‹ L'américanismeChapitre 50 sur 120 · LE CONGRES OES · texte numérisé non relu

LE CONGRES OES

l'avait montrée ; des partisans des congrès s'étaient interposés pour qu'elle ne fût pas rendue publique et leur opposition avait été assez forte pour en empèclier, jusqu'à ce que la nécessité d'arrêter le mouvement qui se dessinait en France, forçât de passer outre.

Mgr Ireland n'en déclara pas moins que les congrès des religions continueraient d'avoir Heu comme auparavant. A ses yeux l'acte pontifical était une manière d'ordonnance de police, pour que la conscience la plus délicate et la plus scrupuleuse ne pût être alarmée et pour que le noncatholique le plus irréfléchi ne pût se tromper sur la position de l'Eglise (i).

M. Charbonnel partageait l'avis de l'archevê-

liques tinssent leurs congrèa à part; loutcfois, pour que le bienfait n'en soit pas détourné à leur seul profil, ils pourront régler ces congrès de telle sone, que ceux-là mêmes qui sont séparés de l'Eglise catholique, puissent y être admis à litre

En même temps. Vénérable Frère, que Nous avûns voulu remplir un devoir de noire charge apostolique en vous faisant cette communication, il Nous a plu de vous recommander la pratique suivie par les prêtres Paulistes. Ceux-ci ont pour sage méthode de faire des conférences publiques pour nos Frères dissidents, et d'expliquer ainsi les dogmes catholiques ou de réfuter les objections qu'on oppose à ces dogmes. Si chaque évêque encourageait la pralique et la fréquentation de ces conférences. Nous verrions avec joie cela s'accomplir ; car Nous sommes assurés qu'il en résulterait de grands avan-, tages spirituels pour les âmes. Nous vous souhaitons, etc.

(i) Charbonnel, Congrès universel, p. lïo cl [jy.

ivC.tH>^le

252 LK CONCRKS DKS RELIGIONS

que de Saint-Paul. Bien qu'on ne connût pas exactement la teneur du document et les circonstances qu'il visait, son effet fut très prompt. La Croix, La Vérité, L'Univers y virent la condamnation du projet de 1900. M, Fonsegrîve qui, sous le nom de Jean Lacoste Tavait, dans la Gabelle de France du 14 septembre, couvert d'éloges, le sacrifia sous le nom d'Yves Le Querdec, avec la plus grande désinvolture, dans le Monde du 11 novembre. Les palinodies comniencèrent. M. Charbonnel qui les attribuait à l'attitude de l'archevêque de Paris, lui adressa une apologie de son projet dans une lettre ouverte, publiée par l'Eclair du 14 novembre. Il semblait difficile de vouloir offusquer davantage le cardinal et de mieux lui prouver que le prêtre qui célébrait avec tant d'emphase la tolérance et la liberté tombait sous la condamnation du Syllabus. La lettre changeait de face la question. Un néo-chrétien, critique distingué, M. Edouard Rod (1), le fit remarquera l'abbé en lui envoyant ses appréciations.

(1) Pour M. Edouard Rod, la religion n'est pas « avant tout une affaire de foi » mais o avant tout une institution, une force sociale et politique, u II ajoute ; « on a la foi ou on ne l'a pas, e peut qu'en éîoiRner davantage. Il me semble nière de servir la cause de la religion, c'est de la :n bon catholique, si l'on est catholique, en bon pro- ' l'on e6t protestant, en bon boudhiste, si l'on est

K En effet, au début, il s'agissait de savoir s'il est ou non souhaitable, dans l'intérêt de la foi clirétienne, ou de l'esprit religieux, qu'un congrès de religions se tienne à Paris pendant l'exposition prochaine. Aujourd'hui, il s'agit de savoir si, sans perdre de vue les mêmes intérêts, l'on doit souhaiter le réveil du catholicisme libéral tel qu'il exista pendant un temps ou faillit exister. Vous reconnaîtrez avec moi que cela n'est plus la même chose et que c'est beaucoup plus grave.

B Le catholicisme, tel qu'il nous apparaît aujourd'hui, me semble être un composé de deux éléments qui pourraient sans doute être séparés, mais qui ne le sont pas ; il est un corps de docirines et une force sociale ; en d'autres termes, une religion et une politique. Je crois avec vous que plus de libéralisme dans ses dogmes et dans sa constitution, ne nuirait point à la foi chrétienne, dont il est le gardien, ou peut-être même la servirait. Mais j'ai peine à croire qu'on puisse toucher à l'édifice sans l'ébranler entièrement. Et cet édifice me parait être le seul qui ait conservé, à travers les siècles, sa solidité primitive. Vous croyez que des deux éléments, celui qu'il importe le plus de sauver, c'est la foi : telle était l'opinion de Luther. D'autres estiment, au contraire, que l'élément politique importe davantage ; telle fut, si je ne me trompe, l'opinion des docteurs du Concile de Trente, qui s'appliquèrent surtout à préserver, contre toute atteinte, la constitution matérielle de

boadhisie. 0 Lctlrè datée de Paris du 2? novembre i8ij6 ei pubtiéedansCharbonnel, Le Congrès des religinns et la Suisse, p. 89.

l'Eglise. Et c'est peut-être parce qu'ils ont eu ce souci, que l'Eglise est restée debout, malgré tous les assauts qu'elle a subis. Que ceux qui jugent, comme Luther, que la Foi imponeplus que l'Eglise, souhaitent l'introduction du libéralisme dans le catholicisme : ils seront conséquents avec eux-mêmes. Mais ceux qui jugent, avec les docteurs du Concile de Trente, que l'Eglise importe plus que la Foi, seront forcément amenés à les combattre. Et Je crois bien que cett-e opinion sera toujours celle des chefs de l'Eglise, papes ei cardinaux. Seraient-ils animés des intentions les plus libérales, ils seront obligés par la force des choses de les sacrifier, aussitôt qu'elles menaceront de conduire à des résultais pratiques (i),»

M. Charbonnel, sans être suivi d'aucun des catholiques, même des plus libéraux, continua quelque temps encore la propagande de l'idoe en France, en Belgique et en Suisse.

Aux conférences qu'il donna, les catholiques intransigeants, ont uni ce qu'ils ont appelé « le congrès des intellectuels de Gand ».

En février 1897 le cercle littéraire des étudiants catholiques de l'Université de Gand, s'offrit le plaisir de tenir une réunion sous la présidence du sénateur catholique de l'endroit. Des représentants de la jeunesse des autres Universités catholiques belges y furent invités.

(i) Charbonnel, Congrèsmiy., p. 3o3.

Page 1