‹ L'américanismeChapitre 34 sur 120 · XX° SIÈCLE · texte numérisé non relu

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mais que tant de millions d'âmes aient pu résister aux persécucions sociales, à un enseignement anticatholique, à la licence que le divorce introduit dans la société (i) 0.

L'optimisme des hommes d'Eglises américains s'appuie sans doute sur la conscience qu'ils ont d'avoir tiré le meilleur parti possible des circonstances durant tout le siècle. Mais le jugement des observateurs laïques, à quelque secte qu'ils appartiennent, quand ils apprécient les résultats en eux-mêmes semble devoir se résumer dans la parole de M. de Nevers :

« Aux Etats-Unis, les religions sont en décadence ; dans tous les cultes se sont accumulées des ruines, un vent de scepticisme et d'indifférence souffle sur les consciences (2] »,

Et en effet les ministres des sectes différentes chrétiennes avouent ne plus craindre les progrès des sectes rivales, mais ceux de l'athéisme et de V l'infidélité ».

Les religions en Amérique, pour la plus

(i) Mgr Gabriels, art. cité, g XXIV.

(a) E. de Nevers, op. cit., p. 143. — « En fait, près des trois quarts des Américains vivent complètement en dehors de la pratique positive et suivie d'un culte. » Cl. Jannel, 1 1, p. 33. — a La religion, toute respectée qu'elle s indiffiirence générale. 11 Rousiers, op. cit., p. 3^3.

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grande partie de la nation, semblent n'être qu'une règle morale accolée à une vague synthèse théologique, survivance du passé : Dieu créateur et rémunérateur, sentiments héréditaires se rattachant au mouvement religieux causé par le Christ. Toutes les sectes sont devenues tolérantes parce qu'elles sentent que la critique fournit des objections contre leurs positions dogmatiques: elles ne font plus guère de controverse entre elles; elles tâchent de se surpasser les unes les autres par les bonnes oeuvres.

Les haines qui, au commencement du XIX^ siècle, dans beaucoup d'endroits, excitaient les protestants contre les catholiques, se fondirent au grand soleil de la liberté et firent place à des antipathies. Celles-ci ont disparu dans une concurrence religieuse à peu près loyale. Les sectes en sont venues à se témoigner entre elles de l'estime. Les plus respectées sont évidemment celles qui se sont placées au premier rang. Il n'y en a point de plus honorée, par conséquent que l'Eglise romaine. Cela ne veut pas dire que l'on reconnaisse son credo comme supérieur. Les credos respectifs des différentes églises sont dans la nation, en général, l'objet d'une respectueuse indifférence; on estime une Eglise pour ses œuvres et pour ses hommes. La

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puissante hiérarchie des catholiques, la régularité de leurs milices religieuses, l'organisation de leurs écoles et de leurs orphelinats, les institutions charitables, voilà ce qui assure le respect dont ils jouissent, beaucoup plus que ce qu'ils croient ou ce qu'ils prêchent. Un évèque est considéré comme on considère tout homme intelligent arrivé aux premières places de sa carrière. Quand un homme d'église meurt, à quelque dénomination qu'il appartienne, la plus belle oraison funèbre qu'on puisse prononcer se résume en ces mots : il fut un homme de progrès, de savoir, d'initiative, tout dévoué à la diffusion de l'éducation et de la science, au bien être des masses. Même pour un prêtre catholique, il n'y a point de plus bel éloge. On ne parle pas, généralement, comme dans le vieux monde, de son orthodoxie, de sa modestie, de son humilité, de son obéissance, de son « esprit d'oraison ». L'action: tel estlecritère incontesté d'après lequel on juge les hommes et les sectes. . Assurément il existe aux Etats-Unis comme ailleurs des esprits plus contemplatifs et mystiques : ce sont ordinairement ceux qui changent de religion. Les journaux d'une communion célèbrent les conversions qu'elle opère, ils taisent les pertes qu'elle subit. En réalité, il se produit entre les diverses dénominations, un

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va et vient continuel d'àmes inquiètes et chercheuses, mouvement inconnu dans les pays où règne une foi professée par une très grande majorité. Le nombre des sectes et la diversité de la prédication religieuse, permet à chacun en Amérique, comme en Angleterre, de trouver ce qu'il peut désirer, en fait de religion, aux différentes époques de sa vie(i). Une manière très

(i) La presse françaEse sur la religion aux Etats-Unis, ne nous parle que de conversions ; ïl y a autre chose, comme on peut en juger par les faits et noms suivants. Le P. Léon Bouland quitta l'Eglise romaine en 1888 pour passer dans l'Eglise épiscopalicnne, il retourna dans sa confession première en i8g5. Vers le même temps, un prêtre de l'Eglise épiscopalienne entra chez les pautistes qui le firent ordonner sousdiacre; peu de temps après il reprit son ancien ministère, — Le nomlire des prêtres et des religieux qui quittent l'Eglise romaine me semble élevé. Pour la courte période des controverses américanistes, j'ai relevé dans les journaux des Etats- Unis les noms de MM. Fitzgerald, Mac-Mahon, Murphy, James O'Connor, Ruthven, Joseph Slattery, Tobin, De Vere, Bechger [dominicain, [SgS), A. Lambert (rédemptoriste belge, 1894), Edward Martin (iSgS), Manuel Ferrando [capucin espagnol, 1895), Miel (jésuite, mort en [goS, recteur de l'Eglise protestante française de Philadelphie). La liberté intellectuelle et pratique dont jouissent les prcires américains rend cependant les défections plus rares qu'en France.

On. trouve parfois aux Etats-Unis des prêtres dégagés de préjugés à un degré qui étonne les Américains eux-mêmes. Je crois qu'on peut citer en exemple Je Rev. D' J.-J. Doherty. Cet ecclésiastique mort en avril 1896 à Honesdale [Pensylvania), laissa par testament 14.000 dollars à différentes institutions catholiques, et 20.000 dollars pour construire un opéra dans la petite ville où il avait été curé pendant 3j ans.

On assure que des prêtres et peut-être des évêques feraient

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-individualiste d'entendre le catholicisme, conception qui se rattache à l'école du P. Hecker, semble attirer de nombreux convertis dans son sein et diminuer les apostasies. Le cathoUcisme aux Etats-Unis devient une religion aussi large que Test en Europe l'église anglicane, et par tout le monde, l'église épiscopale. Chacun de ses membres l'entend et surtout le pratique à sa façon sans encourir les blâmes du clergé méticuleux et tracassier des pays latins.

Au total, si l'on veut caractériser l'essence même de l'évolution religieuse aux Etats-Unis, il faut dire qu'elle entraine complètement toutes les sectes dans le sens de ce qu'on appelle en Europe, improprement, « le protestantisme libéral (i)». a C'est une religion de l'humanité greffée sur le christianisme {2). » « Toutes les

partie de sociétés secrètes lelles que les Elks et l'Order of tbe Knights ofColombus; voy. The Review, i5 janvier el i" mai

On m'a communiqué du papier à lettres, avec en-tête mystérieux et symbolique, dont se sert un prêtre de la province ecclésiastique de Milwaukee, qui s'est vanté, même devant son évêque, d'être u satanique o. En France, je n'ai pu constater de « satanisme ecclésiastique u que dans les romans de M, J.-K. Huysmans.

(r) Voyez Jean Réville, Le protestantisme libéral: ses origines, sa nature, sa mission (Paris, Fischbacher, in-12, igo3, 182 p.) et M. Hébert, La Religion de la conscience humaine (Bruxelles, extrait de la Revue de Belgique, juillet i<jo3, in-8, tg pp. et reproduit dans Le Chrétien Français, îo août igoB).

(1) Bargy, p. XX.

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Eglises des Etats-Unis, protestantes, catholiques, juives et indépendantes ont quelque chose de commun. Elles sont plus voisines . entre elles que chacune d'elles ne l'est de son Eglise-mère d'Europe et l'ensemble de toutes les religions d'Amérique forme ce qu'on peut appeler la religion américaine(i). « Cette religion s'inspire de l'esprit et des principes du peuple et de la République des Etats-Unis.

Mais pour un spectateur superficiel et ordinaire, au commencement du XX' siècle comme dans tout le siècle précédent, c'est surtout au point de vue politique que différent les clergés de l'ancien et du nouveau monde. Tandis qu'en Europe les prêtres romains boudent les idées modernes, haïssent les nouveaux régimes, désirent leur chute, paralysent les gens soumis à leur influence en gémissant sur le malheur des temps, la décadence des races, l'audace croissantedes juifs et des francs-maçons, tandis qu'ils montrent l'idéal au moyen âge dans l'union du sacerdoce et de l'empire, et n'envisagent l'avenir qu'avec défiance, le clergé des Etats-Unis n'a cessé de prêcher la loyauté à une constitution adaptée aux besoins des temps nouveaux, la marche en avant, l'idéal rationnel, la foi dans un

bel avenir. C'est qu'en effet « la religion américaine eut toujours pour but le bien être de la race. Elle est la poésie du civisme (i) ».

Ecoutons la voix d'un des évéques les plus populaires.

B Tout comme je crois que Dieu gouverne les hommes et les nations, je crois qu'une mission divine a été assignée à la République des Etats-Unis. Cette mission est de préparer le monde, par l'exemple et par l'influence morale, au règne universel de la liberté humaine et des droits de Thomme. L'Amérique ne vit pas pour elle seule ; les destinées de l'humanité sont confiées à sa garde. Aucune doctrine de Monroe ne confine sa démocratie aux bords de l'Atlantique et du Pacifique. Le droit de cité américain soutient les droits de l'humanité. Au temps de Washington, l'esprit de l'Amérique, que les soldats de Lafayeite et de Rochambeau remportèrent dans leur patrie, hâta la Révolution française. En Europe, cependant, la liberté fut retardée dans ses progrès parles sauvages excès de ses propres champions. Mais, prenant espoir et courage dans la démocratie américaine, elle n'a jamais cessé de combattre jusqu'à ce que l'Europe devint, en fait, si ce n'est de nom, libre et démocratique. Aujourd'hui la France est une république bien établie. L'Espagne et l'Italie ont atteint les confins du régime républicain. L'Allemagne élit son parlement que craint un Hohenzollern et auquel il obéit. En Angleterre, le suffrage est presque univer-

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sel; il Test entièrement en Belgique. En Russie le

gouvernement doit compter avec les masses de la population et, même dans le lointain Japon, un parlement partage le suprême pouvoir avec celui qui occupe le trône autrefois déifié du Mikado. Mais planant au-dessus de tous, l'Amérique s'élève devant le monde entier, dans le pouvoir et la majesté de la démocratie personnifiée, espoir des amis de la liberté, désespoir des ennemis de la liberté, O Amérique garde toi bien toi même ! car si tu tombes, les espérances de l'humanité tombent avec toi (i) ».

a Laissez-moi dire ceci aux catholiques américains ; Soyez américains, dans le sens le meilleur et le plus vrai du mot américain ! Aimez l'Amérique, aimez ses institutions : soyez dévoués à ses intérêts ; ardents à la défendre, lents à la critiquer. Dans le passé, l'Eglise en Amérique dut aux nécessités de circonstances d'avoir d'abord un aspect, un accent d'étrangère ; il serait ridicule de dire qu'elle n'en a pas souffert. Pour écarter, prévenir tout malentendu, toute méfiance, nous devons, pour l'amour de l'Eglise et de la patrie, presque exagérer dans nos cœurs et porter haut dans notre vie, notre américanisme. Il ne faut pas que nous fassions un geste, que nous prononcions une parole qui soit un prétexte à croire que nous ne sommes pas en intime accord avec notre pays. Sans doute, point n'esi besoin d'approuver tout ce qui se fait en son nom ou tout ce qu'il a fait lui-même ; coirime tout citoyen, nous avons le droit de critiquer, de travailler à modifier

(0 Mgr Ireland, discours prononcé en iSgS, Church Modern Society, p. 175.

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OU détruire ce que nous condamnons; mais il faut que, quoique nous fassions, l'amour profond de l'Amérique transpire pour ainsi dire de tous nos actes, et que nos critiques soient évidemment inspirées par l'amour de notre pays. Il y a parmi un certain nombre d'entre nous, j'ai grand regret à le dire, une disposition à toujours critiquer, à se rejouir d'avoir à blâmer, une tournure d'esprit et de cœur qui fait exagérer le mal, amoindrir le bien, qui porte à chercher les occasions de se plaindre pour avoir le triste plaisir de se lamenter toujours. Cet état d'âme est incompatible avec un sincère amour de la patrie, ses manifestations font un grand tort à notre Eglise aux yeux des Américains sérieux et intelligents ; par pitié pour FEglise et la patrie qu'il n'en soit plus question.

« Quand nous avons de justes motifs de nous plaindre, comme catholiques, faisons-le en parfaits citoyens ; travaillons, par les voies que le patriotisme approuve, à faire redresser les torts que l'on a envers nous. Il est des changements désirables mais impossibles à faire réaliser immédiatement et en bloc par suite des circonstances de temps et de lieu, mais à pan ceux-là, sans rien sacrifier de notre patriotisme, nous pouvons les obtenir tous et bientôt. Pour moi, j'ai une confiance sans limiteen la liberté américaine et dans la justice de l'Amérique ; je crois fermement que c'esi la volonté bien arrêtée de nos hommes d'Etat comme de tous les citoyens américains, que chaque classe de la société américaine, jouisse de tous ses droits. Je ne connais pas un seul cas où une réclamation juste et faite dans les formes n'ait été accueillie avec bienveillance et bientôt suivie

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de ce que réclamaient la j^ustice et l'intérêt de la pairîe(i}»,

n République d'Amérique, reçois le tribut de mon amour et de ma loyauté. De loute mon âme, je te rends hommage. Je prie de tout mon cœur pour que ta gloire ne soit jamais diminuée. — Esto perpétua ! Tu portes dans (a main les espérances de la race humaine. Ta mission, reçue de Dieu, est de montrer aux nations que les hommes sont capables des plus hautes libertés civiles et politiques. Sois à jamais libre et prospère! Que par toi la liberté triomphe sur toute la terre du levant au couchant! — Esto perpétua! Souviens-toi que la religion et la moralité peuvent seules donner la vie à la liberté et lui conserver une jeunesse qui ne se flétrit point. Crois-moi, ta plus sûre espérance est dans l'Eglise dont de faux prophètes voudraient t'inspirer la crainte. Crois-moi, il n'y a pas de cœurs à t'aimer plus ardemment que les coeurs catholiques, pas de langues à célébrer mieux les louanges que les langues catholiques. Dans la guerre et dans la paix, pour défendre tes lois et tes institutions aucunes mains ne s'élèveront plus volontiers et plus vaillamment que les mains caihohques. Esto- perpétua ! {2) »

Moins lyrique, l'évêque Spalding, exprime cependant les mêmes sentiments :

B Nous avons la plus intime conviction que l'Amé-

(0 Ireland, discours prononcé le 17 avril 1901 dans la cathédrale de Dubuque, à la remise au pallium a Mgr Keaiie,

(3) Péroraison d'un discours prononcé le 10 novembre 18B4 dans la cathédrale de Bahimore, Church Modem Society.

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rique est le plus grand don que Dîeu ait fait sur terre à ses cnTants ; qu'il l'a destinée à être la patrie d'une plus noble race, la demeure d'une humanité plus semblable au Christ et plus divine, dont l'influence bienfaisante sera aussi expansive que l'amour et qui se répandra par tout le monde universel (i).

1 Ceux qui s'arrêtent la tête tournée en arrière et les regards toujours fixés sur l'Europe, ne nous impressionnent pas. Qu'y a-t-il en Europe de plus sacré qu'en Amérique. L'histoire de l'Europe n'estelle pas faite pour une large part, d'une suite de guerres, de tyrannies, d'oppressions, de massacres et de persécutions ? Sa passion du lucre ne lui a-telle pas fait opprimer toutes les races inférieures du globe? Combien de temps ses divers peuples ne se sont-ils pas regardés face à face, les armes à la main, prêts à s'entr'égorger ! Pourquoi l'Europe seraii-elle pour les catholiques un si grand objet de respect et d'admiration ? La moitié de ses habitants ne sont-ils pas révoltés contre l'Eglise ? Et dans les nations qu'on appelle catholiques, mais qui sont pour la plupart gouvernés par des athées, quelle manifestation si frappante de vie et de force religieuse trouvons-nous donc à contempler ? (*). »

Telle est la manière dont parlent de politique aux Etats-Unis les évèques américanistes. Ce n'est pas à dire qu'ils s'illusionnent sur les maux existants dans leur patrie.

(i) Sociatism and îabor, p. [Sg.

(2) Opportunité, p, jo5.

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H Les difficultés sont grandes, dit levéque Spalding. Nous ne sommes qu'une minorité. Nous portons encore les traces et raftaiblissemem de blessures reçues au cours de plusieurs siècles de persécutions, A une époque où des sciences, des découvertes et des théories nouvelles fascinent les esprits et détournent leurs regards du passé vers l'avenir, nous demeurons attachés à une foi ancienne. A un peuple que ses richesses prodigieuses et ses rapides triomphes sur la nature poussent à exagérer la valeur du progrès matériel, nous prêchons la religion de l'esprit. A une génération intellectuelle et raffinée qui 1 lient pour un mal tout ce qui est douloureux, qui veut laisser de côté tout ce qui est difficile, nous enseignons le devoir de l'abnégation. D'une société où les enfants commencent à ne plus accorder, même à leurs parents, le respect et l'obéissance, nous exigeons une soumission religieuse à l'égard de l'Eglise. Dans de pareilles conditions, n'esi-il pas nécessaire, je ne dis point pour aller de l'avant, mais pour rester seulement sur nos positions, de ne né-* gliger aucune des ressources qui peuvent nous aider à déployer le maximum de nos forces? [i). »

Le clergé a toujours déploré, particulièrement avec toute la force dont il était capable, la corruption politique, la diminution du respect de la propriété, le relâchement du lien matrimonial, l'affaiblissement de l'influence du foyer, l'abaissement des principes religieux. Mais ses plaintes

(1) Opportunité, p. 26[.

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n'ont jamais pris l'expression d'une opposition au gouvernement, ni à l'évolution sociale. Et c'est ainsi que l'Eglise romaine a vaincu l'ancienne hostilité des bigots et deg patriotes protestants. Cette hostilité ne pourrait-elle point revivre au soupçon que le clergé influence le vote des fidèles (i), et les doctrines du Syllabus ne causeront-elles point de conflit? Un observateur pose des problèmes :

B La puissance des catholiques s'est accrue aux Etats-Unis au point d'inquiiSier certaines catégories de citoyens qui déjà se groupent pour l'enrayer (2).

(r) Pour éviter ce soupçon les évêques des Elals-Unis se sont toujours soigneusement tenus à l'écart de la politique. A la lin de 1H94 en prenant part aux luttes électorales en faveur des Républicains contre les Démocrates, l'archevêque ' Ircland causa du scandale. Non content de protester contre cette ingérence, du haut de sa chaire épiscopale (voyez la traduction de sa déclaration dans Maignen, le F. Hecker est-il un saint ? pp. 305-270). l'évéque de Rochester, Mgr Mac Quaid envoya à la Sacrée Congrégation de la Propagande, en février iSgi, un paquet de documents tendant à prouver: [° que Mgr Ireland, pour avoir fait au Minnesota et à New- York, publiquement campagne avec les Républicains contre les Démocrates, reçut de son parti une c large compensation pécuniaire > ; 2° que depuis plus de deux ans il persécutait vigoureusement l'archevêque Corrigan directement par luimême et avec l'aide d'autres personnages. Le cardinal RampoDa blâma Mgr Mac Quaid et dit à Mgr Ireland de se tenir tranquille. Depuis ces deux prélats se sont réconciliés. (2) Voyez ci-dessus p. ioi-!o3, notes sur VAmerican Pro-

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