‹ L'Aménagement du RhôneChapitre 113 sur 148 · DES \Q · texte numérisé non relu

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' Rae 228 ÉTUDE TECHNIQUE DES PROJETS D'AMÉNAGEMENT DU RHONE Le d’un canal latéral pour la remonte, d’Arles à Lyon. L'intérêt de la question était d'autant plus grand que les chemins de fer n’existaient pas. Cependant, le plan de François de Neufchâteau contient un passage, qui est resté d'actualité, au sujet de l'intérêt économique qui s'attache à l'aménagement du fleuve : «Au moyen de ce canal, la navigation du Rhône, si périlleuse depuis longtemps, serait facile et sûre et les transports se feraient dans tous les temps de l’année, sans obstacle et sans retard. Ainsi toutes les denrées*et marchandises expédiées de Marseille et de tous les ports de Ia Méditerranée, pour les départements de l’est, du nord, de l’ouest et du centre de la France, et pour l'Helvétie, l'Allemagne, la République batave et la mer du Nord, arriveraient toujours à Lyon à jour fixe. Tous les objets, venant de ces mêmes contrées et expédiés de Lyon pour la Méditerranée, arriveraient de même à Marseille. Le commerce de la France entière, et surtout celui des départements méridionaux, est trop intéressé à cette grande entreprise pour que le gouvernement ne cherche pas par tous les moyens d’en assurer et même d’en presser l'exécution ».

165. Projet Géard (4808). — En 1808, l'ingénieur Céard proposa un canal latéral de Lyon à Tarascon; le coût prévu était 46.189.440 francs. La dépense annuelle pour la traction, à la remonte, était estimée par lui à 5.103.970 francs. ;

166. Projet Cavenne (1824). Navigation et captage de l'énergie hydraulique. — L’ingéuieur Cavenne, en 1821, reprit l’idée de Céard et évalua la dépense à 47.000.000; il prévoyait 3.200.000 francs de recettes. Il fut un vrai précurseur de l'idée d’aménager le fleuve en vue d'utiliser l'énergie hydraulique, et, en même temps, d'assurer la navigation. Il prévoyait, en effet, l'installation de moulins aux écluses. Son projet fut accueilli avec faveur par la Commission des canaux et le Conseil général des Ponts-et-Chaussées ; il reçut, en 1826, l'approbation ministérielle.

167. Projets des Ponts-et-Chaussées. — Rapport Krantz, canal rive droite (1873). — Dès 1840, l’administration des Ponts-et-Chaussées élabora des projets d’amélioration du Rhône. Un projet de 1843, préparé par MM. Josserand, Surell et Bouvier, prévoyait une dépense de 25 millions. Peu après, un plan général du cours du fleuve fut dressé. Un programme fut proposé en 1858 par M. Kleitz, ingénieur en chef, à un autre, en 1860, par M. Tavernier, successeur du précé-

ent.

AMÉNAGENE NT DU RHONE DE LYON. À ARLES gr AE LA MER 229

Enfin, le 7 février 1876, M. Pingénieur en chef J acquet dressa un programme d'ensemble qui fut adopté et exécuté à la suite du vote de la loi du 43 mai 1878.

Dans ces projets, il ne s’agit que d’ nc iortiuns 4 fleuve ;

: voici maintenant un projet officiel de canal latéral. Le 93 jan- ___ vier 4873, M. Krantz, au nom de la Commission d'enquête des

Chemins de fer et des moyens de transports!, présenta un rap-

port sur la situation des voies navigables dans le bassin du

Rhône. Il préconisait la construction d’un canal latéral, et

choisissait la rive droite. Le motif de ce choix était que, sur la rive gauche, le canal aurait été assujetti à longer, sur tout son parcours, le chemin de fer de Lyon à Marseille, et aurait dû traverser sept voies ferrées secondaires. Le motif n’existe plus, puisqu'il existe une autre voie ferrée, rive droite, de Lyon à Aramon, au-dessous d° Avignon, et de Gomps à Beaucaire. Une autre considération, qui, par contre, a conservé son importance, est que, sur la rive droite, le canal aurait desservi les centres industriels de Rive-de- Cet. St-Etienne, Annonay, la Voulte, Pouzin, Alais, Privas, les carrières et les grands fours à chaux du Teil.

M. Kraniz prévoyait aussi l'utilisation des forces motrices, et l'aménagement des canaux d'irrigation pour la région du Gard. La dépense prévue était de 90 millions. =

168. Projet Dumont. Canal rive gauche (1877). Nous avons déjà étudié le projet Dumont*, relatif à l'irrigation et présenté vers 1877. M. Dumont prévoyait aussi un canal de navigation sur la rive gauche, de la Mulatière à Arles, sur 285 kilomètres. Le devis de la branche navigable prévoyait 100 millions pour l’aménagement de la rive gauche. Aussi, le projet relatif à l'irrigation, se montant à 102 millions, fut-il seul sanctionné par la loi du 20 décembre 1879.

169. Projets de Douhet et Pech. Lyon port de mer (1888-1895). — En 1895, un projet grandiose fut proposé par M. Pech. Il s'agissait, non plus de créer une voie navigable pour bateaux fluviaux, maïs de faire de Lyon un port de mer, au moyen dun canal latéral à mouillage profond, capable d'amener à Lyon des bateaux de mer d’un tirant d’eau de 4 m. Sans doute, l'exemple du Rhin, qui reçoit des navires de mer,

et la nouvelle conception des chalands de mer, rend l'idée

moins utopique qu'à l’époque où elle fut émise. Mais le Rhône n’est pas le Rhin, et il vaut mieux s’en tenir plus modestement à

1. Journal Officiel. 23 et 25 février 1873, annexe n° 1568. 4: Supra, N° 126,

pour chalands fluviaux de dimensions sérieuses. ESS à Plus grandiose encore était le projet, approuvé par M. de

Lesseps, et formé par M. de Douhet. En 1888, une société civile d’études s’était formée pour l'examen de ce projet, qui devait faire de Paris et de Lyon des ports de mer. Le titre de la société précise l'idée : « Compagnie du grand Canal maritime français « du Havre à Marseille. Jonction de la Manche à la Méditerra- «née par Rouen, Paris, Melun, Gien, Nevers, Roanne, Lyon, « Valence, Avignon, Marseille, avec embranchement fluvial de « Roanne à Saint- Etienne, de Valence à Grenoble, de Nevers à « Brioude. »

La dépense prévue était de 2 milliards cinq cents millions. Un bon canal pour chalands de forte dimension rendrait les mêmes services, et, s’il s'agit de la jonction des deux mers, il semble préférable de rega arder du côté du canal du Midi.

Cependant, avec sa haute autorité, M. Bertin a présenté, le 6 janvier 4949, à l'Académie des Sciences, l'idée d’un grand

canal + Anvers à Marseille, par le Rhin, la Saône et le Rhône, avec 5 mètres de tirant d’eau, et propre à recevoir un type de larges cargos de mer de 6.000 tonnes et plus.

170. Projet Souleyre. Barrages et dérivations. Captage de l'énergie hydraulique. Irrigation (1898). — M. l'ingénieur Souleyre, en 1898! envisageait l'aménagement au double point de vue de la navigation et de l’utilisation de l'énergie hydraulique. Il proposait de combiner des barrages successifs, dans les parties à forte pente et encaissées, avec des dérivations dans les régions de l’étale. Il estimait la dépense à 340 millions entre Lyon et la mer, et pensait récupérer une puissance de 300 000 chevaux. À l'extrémité de chaque bief se trouvait une écluse et une usine électrique. 11 y aurait environ 30 écluses. Une partie de la force servirait à la traction des bateaux, une autre partie au pompage pour l'irrigation, le reste serait vendu à l'industrie. Par un tunnel ou un siphon, le lac du Bourget pourrait servir de régulateur. Les travaux pourraient être fractionnés.

171. Projet Perre. Canalisation du Fleuve. Barrages éclusés. Captage de l'énergie hydraulique. Irrigation (1898). — MM. Perre, vers la même époque, ont également proposé un projet de canalisation entre Lyon et la mer, au moyen de barrages mobiles éclusés. C'est le fleuve luimême qui serait ainsi te les barrages réduiraient, en

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