‹ L'américanismeChapitre 28 sur 120 · DISCOURS DU CARDINAL · texte numérisé non relu

DISCOURS DU CARDINAL

moniré notre grand modèle sur ce point particulier. Notre béni rédempteur vint sur la terre pour renverser tous les murs de division qui séparaient les races des races, les peuples des peuples, les tribus des tribus et il a fait de nous un peuple, une famille reconnaissant Dieu comme notre commun Père et J.-C. comme notre frère.

a Une belle leçon nous a été donnée dans l'Evangile de Jésus-Christ, cette belle parabole du bon Samaritain que nous devrions tous suivre. Nous ■ savons que le bon Samaritain porta secours à un homme mourant et banda ses blessures. Le Samaritain, c'était son ennemi de religion, de foi, de nationalité ei même son ennemi de vie sociale. Tel est le modèle que nous devons tous suivre.

" J'ai confiance que nous quitterons tous celte salle animés par un plus grand amour les uns pour les autres. L'amour ne connaît pas de distinction de foi. Le Christ notre Seigneur est notre modèle.

a Nous ne pouvons pas, comme notre divin Sauveur donner la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, supprimer les infirmités des boiteux et des paralytiques. Nous ne pouvons pas accomplir les miracles du Christ, mais il y a d'autres miracles plus profitables pour nous-mêmes, que nous sommes tous en état d'accomplir: ce sont les miracles de charité, de miséricorde et d'amour pour nos semblables.

« Que personne ne dise qu'il ne peut servir son frère. Que personne ne dise : « Suis-je ie gardien de mon frère ? » C'était le langage de Caïn et je vous dis à vous tous, qui êtes ici aujourd'hui, quelle que soit votre foi, que vous êtes et que vous devez être le gardien de votre frère. Est-ce que nous serions

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DISCOURS DU CARDINAL I2t

chrétiens aujourd'hui si leChrist notre Seigneur avait dit : 0 Suis-je le gardien de mon frère? « Nous marcherions dans les ténèbres et à l'ombre de la mort, et si aujourd'hui nous jouissons, dans ce grand et bienfaisant pays, d'incomparables bénédictions"^, nous le devons au Christ qui nous a tous rachetés. Remercions donc Dieu des bénédictions qu'il nous aaccordées. Jamais nous ne faisons un acte aussi agréable à Dieu que lorsque nous tendons une main de confraternité et d'amour pratique à un de nos semblables souffrants. Jamais nous n'approchons plus près de noire Modèle que lorsque nous faisons rayonner la lumière du ciel sur une âme enténébrée ; jamais nous ne sommes plus dignes d'être appelés les enfants de Dieu, notre Père, que lorsque nous faisons germer les fleurs de la joie et du contentement dans des cœurs qui auparavant étaient sombres, secs, stériles et désolés.

« Car, l'apôtre l'a bien dit : « La religion pure et sans tache devant Dieu et le Père est celle-ci, visiter les orphelins, l'abandonné et la veuve dans leurs tribulations et se garder sans souillure de ce monde (i). »

Mgr Redwood, archevêque de la Nouvelle- Zélande, et originaire du Maryland, pdrla plus tard :

B J'estime, dit-il, que c'est un très grand honneur et un très grand privilège d'être présent, dans une occasion telle que celle-ci, à une assemblée qui commence comme une nouvelle ère pour l'humanité,

(i) Barrowa, [, p. Sc-Sa ; Neely's, p. 45.

une ère, je crois, de véritable amour fraternel. C'est un triste spectacle, quand l'esprit passe en revue tout l'univers, de voir cette multitude de 1,200.000.000 d'êtres, créés par le même Dieu, destinés au même bonheur, divisés par des barrières ni,uliiplcs, de voir qu'au lieu de s'entre-aimer, les nations s'entre-haïsseni. Je pensequ'une occasion comme celle-ci'est un des plus puissants moyens de renverser à jamais ces barrières a.

Après avoir insisté sur le fait que la doctrine de rincarnation telle qu'elle est enseignée par la doctrine catholique implique non seulement la paternité de Dieu, mais la fraternité de Dieu, et la fraternité de toute l'humanité, l'orateur ajouta :

" Telles sont les grandes idées fondamentales du christianisme compris intégralement. Nous devons en ce XIX' siècle renverser les barrières de h.aine qui empêchent les hommes d'entendre les vérités contenues dans toutes les religions.

a Dans toutes les religions il y a un vaste élément devérité,auircment elles n'auraient pas de cohésion.. Je pense que ce parlement de religion promouvra la grande fraternité de l'humanité et pour promouvoir celte fraternité, il promouvra l'expression de la vérité. Je ne prétends pas en tant que catholique posséder toute la vérité ou être en état de résoudre tous les problèmes que se pose l'esprit humain. Je sais apprécier, aimer et estimer lout élément de vérité existante en dehors de ce grand corps de vérité.

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mSCOUBS DU CARDINAL 12?

Afin de détruire les barrières de haine qui existent dans le monde, nous devons respecter les éléments de vérité et les éléments de moralité contenus dans toutes les religions...

1 L'homme n'est pas seulement un Être moral, il est un être social. Or la condition de son bonheur et de sa prospérité comme être social, la condition de son bonheur et de son avancement dans la conquête mentale et physique du monde, est qu'il soit libre, libre non seulemeni en matières temporelles, mais aussi en matières religieuses. Aussi faut-il espérer que d'aujourd'hui datera l'aube de cette période où, dans tout l'univers et dans chaque nation, sera extirpée l'idée qu'on doit opprimer l'homme pour cause de religion. Je pense que je puis dire au nom de la jeune contrée que je représente, au nom de la Nouvelle-Zélande ei de l'Eglise d'Australasie qui a fait un si merveilleux progrès dans notre temps, que nous espérons que Dieu hâtera ce jour (i) ».

(i) Barrows, I, 94-95; Neely's, Sg-So.

Mgr Keane dans son discours de Bruxelles dit pareillement :

« On a prétendu parfois que les fondateurs des religions païennes étaient des envoyés du démon, chargés de faire abandonner la vérité et de faire embrasser l'erreur. C'est là un point de vue historiquement faux.

A tous, Dieu a donné la vérilé en partage. Quand la pauvre famille humaine s'est dispersée, elle a oublié les principes religieuï et moraux. Alors, Dieu a suscité, même parmi les païens, des hommes pour rappeler ta vérité. Tels furent les sages de l'antiquité; Bouddha, Confuclus, Zoroascre, Socrate. n'étaient point \es serviteurs du démon ; ils étaient les instruments de la Providence divine, ils voyaient la vérité, mais seulement en partie, mêlée à des erreurs ; ils ont fait du mieux

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