V. la carte d'Etat-Major
2. Selon M. Martel, le torrent a profité d’une fente naturelle du rocher.
3. Avec les fondations, l'ouvrage à établir aurait une hauteur d'environ 109 mètres.
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PROJETS D'AMÉNAGEMENT DU RHONE. DE GENÈVE A LYON 189. Bouquet, près de la station de Génissiat (Injoux-Génissiat), et la frontière suisse, à Pougny. La distance, en suivant le développement des contours du Rhône; est de près de 23 kilomètres. Le barrage serait donc construit à Génissiat, el aurait cette hauteur de retenue de 69 mètres. Grâce à la configuration du Rhône, qui, sur ce parcours, traverse des gorges resserrées, le nombre des maisons noyées par le projet serait faible’: cinq maisons à Bellegarde, plus l'usine électrique génératrice et l'usine de Chanteau; une maison dans la plaine de Collogny, rive gauche: dans la même plaine, 90 hectares de terrain, déjà inondés périodiquement, seraient encore noyés. La retenue d’eau, d'une longueur de 23 kilomètres formerait un lac de 180 hectares, utile pour régulariser la chute.
Cette chute varierait, comme hauteur, entre 67 et 69 mètres ; le débit varierait entre 120 mètres cubes à la seconde, pendant trois mois d'étiage, et 500 mètres cubes environ pendant trois mois de hautes eaux. Le tableau suivant donne les détails :
= = = 5 |Puissance Puissance Énergie produite Puissance PÉRIODES Re E moyenne | moyenne pendant | de 8T ES en en les 3 mois pointes AS 22 chevaux | kilowatts [en kilowatts-heures kilowatts | ne.
ARTE | ! 1° Pendant3 mois | d’étiage. . ... 120! 69! 82.350! 61.000 132.000.000 | 122.000 2° Pendant 3 mois :
d'eaux moyennes! 330| 68| 222.750, 165.000 356.000.000 | 240.000 | 3° Pendant 3 mois ; .
de erues....| 500! 67] 338.850 251.000 542.000.000 | 240.000 | 4° Pendant 3 mois : ee .
intermédiaires] 230] 65) 152.550, 113.000 244.000.000 | 226.000
DOTÉ en 1.274.000.000 |
Le canal de prise d’eau, partant du barrage, serait creusé dans le rocher, et évacuerait jusqu'a 1250 mètres cubes à la seconde, avec un déversoir de 150 mètres de développement.
L'usine génératrice serait installée en aval du barrage, sur une banquette parallèle au fleuve, rive droite, et pourrait donner une puissance maxima instantanée de 240.000 kilowatts,
4. M. Martel indique comme noyés une partie du village de Coupy, une partie de celui d'Arlod, le village d'Essertoux, et, — il insiste sur ce point en regrettant la disparition d'un site pittoresque, — la gorge du Rhône.
ou 324.000 chevaux. Le voltage prévu serait de 120.000 volts.
Le projet prévoit, mais seulement pour réserver l’emplacement nécessaire, soit un ascenseur à bateaux, du type Aehlhafen-Loehhe, soit un plan incliné à bateaux, avec double sas-chariot, du système déjà décrit, ce qui est approuvé par M. le commandant Le Vallois. Le double bief inférieur du plan incliné à bateaux serait en tunnel sur une longueur de 250 mètres environ. L'article 3 du cahier de charges rédigé par l'administration n’impose, du reste, pas autre chose au concessionnaire que de ménager la possibilité d'établir ultérieurement des ascenseurs à bateaux ou des écluses.
M. Mähl, pour répondre à une objection relative à la solidité du barrage, a introduit quelques variantes dans le projet. IL prévoit un barrage cellulaire, dont nous verrons les avantages, ainsi qu'une double écluse-ascenseur à bateaux, encastrée dans le barrage, et dont nous avons déjà parlé.
Tel est, dans ses grandes lignes, ce projet, qui a reçu l'éloge
et le blâme; il a été traité de conception grandiose et d'utopie. .
Nous examinerons ces éloges et ces blâmes, sans avoir à prendre parti. Il est certain que, s’il est réalisable et s’il se réalise, ce projet fournira une belle solution au triple problème. Source d'énergie colossale, il est de nature, sr cette énergie est bien employée, là où il convient de l’employer, à contribuer dans une mesure inappréciable à la prospérité économique de la France. Le problème de la navigation est résolu avec hardiesse. Enfin, pour ce qui est du problème de l'irrigation, ce problème ne se pose guère en une région où l'irrigation est facile à obtenir autrement; cependant, comme nous l'avons indiqué, l'Etat, dans le projet de cahier des charges, a fait à ce sujet des réser- Ves précises et utiles.
139. Projets de barrages distincts à Grésin, Bellegarde et Malpertuis. — Ces projets se présentent avec un caractère moins sensationnel que le projet du grand barrage de Génissiat. C’est, sans doute, une raison pour qu'ils paraissent, à première vue, plus pratiques, parce qu'ils semblent plus facilement réalisables. Nous verrons cependant qu'ils soulèvent de graves objections, notamment au point de vue de la navigation.
La Société française des Forces hydrauliques du Rhône possède, à Bellegarde, une usine qui est autorisée à prélever 60 mètres cubes à La seconde sur le débit du Rhône, et pourrait ainsi utiliser 10.000 chevaux. Dans le projet de barrage de Génissiat, cette usine serait noyée, et devrait, en conséquence, être expropriée. La Société de Bellegarde a préféré demander, en 1910, à étendre sa prise d’eau au débit entier du Rhône.
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D'autre part, le Syndicat français des Forces hydrauliques du Pont de Grésin et de la Boucle du Rhône a demandé à établir au pont de Grésin, à 3 kilomètres en amont de Bellegarde, un barrage formant une chute de 20 mètres de hauteur, donnant 20.000 chevaux aux basses eaux.
Enfin, la Société des Forces hydrauliques de Malpertuis, a elle aussi, demandé à créer à Malpertuis en aval de Paiecase, et un peu en amont de Génissiat, une chute de 21 mètres devant donner également 20.000 chevaux.
Une enquête officielle faite au sujet de ces deux derniers projets a été suivie, le 5 mars 1906, d’un avis favorable de la Commission du Ministère des travaux publics.
Ces trois projets sont distincts, et leur réalisation auraitdonné lieu à trois aménagements séparés de chutes, à trois installations fragmentaires propres à recueillir l'énergie hydraulique,
mais sans intérêt pour la solution du problème de la navigation du Haut-Rhône.
140. Fusionnement des projets de barrages distincts. Projet des deux paliers, Bellegarde et Malpertuis. — Mais la question s’est simplifiée, et un projet d'ensemble a été présenté. C'est le système des deux paliers, résultant de la fusion des deux demandes en concession
présentée, l’un par la Société française des Forces hydrauliques du Rhône, l’autre par la Société des Forces hydrauliques de Malpértuis.
Il s’agit, comme dans le projet Harlé-Blondel-Mähl, d'obtenir l’utilisation totale, sauf en temps de crues, de l'énergie du Rhône: l'aménagement prévu est complet et bien étudié. Les travaux prévus peuvent être ainsi décrits sommairement : En amont de la Perte du Rhône, un premier barrage relèverait le plan d’eau à la cote 332, soit à la hauteur prévue par le projet Harlé; un lac de 15 kilomètres de longueur s jusqu'à la frontière suisse. et la chute obtenue <erait de 42 à 47 mètres. Une dérivation, prévue pour 400 mètres cubes . onde serait utilisée, à Essertoux, par une usine génératrice à élever sur la rive gauche, pouvant produire 142.009 chevaux électriques. Sur la rive droite, près du barrage, une autre usine, alimentée par un second canal de dérivation pouvant débiter 120 mètres cubes, utiliserait une chute de 30 mètres et rendrail l’eau à l'usine actuelle de la Société française des Forces
4. Le barrage, selon M. Martel, serait de 37 m. 50 seulement, fondations comprises. Le barrage de Malpertuis serait, d'après le même, de 25 mètres. Les divergences proviennent probablement de variantes, que nous ne connaissons pas, dans les projets.
hydrauliques du Rhône, dont la capacité de produetion serait approximativement doublée: La puissance de production de ces deux usines, marchant à 120 mètres cubes, serait de 46.000 chevaux électriques, soit, avec celles d’Essertoux 193.000 chevaux électriques. Un deuxième barrage serait établi au Pas de Malpertuis, ou en amont du rétrécissement de Malpertuis, créant une retenue d’eau suffisante pour alimenter une station génératrice équipée pour 77.000 chevaux électriques. La puissance totale des installations serait done de 270.000 chevaux, ou 200.000 kilowatts en chiffres ronds. Le débit du Rhône étant évidemment le même que dans le projet Harlé, et les deux chutes étant, au total, sensiblement égales à celle du Génissiat, les deux projets pouvaient, théoriquement, donner des puissances très voisines; la différence provieñt de l’aménagement des dérivations et de l'équipement des usines.
Le projet, ainsi précisé et simplifié, était très intéressant pour l’industrie, mais il avait un défaut, très grave, qui était, au début, de ne rien proposer d’assuré et de précis pour la navigation.
Aussi, M. Herriot, ministre des travaux publics en 1917, décida qu'il était impossible de donner un avis favorable à la concession du barrage de Malpertuis à moins que le projet ne fût conçu de manière à assurer la navigation. Il donna des ordres formels pour obtenir, le 20 mars, une étude précise à ce sujet. Le 20 mars, le projet lui fut apporté, alors qu'il cessait d’être ministre. « Je l'ai laissé sur la table, je n'avais plus le droit de le décacheter », dit-il. Cet exemple montre, ceci entre parenthèses, combien il est difficile à un ministre de faire un travail sérieux, quand, d'une heure à l’autre, il peut être dans la nécessité de l'interrompre. Telle est la Constitution, ou plutôt, tel est le résultat de son interprétation parlementaire.
Cependant, quelques indications, relatives à la navigation, avaient été données, dans lhypothèse de la construction du barrage de Malpertuis, dès 1911, par MM. Boissonas et Planche. Pensant que leurs projets ne pourraient avoir l'approbation des pouvoirs publics s'ils ne tenaient compte de l’intérêt national de la navigation, ils avaient présenté, avant de conclure, un avant-projet succinct comportant notamment : pour contourner la Boucle du Rhône, un canal de 2 kilomètres, dont 500 mètres en souterrain; et, pour éviter le Pas de Malpertuis, un autre canal latéral, avec 300 mètres en souterrain. Pour franchir les dénivellations, ils prévoyaient trois ascenseurs à bateaux. Ce projet demanderait à faire l'objet d’une étude complète. Il faut remarquer que ce projet, en contournantla Boucle du Rhône placerait le port de Bellegarde à une distance assez considérable de l’agglomération industrielle actuelle, et le placerait sur la rive
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