LA CRISE PHILOSOPHIQUE
•t Nous tenons à le déclarer, nous n'avons jamais songé à présenter la situation de l'Eglise catholique aux Etats-Unis comme un idéal, loin de là. Mais en même temps nous voyons dans les progrès de l'Eglise, en ce pays, malgré tant d'obstacles accumulés, une des plus éloquentes ie^ons que nous puissions méditer (i). n
On aurait pu croire que dans ia débâcle de l'antique foi de la France, il n'y avait qu'à recourir au pape infaillible pour obtenir une direction effective. Or, Léon XIII avait beaucoup parlé, beaucoup écrit sur toutes les matières débattues et ses déclarations étaient restées sans résultat pratique.
Il avait imposé l'étude de la philosophie scolastique et condamné la philosophie kantiste, mais le retour au système du moyen âge avait été pour beaucoup d'écrivains catholiques une affaire de niode et de politique. Ils avaient trouvé plus commode de saupoudrer leurs élu-
(r) L'Eglise catholique aux E.-U., par le p. J. Forbes dans l^a Rev. cath. des Inst. et du Droit, juin-juillet igoS, Cette étude contient des inexactitudes (v. g., l'auteur appelle le Catholic directory uti livre officiel; sur cette question, vny. Review, 1"' mai 1902, Whal is Ihe statisticat value of t!ie Catholic directory ?} Il renferme aussi des jugements fort contestables (v. g., Brownson est appelé a le premier écrivain de l'Amérique du Nord » ; l'iiulcur parle de a l'immutabilité doctrinale de l'Eglise en face de l'émiettement et des folies des sectes protestantes »),