DIFFICULTE DE CROIRE
En effet, l'expérience avait certainement appris, à quelques-uns des chefs du mouvement, que la vie est chose sérieuse, que sans force morale directrice l'on n'aboutit qu'à créer son malheur et celui des autres, que la religion donne cette force aux individus et même qu'elle est la meilleure sauvegarde de la société.
Puisqu'il s'agissait de croyance et de religion, à laquelle devait-on se rallier ?
Les chefs de cette renaissance étaient nés catholiques, ils s'adressaient à des coreligionnaires. Il semblait naturel que l'objet de la croyance fût le catholicisme, d'autant plus que, d'après un principe fort répandu à cette époque et dans ce milieu, n on ne change pas de religion ». Mais comment se proclamer catholiques ? Personne ne l'osait. Irait-on à confesse ? Feraiton ses Pâques? Et le Syllabus? Et l'histoire de Jonas? L'enseignement catholique était censé totalement inacceptable à tout homme intelligent et désireux de voir clair. Il existait bien un
gcslalion aérienne de la jeunesse et, dans un opuscule intitule « Le devoir présent a, il prêcha l'idéalisme gai et prétendit apporter aux âmes endolories un réconfort u (p. VII). s Le mouvement que des pions de l'Ecole Normale et que des feuilles ont annoncé est donc, en somme, nul. Il se trouvera peutêtre de vagues dilettantes, quelques sceptiques qui rôderont, en littérature, autour des choses pieuses et les saliront en y touchant, et ce sera tout ; il en sera de même pour les autres arts» (p. XI).
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