CHAPITRE IL
Vlus l'avenir.
La conclusion de tout ce qui précède pourrait tenir en une phrase.
Le peuple de la Grande-Bretagne a le choix entre deux alternatives :
Si les Anglais décident de fondre l'Empire britannique avec les Etats-Unis du Monde parlant anglais, ils peuvent continuer pour toujours à demeurer une partie intégrale de la plus grande de toutes les forces du Monde, suprême sur mer et inattaquable sur terre, définitivement à l'abri de toute crainte d'attaque hostile et capable de porter une irrésistible influence sur tous les points de notre planète. Ceci est la première alternative.
L'autre est l'acceptation de notre effacement par les Etats-Unis devenus centre de gravité dans le monde parlant anglais, la perte, Tune après l'autre de nos grandes colonies, et notre définitive réduction en une Belgique parlant anglais. L'une ou l'autre sera. Laquelle? Rarement un choix d'une telle importance a étû présenté aux citoyens d'un pays.
Il est naturel que l'orgueil anglais se révolte devant une conclusion ainsi présentée comme le résultat d'un rapide examen des forces gouvernant la présente situation politique, financière et industrielle.
Mais l'orgueil et les préjugés sont de mauvais conseillers.
La question n'est pas de savoir ce que nous préférerions faire, mais quel est le meilleur parti à prendre en ces circonstances? S'il est admis que tout l'effort de notre temps pousse vers l'unification des races, d'une origine et d'un langage communs; s'il est admis, de plus, qu'une telle unification entraînerait avec elle des avantages incalculables en assurant les nations parlant anglais contre tout danger, soit d'un conflit fratricide soit d'une attaqué étrangère, tandis qu'elles amélioreraient énormément aussi bien leur prospérité chez elles que l'influence qu'elles peuvent exercer au loin, il est difficile de résister à cette conclusion que l'objet de ces préoccupations est digne de devenir le but ultime des hommes d'Etat, aussi bien des Etats-Unis que du Royaume-Uni.
Adam Smith écrivit dans la première édition de sa Richesse des Nations publiée en 1776, à la veille de la révolte des colonies américaines, des remarques qui sont aussi vraies aujourd'hui qu'elles l'étaient alors :
« L'assemblée qui délibère et décide des affaires de chaque partie de l'Empire, pour être bien informée, devrait certainement avoir des reprjés entants de chacune d'elles. »
Il admettait qu'il y eût des difficultés, mais refusait d'accepter qu'elles fussent insurmontables.
(( La principale difficulté, disait-il, provient, non de