LE RHONE ÉCONOMIQUE ACTUEL
résistance. Quelques -uns ont pu aller chercher du charbon en
__ Angleterre.
Les bateaux en béton armé sont trop récents pour qu'on puisse les juger. Ils ont l'inconvénient de caler {4 mètre au lieu que les bateaux ordinaires calent 0 m. 30. Si l'on n’a pas, comme
sur la Seine, de grands fonds, leur chargement doit être nécessairement fort réduit. Une commande de 100 chalands en ciment armé a été faite pour le transport de la houille entre l'Angleterre et la France. Le premier de ces bâtiments a été lancé Le 21 décembre 1918, par le travers, suivant une nouvelle méthode.
Il existait, en France, en 1912, quatre-vingt-onze porteurs à vapeur, coûteux, nécessitant un équipage assez nombreux, et ne portant que 200 tonnes. Ils ne conviennent que pour les marchandises de valeur, peu intéressantes pour la navigation. Sur la Saône, les Parisiens, très longs, transportent voyageurs et marchandises. Les types de bateaux porteurs et remorqueurs à la fois sont peu répandus en France, de même que les bateaux automoteurs, dont le moteur à pétrole ou à gaz pauvre est moins encombrant que le moteur à vapeur.
L'effort de traction, par tonne de chargement, est, selon M. Lavaud, pour un chaland en acier de 700 tonnes, le tiers de ce qu’il serait pour une péniche de 300 tonnes.
La résistance est proportionnelle au carré de la vitesse; si l'eau est animée d’un mouvement v, la résistance sera donc proportionnelle à (V— v})? à la descente, et à (V+v)}? à la montée.
Le gouvernail des bateaux de rivière est imparfait : le bateau vide présente au vent une face de 2 mètres, tandis que le gouvernail ne plonge que de 0 m. 30; il en résulte que le vent empêche le bateau vide de gouverner. M. Chotteau propose un second gouvernail à l'avant; les essais ont été favorables. Les Hollandais, pour empêcher le bateau de dériver emploient des espèces d’ailerons.
L'architecture fluviale, très en retard, demande à être réformée. La loi sur l’hypothèque fluviale, appliquée depuis longtemps en Angleterre et en Belgique, favorisera peut-être son développement, comme le pensent MM. J. et G. ingénieurs, à qui nous empruntons ces détails sur la batellerie".
Le mode normal de traction, en France, est le remorquage ou le halage: c’est à peine si 1 tonne 1/2 p. 100 est transportée par bateaux automoteurs. Sur 6 lard environ de tonnes kilométriques annuelles, 4 sont halés par traction animale, et 2 par l’action mécanique, surtout par remorqueurs. La traction par clievaux (cheval animal), bien organisée, sur rivières pai-
1. Outillage National, 10 et 24 mars, 28 avril et 16 juin 41918.
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sibles, reviendrait à 3 millimes par. tonne Élométeute = remorquage revient à peu près au même prix. Le touage, qui consiste à faire enrouler sur une poulie du bateau « toueur » une chaîne placée au fond de la rivière, entraînant ainsi le toueur et son train, est de plus en plus abandonné. Cependant, au canal de St-Quentin, le touage électrique permettait La traction de trains de quarante bateaux. Le halage électrique, par un tracteur électrique roulant sur la berge, a donné de bons résultats sur une centaine de kilomètres de canaux du Nord. Mentionnons encore les moteurs amovibles, tels que la « motogodille, » permettant à un bateau ordinaire de se transformer en automoteur.
Un décret du 19 juin 1875 a supprimé la liberté du halage, en imposant une adjudication au rabais, dans le Nord el le Pasde-Calais, pour les bateaux chargés seulement. La légalité de ce décret a été contestée.
Les transports sont effectués, en France, par des mariniers libres ou par des compagnies de navigation. Les mariniers libres sont la majorité (62 p. 100 ne possédant chacun pas plus de deux bateaux, ou 74 p. 100 n’en possédant chacun pas plus de trois). Les compagnies de navigation assurent la plus grande partie de la navigation sur la Seine, la Saône et le Rhône. Les mariniers libres, qui dépendent, du reste, des compagnies, pour le remorquage, souffrent du chômage et du manque de frêt de retour, qui rend inutile les 2/3 de leurs bateaux. Ils souffrent aussi des abus des «affrêteurs » qui les exploitent et prélèvent des bénéfices souvent excessifs.
53. La batellerie du Rhône. — Pour en revenir particulièrement au Rhône, les bateaux, pontés ou non pontés, qui naviguent d'Arles à Port-de-Bouc, ou sur le canal de Cette, portent 100 à 200 tonnes, et sont halés par chevaux. Pour le canal de Cette, il y a presque toujours transhbordement à Cette.
De Lyon à Arles, le type des bateaux tend à prendre des dimensions croissantes. Les barques de 55 mètres de long, 7 m. 50 de large, 1 m. 40 de tirant d’eau, cèdent la place à celles de 65 mètres, 8 mètres, À m. 80, et on commence à construire des bateaux de 70 mètres, 11 mètres, 1 m. 80, en fer et à formes très eflilées pour diminuer la résistance, le courant étant parfois violent. Bien que pouvant passer sur la Saône, ces barques restent généralement sur le Rhône, étant assurées d’un frêt plus rémunérateur, de sorte que les propriétaires préfèrent transborder à Lyon.
1. En décembre 1918 a été fait, sur le canal latéral à la Marne, un intéressant essai de traction par un « tank » léger Renault.