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Ilouille Blanche, mai-juin 1918, page

… fort juste, qu’une place à part soit réservée à MM. Harlé (soit à ses héritiers), Blondel et Mähl, et à la société qu'ils allaient constituer, car leurs études sur Génissiat ont fait entrer la question dans la voie d’une réalisation complète et logique; ils. ont été les pionniers de l’œuvre, et, d'autre part, en dernier lieu, ils étaient prêts à assumer les risques. D'autres encore, qui auront contribué.à l’œuvre, à l’époque où il y avait grand courage à le faire, méritent aussi une place à part. Malheureusement, quand un homme d'initiative et d'énergie a organisé une affaire, ceux qui s'y introduisent quand elle est devenue prospère le considèrent volontiers comme un intrus et un gêneur. Il faut changer cela.

209. Plan financier de M. Mahl. — Le 30 octobre 1917, M. Mähl a présenté au Ministre des travaux publics une demande de concession de l’aménagement entier du Rhône. Il s’agit de l’aménagement par barrages. Une société anonyme au capital-action de 100 millions de francs offrait de réaliser l'entreprise dans un délai de 10 ans après la cessation de la guerre. Les barrages seraient construits dans l’ordre indiqué, en commençant par Génissiat qui doit être terminé en 3 ans. L'Etat prendra à sa charge les expropriations, les ouvrages relatifs à la navigation, la moitié du prix des barrages formant voie carrossable, les frais de rectification du lit du fleuve, les constructions de déversoirs et reversoirs, les voies d'accès, les ports, les raccordements aux voies ferrées. L'entreprise ferait Le reste, établirait en outre le halage électrique et assurerait la manœuvre des écluses et vannes. Elle devrait fournir au moins 1/5 de la force à des services publics. La concession serait de 75 ans, après quoi les ouvrages de captage, les usines génératrices et leur matériel feraient retour à l'Etat, à l'exception des lignes de distribution.

210. Plan financier de M. Jean Maître. — M. l'Ingénieur Jean Maître proposait la création d’une grande « Compagnie Nationale » groupant les collectivités intéressées. Done, les Chambres de commerce, les Départements, les Communes deviendraient de véritables associés et actionnaires. Quant à l'Etat, M. Loucheur, ministre, se montrait disposé à lui donner place au Conseil d'administration, ce qui est le cas, dans la Compagnie de Suez, pour le gouvernement anglais. Il y a cependant une objection : l’État, qui aura toujours un droit de contrôle et qui homologuera les tarifs, ne peut à la fois administrer et contrôler sa propre administration. Il semble suffisant de laisser l'Etat intervenir par voie de contrôle, et de l’associer

au moyen d’une garantie dineres et d’une participation aux bénéfices.

Nous avons vu plus haut ol sont les dépenses et recettes prévues. L'organisation financière proposée par M. Maitre serait la suivante : Le capital serait constitué pour 200 millions en actions privilégiées de 500 francs l’une, pour 250 millions en actions de second rang, à appeler les uns et les autres par quarts, enfin pour 1450 millions en obligations à émettre par tranches. Total : un milliard 500 millions. Les actions seraient nominatives, les actionnaires devraient êlre français. Cette règle, excellente en principe, risque d'être rendue vaine par l'emploi de personnes interposées.

La voienavigable serait établie pour des bateaux de 600tonnes. La société créerait la voie et Les ports et exploiterait la navigation et la force hydraulique. Elle aurait le monopole de la force hydraulique en aval de Bellegarde (sauf Jonage) et celui de la traction électrique. Elle amorcerait l'irrigation, et lui fournirait l’eau à tarif réduit.

Au delà de 10°/,, le bénéfice net distribuable, après prélèvement des sommes nécessaires à l’amortissement des obligations et du capital actions avant la fin de la concession, irait par moitié à l’Ktat et par moitié aux actionnaires.

La concession serait de 90 ans, après quoi l'Etat deviendrait propriétaire des immobilisations. Après 30 ans, l'Etat pourrait racheter par anticipation, dans des conditions qui rappellent un peu celles du rachat des chemins de fer.

Citons les articles 19 et 20 du projet des statuts :

« Art. 49. Le Conseil d'administration est composé comme « suit : /

« Le Président ou un délégué du Conseil municipal de Paris.

« Le Président ou un délégué du Conseil municipal de Lyon.

« Le Président ou un délégué de la Chambre de commerce de « Lyon.

« Le Président ou un délégué de la Chambre de commerce de « Marseille.

« Neuf membres choisis par l'Assemblée générale parmi les actionnaires.

« Cinq parmi les représentants des oi intéressées, « dont trois sur liste présentée par Chambres de commerce actionnaires.

« Les membres élus comme actionnaires doivent déposer au moins 50 actions en leur nom ou au nom de la société qu'ils représentent, en garantie de leur gestion.

« Le nombre des administrateurs étrangers ne pourra pas dépasser deux.

« Art. 20. Les collectivités ci-après désignées :

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