‹ L'américanismeChapitre 10 sur 120 · DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

DÉMOCRATIE

la permission de traiter ses propres affaires temporelles, il ne chercha point à s'immiscer dans celle des citoyens, 11 réclama simplement l'égalité. Etranger, il redouta l'accusation d'une ingérence qui eût été funeste à son ministère. Pour quelle cause d'ailleurs aurait-il pris parti ? La politique n'avait qu'un caractère commercial ; établir un régime permettant de bonnes affaires, tout en assurant aux citoyens la plus grandesomme de liberté possible.

Les catholiques de la république se trouvèrent ainsi à l'abri d'une politique cléricale ou d'une religion politique, et ils suivirent librement leur instinct ou leur intérêt vers les tendances démocratiques. La manière dont ils y ont été conduits est parifaitement expliquée par M. de Tocqueville qui visita les Etats-Unis, en i83i.

« La plupart des catholiques sont pauvres, et ils ont besoin que tous les citoyens gouvernent pour arriver eux-mêmes au gouvernement. Les catholiques sont en minorité, et ils ont besoin qu'on respecte tous les droits pour être assurés du libre exercice des leurs. Ces deux causes les poussent, à leur insu même, vers des doctrines politiques qu'ils adopteraient peutêtre avec moins d'ardeur, s'ils étaient riches et prédominants.

" Le clergé catholique des Eiats-Unis n'a point essayé de lutter contre cette tendance politique : il cherche plutôt à la justifier. Les prêtres catholiques

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