DISCOURS DU CARDINAL
Pour la journée qui fut consacrée à l'exposition de la religion romaine, le cardinal Gibbons crut qu'il ne pouvait faire de meilleure apologétique qu'en montrant comment le catholicisme subvient aux besoins de l'humanité.
II établit un parallèle entre la société païenne et la société chrétienne ; il célébra les œuvres de la bienfaisance chrétienne qui a ouvert des asiles pour les enfants, les orphelins, les vieillards, les femmes repenties, les malades, qui a relevé et émancipé l'esclave, protégé l'ouvrier ; il insista sur des points qui passionnaient en ce moment l'opinon publique, le maintien des lois du mariage, h la sainteté de la vie humaine aussitôt que le corps est animé par l'étincelle vitale »,
« L'infanticide, dit-il, fut une tache ineffaçable de la civilisation païenne. II était universel en Grèce, à l'exception peut-être de Thcbes. Il fut approuvé et mÉmcquelquefoisconimandé par des Grecs éminenis, tels que Platon, Arisioie, Solon et Lycurgue. La destruction des enfants futaussi très commune parmi les Romains. Excepté à de rares intervalles, il n'y eut pas chez eux de frein légal à ce crime inhumain. Le père avait le droit de vie ou de mort sur son en-
qu'ils pouvaicni. Pourquoi ne pas rendre hommage à bonne volonté, et à tout ce qui est bon et beau dans enseignement » ? Compte-rendu, p. 73.
fant. Preuve que la nature humaine ne s'améliore pas avec le temps ,et qu'elle est partout la même, à moins qu'elle ne reçoive le levain du christianisme, le sacrifice de la vie des enfants accompli de gaieté de cœur est probablement aujourd'hui aussi général en Chine et dans les autres pays païens qu'il l'était dans l'ancienne Grèce et à Rome. L'Eglise catholique a rigoureusement condamné l'exposition et le meurtre des enfants innocents. Elle Ta dénoncé comme un crime plus révoltant que celui d'Hérode, parce que son fauteur le commet contre sa propre chair et son propre sang. Elle a condamné avec une égale énergie l'atroce doctrine de Malthus qui suggéra des méthodes contre nature pour diminuer la population de la famille humaine. Si je n'étais pas retenu par la crainte d'offenser la modestie et de faire connaître ce dont >< l'ignorance est bonheur n, je m'étendrais plus longuement sur l'infanticide . anté-natal qui se répand insidieusement et systématiquement parmi nous au méprisdes pénalités légales et dé la loi divine qui dit : Tu ne tueras point (i) ».
Le dernier jour du congrès l'évêque John Keane prononça un discours sur la religion dernière. Il déclara que « les religions sont des systèmes pour arriver régulièrement ou irrégulièrement au grand but : l'union de l'homme avec Dieu (2). » Il montra que l'avenir de la religion dans le monde serait vraisemblablement
(1) Barrows, 1, p. 488; Neely's, p. 18S.
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meilleur que son passé, et que Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec la seule Eglise qu'il ait constituée, doit être à jamais le centre de la religion (i).
0 La séance de clôture du Parlement, dans la nuit du 27 septembre 1893, eut plus de grandeur encore que n'en avait eu la séance d'ouverture. Elle prit un caractère si sublime, qu'elle semblait appartenir à l'éternité et non pas au temps présent. Une assistance aussi nombreuse remplissait le Columbus Hall, quatre mille personnes au moins se trouvaient également rassemblées dans le Hall de Washington, attenant à celui-là, où la plupart des procès-verbaux de cette imposante réunion étaient répétés. Elle dura . trois heures; il y fut dit de nombreuses adresses d'adieu, et l'on y chanta l'Alleluia magnifique tiré de l'oratorio du Messie.
« Tandis que les sons de cette divine antienne passaient sur le vaste auditoire, toutes les têtes, d'un seul mouvement, se tournèrent vers le ciel, comme pour recevoir le souffle du vent d'une nouvelle Pentecôte, et entendre une voix d'en-haui proclamer enfin l'avènement de la fraternité humaine [3) ».
L'histoire du parlement des religions ne se termine pas avec la dissolution de celui de
{i) Ibid., p. i338: «Jésus Christ is the ultimate center of religion, He has declared that his oiie orgaiiic church is cqually ultimate. Because i bclievc hini, herc must be my stand forever n. — Neely's, p. 841 .
(2) Actes du t" congrès international d'histoire des religions, 1" partie, p. 245-146, rapport de M. Ch. C. Bonney.
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Chicago(i). Des comités se sont établis aux Etats-Unis pour en organiser la périodicité. Nombre de villes ont eu depuis 1893 leur petit congrès auquel ont assisté des catlioliques. Léon XIII en écrivait ainsi, le 18 septembre 1895, au cardinal Satolli:
u Bien que ces assemblées communes aient été jusqu'à ce jour tolérées par un silence prudent, il Nous semblerait plus sage que les catholiques tinssent leur congrès à part : toutefois, pour que le bienfait n'en soit pas détourné à leur seul profit, ils pourront régler ce congrès de telle sorte que ceux-là même qui sont séparés de l'Eglise catholique puissent y être admis à titre d'auditeurs, b
La lettre de Léon XIII ne paraît avoir eu d'autre résultat, aux Etats-Unis, que d'empêcher les membres du clergé catholique de figurer dans le comité pour « l'extension » du parlement religieux {2). Les assemblées elles-
(;) Pour avoir une idée compléie de la posiiioii prLse par les catholiques, il faudrait étudier leurs discours prononcés aux autres congrès tenus pendant l'exposiiinn. Voyez particulicremem deux discours de Mgr Ireland, l'un sur le progyèi humain, prononcé au Congres Auxiliaire et traduit dans Klein, l'Eglise et le Siielc, l'autre contre Vantisèmilisme, prononcé à un Congres Juif et publié dans Judaism al the World's ParUament of Religions {Cincinnati, 1894, ln-8'].
(1) Sur l'interprétation donnée par l'archevêque Ireland à la lettre de l^on XIII, voy. V. Charbonncl, Congrès universel.
mêmes n'ont pas cessé de se tenir annuellement. En 1900 il y a eu à Boston un congrès qui appela et accueillit les représentants des religions autres que le christianisme. Quand des prêtres catholiques assistent à ces réunions, les évêques ferment les yeux, tout comme ils ne les empêchent point d'aller prêcher quelquefois dans des temples protestants. La tolérance sur ces points est entrée dans les mœurs et elle constitue un des traits caractéristiques du catholicisme en Amérique (i).
près du'
(1) En mars 1895, l'archevêque Ireland prêcha dans une église congrégationnelle à Minneapolis. En avril igo3, Mgr Grâce, évdque de Sacramento, présida dans l'église épiscopalienne de cette ville, aux funérailles d'un notable, protestant ;on. Le service fut accompli par l'évéque épisco- 'évéque catholique-romain, assisté d'un de ses en anglais, une prière liturgique de son rite, aufalque. Comme, de la pan d'un évêque, )amais l'union n'avait été poussée aussi loin, cet acte a été cornmenlé {Cf. Review, n* du 4 juin igo3.) — On peut rapprocher de ce fait, l'assistance de l'évéque Scanlan à l'inauguration de la statue de Brigham Young, le fondateur de la secte des mormons, à Salt-Lake-City, le 34 juillet 1897. L'évéque ne bénit pas la statue, mais dit des prières extra- liturgiques selon la coutume en Amérique, dans ces sortes de cérémonies. 11 avait été choisi à cause de sa popularité, de préférence à beaucoup de dignitaires d'autres dénominations (Cf. Revieui, I septembre 01 9 décembre [897).
Inquiéiude papale (1894). — L'encyclique /.on^'Mjuj Oceani. ([8[|5). — La crise de ruoiversité (i%<p). — Les Béiraciai-
En 1894, l'historien officiel de Léon XIII, Mgr T'Serclaes, émettait les réflexions suivantes sur les affaires ecclésiastiques d'Amérique :
0 On ne peut se dissimuler que de grands dangers menacent l'Eglise des Etais-Unis, à cause de l'esprit d'indépendance inné dans l'âme de tout Américain, et qui passe facilement du terrain politique sur le terrain religieux, et aussi à cause de la rivalité des éléments de nationalité diverse qui affluent au sein de l'immense république (i). e
Les nouvelles que le délégué apostolique transmettait à Rome devaient être mauvaises. Les pouvoirs rigoureux qu'il avait exercés au commencement faiblissaient. On n'aimait pas
(1) TSerdaes, Le Pape Léon XIII, 11, p. î5i.
I?0 ENCYCLIQUE tl LONGINQUA 0
son ingérence. Il était arrivé ne sachant presque pas l'anglais ; les honneurs dont on l'avait comblé lui avaient paru dénoter le plus grand respect pour le Saint-Siège. Au fur et à mesure qu'il acquérait la connaissance de la langue, Il s'étonnait de ce qu'il entendait; beaucoup d'ecclésiastiques lui semblaient catholiques, mais pas catholiques a ultramontains », et d'autres ne lui paraissaient que chrétiens. Il avait été surtout bien accueilli par les progressistes, et voilà que leurs allures l'inquiétaient et il évoluait peu à peu du côté des conservateurs représentés par les jésuites et les Allemands.
Pour soutenir Mgr Satolli, le pape écrivit aux évèques des Etats-Unis l'encyclique Loginqua Oceaiii, datée du 6 janvier i8g5.
Quand on apprit en Amérique l'envoi de cette lettre, on conjectura qu'elle confirmerait et étendrait les pouvoirs du délégué. Quand on la lut, on n'y trouva rien de tel, maïs plutôt une sorte d'apologie pour son établissement. Il ne manqua pas d'ecclésiastiques bien informés pour dire que Mgr Satolli ne pouvait manquer d'être créé bientôt cardinal et que la délégation finirait avec son départ. Que si elle subsistait, elle serait sûrement réduite à un bureau d'enregistrement pour les affaires envoyées directement à la Congrégation de la Propagande.
ENCYCLIQUE a LONGINQUA » l3l
Les événements ne confirmèrent point toutes ces hypothèses. Le délégué fut bientôt promu au cardinalat, maïs il a eu des successeurs qui n'ont fait que d'affermir l'institution et d'étendre ses prérogatives (i).
(i) Le second délégué fut le cardinal Sebastiano Maninelli, frère du cardinal Tommaso-Maria Maninelli. Il a eu pour successeur, en octobre ryoa, Mgr Diomedes Falconio, précédemment délégué apostolique au Canada.
L'influence du cardinal Saiolli aux Etats-Unis a été très discutée. Il semble difficile de nier qu'elle n'ait été heureuse pour la pacification des esprits dans la question des écoles. Il allégea la fiscalité que les évêques avaient imposée au clergé et aux lidéles, répara des injustices, facilita les jugements ecclésiastiques, tempéra la justice avec de la miséricorde, opéra avec son tact et ses bons ofRccs des réconciliations extrajudiciaires. Il fit rentrer dans le giron de l'Eglise plusieurs prélies dont les plus connus sont Dominic Kolasinski et surtout le docteur Edward Mac Glynn, excommunié depuis cinq ans et auquel il rendît ses pouvoirs ecclésiastiques. Tandis que ses amis, ceux qui s'appelaient les ultramontains, lui ont reproché de ne pas les avoir as affaires de l'université catholique, si
Am. Review, may kjoo, p. 688).
On Ta blâmé d'avoir accepté des cadeaux en argent et d'être sorti riche d'une courte légation où il était entré pauvre. Ces derniers griefs ont souvent été répétés dans les discussions entre catholiques. Voici un exemple : En iSyg la CivUta Cat- Iplica nomma comme une autorité contre l'évolulionnisme le cardinal Salollî, en disant qu'il s'opposait ù ce système non seulement au nom de la métaphysique, mais encore au nom des sciences naturelles (7 gennaio 1895, p. 41). Le docteur Mivart, un ami de M. Hogan et de Mgr Keane, ûi cette réflexion: « If my information is curreci, ihc natural science to which cardinal Satolli is most devotcd is mineralogy, and
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l32 CRISE DE l"uN1VERSITÉ
Dans son encyclique Longinqua le pape avait rappelé que « l'enseignement sacré avait commencé à l'Université, en présence de Notre délégué, sous d'heureux auspices ». « Depuis lors, ajoutait-il, Nous avons appris que la théologie y est enseignée par des hommes remarquables dont le talent et la science sont unis à une fidélité et à une soumission toute particulière envers le Siège Apostolique, n Et il promettait à la nation américaine de tirer de très grands avantages de l'Université de Washington « si, maîtres et élèves, ce dont Nous ne doutons nullement, obéissent à Nos instructions, et si, éloignant les intérêts de parti et les disputes, ils se concilient la sympathie du peuple et du clergé. »
L'Université se développait peu à peu, A la fin de l'année 1894, on y avait ouvert « une Faculté de Philosophie, Sciences et Lettres ». Mais ce progrès cachait des misères.
Aussi mélangés de races et d'opinions que le reste de la nation, les professeurs et les étudiants de l'Université avaient pris position dans les querelles qui divisaient les catholiques. Tandis que le professeur de théologie morale,
especially metallurgy, he having acquired in (he United States a very large collection of spécimens in the form of dollars. » The Foylnightly Review, january 1900, p. 3-}, note.
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CRISE DE l'université i33
un Belge, le docteur Bouquillon, défendait les droits de l'Etat en matière d'instruction (i), deux professeurs allemands, les docteurs Schroeder et Pohle, soutenaient les théories favorables aux écoles confessionnelles. Le professeur Schroeder devint même bientôt, aux Etats-Unis, le véritable chef du parti Cahensly. Comme tel, il fut mis en quarantaine par l'élément irlandais-américain de l'Université.
L'harmonie qui régnait dans l'établissement depuis son ouverture cessa complètement. Mgr Schroeder et ses amis qui n'avaient pas paru y remarquer de déviations théologiques, en découvrirent d'intolérables. Accusés de libéralisme et de statolatrie, les américanisies, en manière de représailles, traitèrent leurs adversaires d'incapables.
L'accusation fut même portée contre Mgr
([] Son écrit ; Education : to ivhom does it belong? forl dis-
eic par un théologien très strict: il est « non seulement d'une orthodoxie irrépréhensible, mais d'une remarquable élévation de vues, jointe à une érudition peu commune. » Dom. L. Janssena dans \â Revue bénédictine, janvier rgo^, p. 5.
M. Périès l'appelle « un pamphlet tombé bien vite dans un juste mépris et qui souleva contre lui d'énergiques et indignées protestations ». Vérité, 6 povembre iSgô. Sur Bouquillon, voyez un article nécrologique dans Tlie Catholic Univ. Bull., janvier 1903, et une notice par le chanoine Rommel (Bruxelles, igaJ) in-8°, 79 pp. ; extrait de l'Eclio religieux de Belgique, fév. 1903).
l34 CRISE DE l'univebsité
Schroeder qui publiait des articles plus scolastiques que savants contre le libéralisme, le gallicanisme, le nativisme, le minimisme, le néo-protestantisme, l'américanisme, et qui, diton, se bornait de plus en plus à ne parler, dans son cours, que du pape et de la sainte Vierge, D'un autre côté, la personne du recteur luimême ne fut pas respectée. Il eut à subir toutes sortes de désagréments. Etant allé à une session du ivinler school, donner des conférences de philosophie à la Nouvelle-Orléans, il eut un jour, parmi ses auditeurs, le délégué apostolique, de passage dans cette ville. Mgr Satolli quitta la salle au milieu de la conférence, en manière de protestation contre l'interprétation que faisait révèque Keane des idées de Platon et « des œuvres de Socrate[i) ». On attaqua, par ailleurs, l'administration du recteur, on le plaisanta sur son projet d'ouvrir des cours aux jeunes filles, et sur le petit nombre des élèves (2), Bref, la vie à l'Université devint pénible.
Las de la lutte, le docteur Pohle, professeur
(1) Voyez des commentaires dans un article rétrospectif du Fosl, june, 5, iSgy; article inexact quant au rôle prêté au secrétaire du délégué apostolique. Celui-ci d'ailleurs comprenait alors l'anglais.
(1) En spécimen de ces polémiques, voyez The Revîew, 5 mars i8ij6et Y Observateur Louisianah d'avril.
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H. PÉRIÈS 1?5
d'apologétique, reprit, dès 1894, le chemin de l'Europe (i).
Il ne tarda pas à être suivi par M. l'abbé Orban, le bibliothécaire, un sulpicien qui avait été le secrétaire du délégué pendant sa visite chez les évêques, et qu'on fit rappeler par son supérieur.
En 1896, le professeur de droit canonique, M. l'abbé Périès, prêtre du diocèse de Paris, apprit qu'il allait être attaqué devant le Conseil des évêques administrateurs de l'Université. II chargea de sa défense l'évêque Hortsmann et lui remit un mémoire justificatif sur son élection à la chaire de droit canon, son enseignement, ses relations avec ses collègues. La pièce se terminait ainsi :
a Je ne veux point de scandale, mais Je vous préviens que si quelque chose est tenté contre moi, ie pays et la congrégation Romaine compétente seront mis au courant de l'esprit de cet établissement; et je
(i) Voyez à l'appendice sa lettre de démission. Après avoir professé la théologie à t'académie de Munster, il accepta, en 1896, anc chaire à l'université de Brcsiau. Rentré en Alle< magne, i! ne s'est occupé de l'américanisme que dans trois ou quatre articles, comme il l'a déclaré par une note du Sclilesitclie Volks^eilung, reproduite par The Review, 17 février 1898. L'un de ces articles annonce, dans le PhUosophisclien lahrbuches (v cahier), la publication du Catbolic University Bulletin.
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ne ferai pas cela pour me venger, mais dans Tintérét de l'Eglise.
a J'espère néanmoins que rien de tel ne sera nécessaire et que je ne serai pas obligé, pour l'honneur de mon nom et la défense de mes intérêts, d'entamer une lutte qui serait fâcheuse pour plusieurs et causerait un grand tort au grand but que nous nous proposons dans cette institution.
G. Périès.
« Je vous prie de ne pas perdre les documents me concernant. Je pourrais en avoir besoin (i). »
Les évêques directeurs de l'Université virent dans cette position une menace et une tentative d'intimidation. Le i8 avril, il prononcèrent le renvoi immédiat de M. Périès. Un compromis fut établi un peu plus tard, par lequel le professeur garderait sa chaire encore une année (a). Le cardinal SatolU qui l'avait toujours soutenu écrivit à son sujet au cardinal-archevêque de Paris :
« Je serais heureux si, prenant en considération le vif intérêt que je lui porte et l'estime toute spéciale que j'en fais, vous vouliez bien lui tenir compte des travaux qu'il a accomplis dans des circonstances dif-
(t) Voyeï à ["appendice le texte original. — Le passage cité ici fut publié en France dans la Vie CalhoUque du a? juin tSgg SI plus tard dans la brochure Genèse de l'Américanisme.
(s) Lettre Ju cardinal Gibbons, 3; mai 1896, à M. Përiès.
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