‹ L'américanismeChapitre 43 sur 120 · BESOIN DE CROIRE · texte numérisé non relu

BESOIN DE CROIRE

Ces propos écrits en 1890 résument un mouvement qui se dessinait alors dans une partie des étudiants de Parts. Au banquet de leur association présidé par M. Henry Bérenger, MM. Melchior de Vogué et Jules Ferry avaient pris la parole, M. de Vogiié exalta les bienfaits de la foi, tandis que Jules Ferry, gagné par l'enthousiasme, revendiqua pour l'amour le rôle de sauveur de la démocratie moderne. Le tendemain, la presse saluait la résurrection spirituelle et chrétienne de la jeunesse. Les étudiants prirent la chose au sérieux. Les uns voulurent créer un grand mouvement idéaliste. Les autres altèrent jusqu'à déclarer qu'ils voulaient n croire »; tous se laissèrent baptiser « néo-ctirétiens ».

Parmi ces jeunes gens les uns étaient élèves des collèges catholiques et cherchaient à conserver leur foi. Les autres avaient été instruits presque en dehors de la religion nationale, en vertu d'un nouveau principe qui s'appelait « la neutralité scolaire ». Il semblait qu'on leur eût donné comme règle de morale de pratiquer celle de tout le monde, comme règle littéraire de montrer de l'esprit, te plus d'esprit possible, comme règle iniellectuetle de croire à la science. Mais il semblait aussi qu'ils n'eussent pas mis de temps à s'apercevoir que la morale de tout le monde n'est vraiment guère idéale, qu'il est

nji, ivC.(.H>glc

Page 1