E. DE GENÈVE A LYON
double de 110 mètres de longueur, 9 mètres de largeur, 3 mètres
de profondeur sur les buses. La chute étant faible, le captage de
la force hydraulique n’est pas prévu.
À 3 kilom. 911 mètres en amont de cette écluse se trouvera celle de Chancy, sur la rive gauche. Sur la rive droite se trouvera l’usine internationale de Chaney, à l'emplacement fixé par lPexpertise géologique de M. le professeur Lugeon. Cette écluse est également jumelée. Le bief créé en amont de cette usine s'étend jusqu’à la Plaine, où le fleuve commence à être entièrement en territoire suisse.
À la Plaine, la construction d’une usine est projetée. L'Etat l’a concédée à la ville de Genève. Le projet officiel comporte un barrage Stoney à 5 travées de 10 mètres d'ouverture. Le bâtiment est prévu pour douze emplacements de turbines. L'écluse serait placée sur la rive gauche. La chute étant de 11 m. 94 en eaux d'hiver, et 7 m. 85 en eaux d’été, M. Autran avait d’abord songé à diviser l’écluse en deux sas superposés. Il s’est ensuite rallié à l'avis de M. Le Vallois, qui conseille une écluse unique à deux sas accolés, rachetant toute la chute.
L'usine et l’écluse peuvent être construites successivement.
Enfin, à Chèvres, l'usine existe; il reste à construire l’écluse. La chuie est de 8 m.. 25 en eaux d'hiver, et 4 m. 15 en eaux d'été. M. Autran avait d'abord songé à placer l’écluse sur la rive droite, accédant dans le canal d’amenée; mais elle aurait resserré le canal d’ amenée, aurait nécessité l'ouverture fréquente des grilles, et aurait formé une séparation entre l'usine et la rive droite, à laquelle il eût fallu joindre l'usine par un pont tournant. En présence de ces objections, il a projeté d'établir l’écluse sur la rive gauche, malgré la hauteur de cette rive, et en profitant de ce que l’une des travées peut, sans inconvénient, être occupée par un des sas de l'écluse double.
c) Exhaussement des ponts. Nous avons vu qu’il ne peut être question d’exhausser les ponts de la ville de Genève, le niveau des quais commandant le niveau des ponts, ce qui oblige à contourner la ville ou à passer en souterrain.
Pour les ponts d’aval, M. Autran prévoit un exhaussement de 2 m. 02 pour le Pont de Chancy, 3 m. 63 pour celui de la Plaine, 2 m. 75 pour celui de Peney. Il obtient ainsi une hauteur libre de 6 mètres pour la navigation.
Le pont Butin, projeté, aura une hauteur suflisante; mais, selon M. Autran, le plan devra être remanié pour éviter les croisements sous une seule arche marinière, alors surtout que, en ce point, le fleuve est situé dans une courbe d'environ 450 mètres de rayon.
SEcriox II. — DE LA FRONTIÈRE SUISSE A SEYSSEL $ 1. — Exposé des projetst. \
137. Projet de barrage à Génissiat. Les précurseurs. Nous avons déjà parlé du curieux ouvrage de Boissel, datant de la Révolution, où cet auteur insiste sur lutilité qu'il y aurait à rendre le Rhône navigable entre le lac Léman et Seyssel. Devançant son temps, il indique comme avantageux l'établissement d’un barrage vers le château de Génissiat. Mais le véritable précurseur est un technicien, l'ingénieur Céard qui, en 1774, proposait d'établir un barrage de 62 m. 85 entre Bellegarde et Génissiat, tendant à supprimer les gorges et à créer un lac de 20 kilomètres de longueur, parfaitement tranquille et navigable. L'idée de Céard fut suivie par Lalande, en 1778; elle fut ensuite reprise par Secrétan, puis par Jolin, en 1868.
Lorsque l’idée prit consistance, peu à peu, de faire du Rhône une grande voie navigable internationale, une objection se présenta, avec une telle autorité qu'elle pouvait paraître insoluble. Nous avons décrit le Rhône actuel, entre la frontière suisse et le Parc; c’est un torrent, et ce torrent est encaissé, sur de nom-
breux kilomètres, entre d'immenses parois à pic. A ta Perte du
Rhône, le torrent s’est même creusé un lit? en fouillant dans le rocher, au fond duquel il est perdu, ne communiquant avec la vallée que par une étroite fente, du moins pendant les basses “eaux. Cette difficulté n’a pas fait reculer les ingénieurs français et nous allons voir que, non seulement ils ont proposé un moyen de la résoudre, mais ils ont même offert plusieurs solutions entre lesquelles il y aura lieu de choisir.
138. Projet Blondel-Harlé-Mahl. Barrage unique à Génissiat. — Nous commencerons par examiner la solution dont il a été le plus parlé, et qui a donné lieu à des discussions passionnées. C'est celle de MM. Harlé, ancien ingénieur des ponts et chaussées, ancien associé de la maison Sauter et Harlé, décédé, Blondel, ancien ingénieur des ponts et chaussées et Mähl, ingénieur à Paris. Leur projet a fait l’objet d’un rapport favorable, en date du 9 juillet 1908, d'une commission technique nommée par la Ville de Paris, et présidée par M. Maurice Lévy, membre de l’Institut.
Ce projet consiste à racheter par un barrage la différence du niveau de 69 mètres? existant entre le point situé au rocher