutes les parcelles comprises dans une affectation, étaient destinées à être exploitées au milieu de la période correspondante.

Le volume total exploitable dans le cours de la révolution, étant ainsi établi, il fallait voir s'il se partageait, par portions égales, entre les diverses périodes : dans Taffirmative, il n'y avait aucun changement à y apporter, et, en le divisant par le nombre d'années de la révolution, on obtenait le chiffre de la possibilité. Dans la négative, on procédait à Tégalisation des produits périodiques par des transpositions faites conformément aux règles connues, et en tenant compte surtout de l'accroissement ou de la diminution des produits transportés d'une période dans une autre, attendu qu'ils devaient nécessairement augmenter de tout l'accroissement que prennent les bois dont l'exploitation est retardée, ou diminuer, de celui qu'ils ne peuvent prendre, lorsque leur exploitation est avancée.

Quand on avait effectué de cette manière l'égalisation des produits périodiques, et arrêté en conséquence le volume exploitable dans le cours de la révolution, on obtenait le chiffre de la possibilité annuelle, en divisant ce volume, comme on vient de le dire ci-dessus, par le nombre des années comprises dans la révolution.

Tel est en quelques mots, mais dans son objet principal et caractéristique, le système qui a été le premier mis en vigueur, lorsque les exploitations

principales, par contenance, ayant été reconnue» inadmissibles dans les futaies, on a cherché à y substituer celles par volume.

Mes lecteurs n'ont certainement pas besoin que je leur signale les vices de ce système, car les observations que j'aurais à faire à cet égard, seraient la reproduction textuelle de celles que j'ai développées, à l'occasion des divers procédés mis en usage pour assurer le rapport soutenu, soit par année, dans les taillis, soit, par période, dans les futaies. J'ai surabondamment démontré que celui de ces procédés, qui est basé sur la production efTeclive des parcelles, n'^avait aucune valeur pratique, à cause des incertitudes inhérentes au calcul de l'accroissement futur, pour les massifs éloignés de l'époque de leur exploitation, et des erreurs monstrueuses dans lesquelles on est exposé à tomber en entreprenant un semblable travail. J'ai surabondamment démontré que Téquivalence des contenances, établie d'après les circonstances permanentes qui influent sur la végétation forestière, offrait la plus sûre garantie de l'égalité des productions normales des peuplements parvenus à l'âge d'exploitabilité; et que c'était en vertu de ce principe, que, ne pouvant pas, par des raisons culturales, régler par contenance, les coupes principales à faire, chaque année, dans une futaie^ les auteurs du Cours de Culture avaient proposé de régler au moins, de cette façon, les coupes à faire dans une certaine période de la révolution.

L'engouement pour la possibilité par volume^ calculée pour toute la durée de la révolution, a pour-

tant été général à un certain moment, et tous les agents forestiers n'en sonl peut-être pas encore dégagés. C'est malheureux; car, quelle que soit l'habileté de l'opérateur, quelques soins qu'il prenne pour assurer le succès de ses travaux, il ne peut aboutir qu'à des déceptions. L'aménagement de la forêt de Ribeauvillé, exécuté en 1835 par les élèves de l'École forestière, sous la direction du regrettable M. de Salomon, un de nos praticiens les plus exercés, l'a bien prouvé : les comptages et calculs, effectués dans cette circonstance, donnèrent des résultats qui ne furent pas justifiés par l'expérience.

Mais si la supputation de Impossibilité par volume, pour toute la durée de la révolution, est bien chanceuse, lors même qu'on y procède d'après toutes les règles et avec toutes les précautions qu'enseigne la dendrométrie, il est aisé de comprendre qu'elle devient la plus inutile et, disons le mot, la plus absurde des opérations, lorsqu'on néglige, comme on l'a fait trop souvent, ces règles et ces précautions. Il n'y a pas de méthode d'aménagement qui dispense, par exemple, de l'établissement d'un plan d'exploitation, c'est-à-dire de l'obligation de déterminer, aussi étroitement que possible, l'assiette et l'époque des coupes. Pour calculer dans la méthode, exclusivement basée sur le volume, l'accroissement futur, il faut évidemment être fixé préalablement sur l'âge auquel une parcelle quelconque arrivera en tour d'exploitation ; il faut un règlement de coupes, un tableau des affectations. C'est là cependant ce dont

beaucoup de personnes ne paraissent pas se douter. Il fut un temps, et il n'est pas éloigné de nous, où presque de toutes parts, les agents forestiers se livraient à des dénombrements, à des cubages et à des appréciations de volumes futurs, sans réfléchir que ces travaux ne pouvaient amener rien de bon, dès qu'ils n'étaient pas fondés sur un parcellaire et sur un plan d'exploitation \

Pour mettre un terme à ces errements, il serait à désirer qu'en attendant qu'elle pût publier une instruction sur les aménagements, Tadminislration défendit expressément de procéder à aucun inventaire sans son autorisation.

Reprenons la question du règlement des exploitations annuelles.

Les combinaisons difficiles, longues et compliquées, auxquelles on a eu recours, au début, dans l'aménagement des futaies, lorsqu'on a renoncé aux exploitations faites exclusivement par contenance, d'après la méthode à tire et aire, n'étaient donc pas propresuà remédier aux inconvénients de cette méthode; car si elles en supprimaient quelques-uns, elles en provoquaient d'autres non moins graves; et l'on peut dire que si, en théorie pure, elles apportaient un progrès réel à la science, en pratique elles n'en réalisaient aucun. C'était un progrès réel que de substituer la possibilité par volume à celle par contenance, puisque celle-ci était inconciliable avec

1. Ces fautes sont rares aujourd'hui eu France (excepté quand il s^agit de déterminer la possibilité dans les forêts jardinées}, je m'empresse 4e [le reconnaître.

les exigences de la régénéralion; mais on compromellait ce progrès, en prétendant pousser l'application du principe qui le caractérise, au delà des bornes posées par la nature aux prévisions humaines.

Qu'y avait-il donc à faire, pour retirer de l'adoption de la possibilité, par volume, les avantages qu'elle offre, sans s'exposer aux inconvénients qu'elle pouvait entraîner?

Il y avait à ne l'appliquer que dans les limites d'une absolue nécessité.

Ainsi, il n'est pas nécessaire, les affectations étant formées de manière à assurer l'égalité des produits périodiques, d'établir une règle pour les exploitalions principales annuelles, h faire dans les quatre dernières périodes; mais il est absolument nécessaire d'en établir une pour les exploitations à faire dans la première.

Ramené à ces termes, le règlement des coupes annuelles ne souffre plus aucune difficulté, aucune complication, aucune incertitude.

On évalue le matériel exploitable durant la période ;

On ajoute à ce matériel le volume dont il pourrait s'accroître, dans un temps égal à la moitié de la période ;

On divise le total par le nombre d'années de cette période, pour avoir la quotité des exploitations annuelles.

Le seul point qui, dans ces calculs, puisse exposer à des erreurs, est l'accroissement futur ; mais comme il s'agit de bois parvenus à la phase stationnaire

sinon descendante de la végétation, que leur accroissement ne s'évalue, d'un autre côté, que pour un petit nombre d'années, on peut affirmer qu'on ne saurait commettre une erreur sensible, en prenant pour mesurer cet accroissement, soit Taccroissement moyen des dix dernières années, soit Taccroissement moyen de toutes les années qui forment Tâge moyen des massifs ^ Je n'insisterai pas sur ce point qui est du domaine de la dendrométrie; je ne m'arrêlerai pas non plus aux procédés de cubage à employer, pour déterminer le volume des bois sur pied. Je me bornerai à recommander de déterminer ce volume en mètres cubes en grume, non seulement pour la tige, mais pour les branches, sauf à le décomposer ensuite en marchandises, d'après les habitudes du commerce.

Toutes les possibilités devraient être exprimées de la même façon, par la même mesure, le mètre cube en grume, qui est la seule précise ; et c'est une chose bien fâcheuse, qui occasionne beaucoup d'erreurs et, dans tous les cas, met du désordre dans la comptabilité forestière, que ce défaut d'unité qui existe encore dans la manière d'énoncer ces possibilités. Tel agent, en se servant du mètre cube, entend parler du mètre cube équarri au cinquième,

i. En géDéral, on néglige tout i fait raccroissemcnt dans le calcul de la possibilité^ et je crois que l'on a raison quand les périodes sont courtes, mais quand elles sont longues, quand elles dépassent 30 ans, par exemple, il est inadmissible que Ton ne tienne pas compte de Taccroissemcnt futur pendant toute leur durée. Aussi, convient-il, alors, de procéder à de fréquentes revisions de possibilité , aQn de réduire au laps de temps qui s^écoulera entre deux revisions successives, celui pendant lequel l'accroissement sera laissé de côté. (Note de la 3« édition.)

tel autre du mètre cube équarri au quart , tel autre encore du mètre cube en grume. Les uns ca,icu\eni la, possibilité en mètres cubes, en stères et en fagots, les autres en stères seulement et en bourrées, etc., etc. Il ne serait pas moins raisonnable de la calculer en planches, en échalas, en merrains. Je le répète, il n'y a qu'une bonne mesure à employer : c'est le mètre cube en grume.

Coupes (T amélioration. — Les nettoiements et les éclaircies sont des opérations dont le produit immédiat est tout à fait secondaire, et dont Tamélioration des massifs est l'objet essentiel. Les principes rigoureux voudraient qu'elles fussent exclusivement subordonnées aux exigences de la végétation, et, qu'en conséquence, on ne les soumit à aucune préfixion de temps, de contenance ou de volume; mais cet affranchissement complet de toute sujétion ne pourrait guère se concilier, avec la régularité qu'il importe d'imprimer à de vastes exploitations, dont les gérants se renouvellent fréquemment.

Qu'un petit propriétaire ne s'impose d'avance aucune règle, pour les nettoiements et les éclaircies à faire dans sa forêt, on le comprend et on l'approuve, parce que son œil est ouvert, ou peut l'être, sur tous les points où de pareilles améliorations seraient appelées par l'état du peuplement; mais dans les forêts domaniales, si les éclaircies n'étaient l'objet d'aucune prescription, on négligerait souvent de les entreprendre, faute par les chefs de cantonnement d'en connaître l'urgence.

Il est donc utile que les coupes de l'espèce soient

prévues et prescrites, et, par suite, soumises à un règlement ; et il ne reste plus qu'à chercher celui qui s'accorde le mieux avec les conditions auxquelles elles doivent satisfaire.

Ce règlement ne saurait être basé sur le volume : en effet, pour fixer ce volume, toute base d'appréciation manque absolument . Étant donné un massif à nettoyer ou à éclaircir dans une certaine période de temps, il n'existe aucun moyen desavoir ce que produiront ces opérations ; et il serait d'un autre côté très dangereux d'imposer à ce sujet un chiffre quelconque aux agents locaux; car ce serait détourner leur esprit du but essentiel elles exposer à sacrifier, dans l'intérêt d'un produit immédiat, dont ils ne doivent pas du tout se préoccuper, l'intérêt de la conservation et de l'amélioration des peuplements.

Un règlement, basé sur rétendue, n'offre pas les mêmes dangers l'sans doute, il arrivera que la contenance de la coupe sera tantôt moins grande, tantôt plus grande qu'il ne faudrait rigoureusement, parce qu'il n'est pas admissible, quelle que soit la régularité d'un peuplement, qu'il ait besoin, chaque année, d'être éclairci ou nettoyé par portions égales; mais, pour les éclaircies notamment, ce n'est pas une, ni même plusieurs années de retard, qui peuvent compromettre sérieusement l'avenir d'un massif, l/essentiel est que, dans la contenance désignée pour être éclaircie, les agents aient la faculté de ne prendre que ce qu'ils jugeront convenable.

Ces principes n'ont pas toujours été pratiqués : dans l'application de la méthode d'après laquelle on

calculait la possibilité, par volume el pour toute la durée de la révolution, le produit des éclaircies périodiques entrait dans cette possibilité, ce qui ne constituait pas la moindre cause des complications et des incertitudes de l'opération; car s'il est difficile de calculer Taccroissemenl futur des bois, lorsqu'ils sont éloignés de l'âge d'exploitabilité, il ne l'est pas moins d'apprécier les produits des éclaircies successives qu'ils auront à subir.

Toutefois, on comprend, au moins en théorie, que les forestiers qui n'avaient pas reculé devant les calculs d'accroissement pour les jeunes bois, aient osé aborder aussi l'évaluation du produit probable des éclaircies ; mais ce que Ton ne comprend pas, et ce qui est pourtant, c'est que des agents, qui avaient repoussé la possibilité par volume, pour les coupes principales à faire dans le cours de la révolution, aient cru devoir adopter, pour les éclaircies, cette même possibilité. On a vu des projets dans lesquels loutes les éclaircies, quel que fût l'âge des bois, reposaient sur la possibilité par volume. On en a vu surtout beaucoup où les éclaircies de l'affectation correspondante à la deuxième période, étaient réglées d'après cette base. On se décide évidemment avec peine à laisser dans l'incertitude, dans l'obscurité, le produit matériel, souvent considérable, des opérations de l'espèce; et pourtant c'est un sacrifice nécessaire, si l'on veut mettre chaque chose à sa place et subordonner l'accessoire au principal.

En conséquence, il convient de régler, par contenance, les coupes d'amélioration dans les futaies.

Si donc les périodes sont de 20 ans, et s'il y a lieu de ne nettoyer ou de n'éclaircir le peuplement qu'une fois dans ce laps de temps, chaque affectation serait partagée en 20 parties égales, pour être nettoyées ou éclaircies successivement dans chaque période, hormis celle dans laquelle elles devront êlre régénérées. S'il était utile de répéter les coupes plus souvent, tous les 10 ans, par exemple,' chaque affectation serait partagée en 10 parties, pour être nettoyées ou éclaircies successivement, deux fois dans chaque période (hormis celle dans laquelle elles devraient être régénérées), et une fois dans cette dernière.

On pourrait adopter un autre ordre et ne faire, par exemple, qu'une série de coupes d'amélioration, de sorte qu'au lieu d'être partagée ^n 10 ou 20 coupes, chaque affectation ne le serait qu'en 2,5 ou en 5, ce qui simplifierait le service ; mais avec cette combinaison, les produits intermédiaires ne sont pas soutenus, attendu que les éclaircies rendent plus dans les massifs de 80 ans que dans ceux de 20: et, d'un autre côté, la surveillance générale de la forêt est moins garantie, les exploitations étant concentrées sur un plus petit nombre de points.

D'après les indications qui précèdent, pour former le règlement des exploitations annuelles dans le cours de la 1" période, nous n'aurons qu'à supprimer, dans le règlement d'exploitation par période, les colonnes relatives aux 2% 3% 4"* et 5' périodes, et à substituer dans celles de la 1", aux contenances des parcelles à exploiter en coupes principales, les volumes desdites parcelles; puis, en totalisant les

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chiffres des colonnes de cette 1" période, et en divisant chaque total par 20, nous aurons la possibilité^ tant par volume, pour les coupes principales, que par contenance, pour les coupes d'amélioration, à exploiter dans le cours de la 1" période.

Voir le modèle ci-contre '.

La, possibilité, par volume, ne figure qu'en bloc dans ce règlement ; or, il est utile d'en faire connaître le détail, tant en nature qu'en argent, au moyen d'un tableau particulier qu'on pourrait dresser conformément au modèle p. 290 ^

Quand on a formé le règlement spécial d'exploitation de la première période, on a complété la série des documents nécessaires, pour assurer la marche des coupes d'une manière conforme au but de l'aménagement, et je ne crois pas, contrairement peut-être h l'opinion de bon nombre de forestiers, qu'il soit convenable de soumettre les agents d'exécution à

1. Je pourrais supposer d'autres cas. Le lecteur, j'en suis sûr, n'en a pas besoin. Je dirai seulement encore qu'il n'est pas indispensable d'appliquer à toutes les affectations, la même périodicité pour les coupes d'amélioration; que l'on peut faire varier cette périodicité suivant l'âge des massifs (pourvu toutefois qu'elle puisse se concilier avec la durée de la période] ; et que les prescriptions du plan d'exploitation ne dispensent, dans aucun cas, les agents de proposer des nettoiements toutes les fois que le besoin s'en fait sentir. (Note de la 2« édition.)

2. La possibilité^ en admettant qu'elle ait été calculée avec toute l'exactitude désirable, peut être modifiée par des accidents imprévus : un incendie, un coup de vent, des insectes, etc. D'un autre côté, il faut consi'iérer que les propriétaires sont exposés à des besoins extraordinaires.

Plusieurs auteurs sont, en conséquence, d'avis qu'il est d'une bonne économie de mettre en réserve une partie de IsipossibUitéj afin d'obvier à ces accidents et à ces besoins.

Les divers systèmes proposés à cet effet, reviennent, en définitive^ à n'exploiter chaque année qu'une portion, les 9/10 par exemple, du volume qu'on pourrait prendre rigoureusement.

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aucune aulre prescripUon parliculière, àpropos de cette maixhe. Tout oe qu'il esl periBÎgde faire, c'est, à titre de conseil, de leur désigner tles parcelles qui, par suite de leur âge plus au moins avancé, ou de. leur état plus on moins prononcé de dépérissement, devrarient être exploitées avant les autres; c'est aussi de leur indiquer quelles sont les circanslauceSydidnatolo^qnes on antres, qui demandeait que Ton oommence les exploitatiions ipar tel ou tel côté tde raffi&crtat ton. Mais, je le répète, toute p^esaription rigcMareuse à ce sujet, serait inopportune et dangereuse.

Pour ce qui conceî*ne surtout les coupes denéfgénération, il est de|)rinoipe, ^ne les agents d'exécution doivent avoir k faculté, de porter la »liiache dans les parcelles où ils le jugeront le pins urgent, de firendre la possièilité -sous forme de conpes d'eiiseneacement^ secondaire «ou défini ti-ve., dans les pro f)orlioms >qn -ils crwronties pkis ooip^^iiables:; ^ert i'on

Je lie sai0q>aB tout à fuit fMtriisan de celte jnesiire, qui ne :.peut que compliquer le plan d'exploitation, et qui me parait en outre de nature à eompBOBcttre la rëgnlnrité Uee expl^itatioDs et le rappoi^t «oiitena : la* régularité des exploitations, puisqu'elle expose à ne .pas épuiser une affectation dans la période correspondante; le rapport soutenu, car si KoocaBiDn d'euyplayer la réserve ne se présentait pas, il faudnit bien pourtant )*exploiter, sous peine de prolonger la révolution au delà du terme reconnu le pins convenable.

Je crois qu*il serait peut-être plus raisonnable, d'attendre qu'un dé6cît se produisît dans le matériel exploitable, pour y remédier par uae réduction proportionnelle de la possibilité annuelle.

Cependant je ne voudrais pas qu'on inférât de ces paroles, que je considère le rapport soutenu comme un dogme auquel on doit tout sacrifier. Je pense au contraire qu'il y a bien des circonstances où il ne faut pas bésiter à y porter atteinte. Il serait désirable par exemple que Von pût, dans les forêts de chêne, augmenter les coupes après une abondante glaudée, sauf à les suspendre plus tard, et, & ce point de vue, une réserve serait motivée.

292 AMÉNAGEMENT DES FORKTS

ne pourrait démontrer la convenance de leur imposer des obligations à cet égard, qu'en prouvant en même temps que la durée de la période n'a pas été . fixée d'après les règles que j'ai exposées; qu'elle esl plus longue, par exemple, qu'il ne faudrait, pour compléter la régénération naturelle de raffeclation correspondante.

Bien des gens se figurent que lorsque l'aménagement est fait, l'exploitation d'une forêt n'exige plus des agents locaux, ni esprit d'observation, ni sagacité, ni intelligence. C'est là une grande erreur : pour se mouvoir dans le cadre très large que leur fixeraménagement, pour s'y mouvoir avec le succès désirable, ces agents ont, au contraire, à accomplir une tâche difficile qui demande beaucoup d'activité, d'attention, et une expérience consommée.

Les coupes d'amélioration ne réclament p2u< autant de liberté d'action que les coupes principales. Ces coupes peuvent, la plupart du temps, être avancées ou reculées de quelques années, sans inconvénients graves ; il y a donc des cas oîi il serait sans doute avantageux d'en fixer l'assiette sur le terrain, soit en se servant pour cela des limites des parcelles existantes, soit en partageant, par portions égales ei régulières, chaque affectation.

Avant de m'occuper du plan d'exploilalion dans les futaies qui ne comportent pas un aménagement normal, qu'il me soit permis de rendre hommage aux forestiers qui ont, les premiers en France, posé les bases de la mélhode dont je viens de développer le mécanisme et les précieux avantages : L'aménagement par case, c'est-à-dire fondé sur \r possibilité par volume, calculée pour toute la révolution, était seul pratiqué et désespérait l'administration par des embarras de toute sorte, lorsque MM. Lorentz et Parade , s'inspirant des doctrines de l'illustre Cotta, ont exposé , dans leur Cours de Culture, les principes qui devaient amener la simplicité et l'ordre dans la gestion de notre sol forestier.

L'aménagement avait suivi, du reste, la marche habituelle de toutes les conceptions humaines : confuses au début, elles passent presque toujours par une phase de complication; puis arrivent des esprits fermes et rigoureux, simplificateurs, qui les dégagent de toutes les superfétations, de tous les rouages inutiles et leur donnent la valeur pratique. C'est ce qu'ont fait, pour l'aménagement, MM. Lorentz et Parade, et la science leur est redevable, sous ce rapport, comme sous beaucoup d'autres, d'un progrès qui est destiné à exercer l'influence la plus heureuse sur l'avenir de nos forêts.

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