L IH MIGRATION
L'évêque England, qui était Irlandais, écrivait à l'un de ses amis, )e 25 février i835:
« Je suis chaque jour de plus en plus convaincu que le génie de la nation et l'administration des Français ne sont pas facilement conciliables.-En outre, l'un des plus forts préjugés contre notre religion est qu'elle esi étrangère, qu'elle n'est pas Américaine.
« Les Irlandains se fondent facilement avec les Américains. Leurs principes, leurs disposiiions, leur politique, leurs idées de gouvernement, leur extérieur deviennent très prompiement américains. Ils vantent l'Amérique et la préfèrent aux oppresseurs de leur patrie. Les Français ne peuvent jamais devenir Américains. Leur langage, leur amour de ta belle France, leur air, leurs idées, leur maintien, leur façon de s'habiller, la manière dont ils parlent de leur religion,.tout, tout est étranger. Un Américain dît alors: B Cela peut être très bon, mais c'est de l'aristocraiie étrangère ». — Si insignifiant que, puisse paraître ce préjugé il n'en a pas moins étonnamment empêché le progrès de notre religion. Les Français se réfèrent généralement à la France comme au type de la perfection. Les prêtres français sont généralement de braves gens, ils aiment la religion, mais ils font que la religion catholique paraît exotique, et ils ne peuvent pas comprendre pourquoi on ne lui donnerait pas une apparence conforme aux principes américains.
0 Aussi je n'hésite pas à dire qu'avec toutes leurs vertus ils sont bien loin d'être des pasteurs convenables pour cette République. Avec un grand zèle et
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une excellente conduite morale, ils ont, en beaucoup de circonstances, empêché ^introduction d'autres prêtres qui seraient plus utiles. »
Si dur que soit ce jugement pour l'amour propre français il semble fondé. Les prêtres français recevaient, depuis la réouverture des séminaires après la Révolution, et devaient recevoir bien longtemps encore, une formation qui les rendait étrangers aux aspirations intellectuelles, politiques et sociales de leur propre pays. A plus forte raison devaient-ils le paraître dans une nation démocratique et nouvelle.
De nombreuses défections furent la conséquence de cet état de choses.
L'évêque England estimait que le nombre des catholiques des deux Carolines, en i832, était de dix mille sur cinquante mille descendants de catholiques. Il pensait que son diocèse ne formait point une exception, quoique, dit l'évêque John Spalding, il se trompât probablement sur ce point (i).
La victoire du clergé sur les conseils de fabrique, le développement de la hiérarchie, de judicieuses réformes accomplies par les conciles provinciaux produisirent une amélioration continue.
(i) Life of M.^J. Spalding, p. 3î3, note.