‹ L'américanismeChapitre 70 sur 120 · VI. — « Les vertus naturelles i · texte numérisé non relu

VI. — « Les vertus naturelles i

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oppent, surtout chez l'homme,

Noie théologique : Opinioj

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LETTRE DE LÉON Xllt 34 1

3- Ils disent à tort que les vertus qu'ils appellent passives convenaient aux siècles passés, mais qu'il faut aujourd'hui cultiver de préférence celles qu'ils appellent actives.

o A cette opinion sur les vertus naturelles et surnaturelles s'en rattache étroitement une autre, par laquelle toutes les vertus chrétiennes sont pour ainsi dire divisées en deux classes : en passives, comme Ton dit, et en actives. On ajoute que les premières convenaient mieux aux siècles passés, et que les secondes sont plus conformes au temps actuel(i),

« Ce qu'il faut penser de cette division des vertus est évident, car une vertu qui serait vraiment passive n'existe pas, ni ne peut exister, a Le mot vertu, dit saint Thomas, désigne une certaine perfection de la puissance; mais la fin de la puissance est l'acte, et, un acte de vertu n'est rien autre chose qu'un bon emploi du libre arbitre « (1° Hi^ ,a. i) fait avec l'ap-

(i) B Les venus passives, avait écrit l'abbé Klein, qui É l'honneur d'une époque où l'on n'avait qu'à suivr doivent parioui reculer devant ces vertus actives sans lesquelles rien ne tient plus, u (Préface, g III.) Dans la y édition, M. Klein avait ainsi atténué ce passage ; o II ne suffit plus, comme à certaines époques, de suivre le courant pour bien mener sa vie ; presque rien aujourd'hui ne peut se taire sans initiative. » (p. XIX). Voy. p. agg, 401. — n Aujourd'hui que le concile du Vatican, aux applaudissements du P. Hecker, a mis l'autorité dogmatique au-dessus de toute contestation pour les chrétiens, l'heure est venue de substituer au culte des verrai passives celui des vertus actives, lenerj^ie, la décision, et surtout la recherche individuelle des inspirations de l'Esprit-Saint, comme vient précisément de le recommander la dernière encyclique de Léon XIII. u La Politique nouvelle, n* du 14 juin tHifj.

pui de la grâce de Dieu, si c'est un acte de vertu surnaturelle (i).

a Que les vertus chrétiennes soient adaptées les unes à une époque, les autres à un autre temps, c'est ce que prétendra seulement celui qui oubliera les paroles de l'Apôtre : « Ceux que Dieu a connus par sa prescience, Il les a aussi prédestinés à devenir conformes à l'image de son Fils ». {Rom. VIII, 39.) Le maitre et le modèle de toute sainteté est le Christ; il est nécessaire qu'à sa règle se conforment tous ceux qui désireni entrer au séjour des bienheureux (2).

n Or le Christ ne change pas dans le cours des siècles, mais « Il est le même aujourd'hui qu'il était hier et qu'il sera dans tous les siècles n. (Hébr. XIII, 8.) C'est donc aux hommes de toutes les époques que s'adresse cette parole ; « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. » (Matthieu, XI, 20). Etc'esi en tout temps que le Christ se montre à nous comme " s'étant fait obéissant jusqu'à la mort ». {Philip. II, 8.) C'est en tout temps aussi que demeure vraie la parole de l'Apôtre : u Ceux qui sont disciples du Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et ses concupiscences. « [Galat. V, 24.) Plaiseà Dieu qu'un bien plus grand nombre d'hommes cultivent maintenant ces venus comme l'ont fait les

(r) Voy. p. 401 Cl ci-dessus p. 43.

il ne s'agit pas évidemment d'une ps l'acte. On y dit que les vertus passï cultivées. La culture exige l'effort, c deui genres de venus.

(î) Voy. p. 281, 299.

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saints des siècles passésfi). Ceux-ci, grâce à leur humilité, a leur obéissance, à leur frugalité, furent « puissants en œuvres et en paroles », et rendirent les plus grands services non seulement à la religion, mais encore à leur pays et à la société (2).

4° Ils disent à tort que les vceux de religion sont opposés au génie de notre temps.

B Ce mépris des vertus évangélîques appelées à tort passives, devait avoir une conséquence naïurelle : à savoir que le dédain de la vie religieuse se répandit peu à peu dans les âmes (3].

11 Que ce soit un sentiment commun chez les partisans des opinions nouvelles, nous le concluons de certaines doctrines qu'ils ont exprimées concernant les vœux que les ordres religieux prononcent. Ils disent en effet que ces engagements sont lout à fait

{1) Voy. p. XXXIX, L, LVII, 164-166, r68-i70, 172. 190, 307, 378, 181, i85, Î99, 3oo, 3i2-3i3, ïij-îig.

(3) Suite du Syllabus :

VII. — « Les vertus chrétiennes se divisent en deux clauses : les unes dites passives, les autres actives ; les premières convenaient mieux aux siècles passés, tandis que les secondes sont mieux adaptées au temps présent. «.

B Notes théologiques: opinion faune {il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de vertu vraiment passive), opinion contraire à la révélation divine en ce qu'elle prétend qu'il y a des vertus chrétiennes plus appropriées que d'autres à certaines époques. Le Christ règle et modèle de toute sainteté, ne change pas suivant les temps. 11

(3) « Notre siècle n'est pas un siècle de martyrs, ni un siècle d'ermites, ni un siècle monastique u p. 314 et XLlIl. Voyez ci-dessus p. 45.

contraires au caracière de notre époque, en tant qu'ils resserrent les limites de la liberté humaine ; qu'ils sont mieux faits pour les âmes faibles que pour les fortes, ei que, loin de contribuer à la perfection chrétienne et au bien de la société, ils nuisent plutôt à l'une et à l'autre et empêchent leurs progrès(i).

« La fausseté de ces assertions ressort avec évidence de l'usage et de la doctrine de l'Eglise, qui a toujours approuvé hautement la vie religieuse. Et ce n'était pas sans raison, certes, car les hommes qui, appelés par Dieu, embrassent celte vie de leur plein gré, et qui, non contents de suivre les préceptes et remplir les devoirs communs, entrent dans la voie des conseils cvangéliques, ces hommes se montrent les soldats actifs et dévoués du Christ, Croironsnous que c'est là le propre d'âmes débiles ? ou que c'est une mesure inutile ou nuisible à la perfection delà vie? Ceux qui se lient ainsi par des vœux religieux sont si éloignés de perdre leur liberté qu'ils jouissent d'une liberté beaucou'p plus complète et plus élevée, de celle « par laquelle le Christ nous a rendus libres [2) ». [Galat, IV, 3i.)

5° Ils ont tort de jeter la défaveur sur la vie religieuse.

" Quant à ce que l'on ajoute, à savoir que la vie religieuse ne rend pas beaucoup ou même rend peu de services à l'Eglise, outre que cette assertion prouve

{r) Vny. p. XVI, 287-289.

(2) Voy. p. XVI, XXXIII, 286, j8H.

l'hostilité envers les ordres religieux, elle ne sera certes pas approuvée par aucun de ceux qui ont lu les annales de l'Eglise (i).

« Vos Etais-Unis eux-mêmes n'ont-ils pas dû les origines de leur foi et de leur civilisation aux enfants de familles religieuses ? Vous avez résolu naguère d'élever une statue à l'un d'eux, ce qui est tout à votre éloge (2),

« A notre époque même, quels services dévoués et féconds les ordres religieux, partout oii ils se trouvent, rendent au catholicisme ! combien nombreux sont-ils à faire pénétrer l'Evangile sur de nouveaux rivages, à étendre les frontières de la civilisation, grâce aux plus grands efforts et au milieu des plus grands dangers ! Non moins que le clergé séculier, ils sont parmi le peuple chrétien les hérauts de la parole de Dieu, les guides et les maîtres de la jeunesse, et pour toute l'Eglise un exemple de sain- ■teté (3).

a Les mêmes éloges doivent être accordés, à ceux qui mènent la vie active et à ceux qui, épris de retraite, se livrent à la prière et à la mortification. Quant aux services que ces derniers ont rendus et rendent au genre humain, nul n'en doute assurément parmi les hommes qui n'ignorent pas combien 0 la prière assidue du juste » {Jac, v, 16) est puissante, surtout lorsqu'elle est jointe à la mortification, pour apaiser et toucher la puissance de Dieu. Si quelques hommes donc préfèrent se réunir, sans se lier par

(I) Voy.p. XVI, î82.

(2I Voy. p. XVI, LVill.

(î) Voy. p. XLIIT, Ï77, 2

aucun vœu, qu'Us le fassent. Ce ne sera pas une institution nouvelle dans l'Eglise, ni à improuver. Qu'ils prennent garde cependant de ne pas vanter ce régime comme préférable à celui des ordres religieux (i). Au contraire, le genre humain étant de nos jours plus enclin que jamais aux plaisirs, il faut en estimer davantage ceux qui, « ayant tout quitté, ont suivi le Christ (2) «.

6* Ils ont tort de préconiser une méthode nouvelle pour amener les dissidents à l'Eglise.

a Enfin, pour ne pas Nous étendre davantage, on affirme qu'il faut abandonner le chemin et la méthode suivis jusqu'alors par les catholiques pour ramener à la foi les dissidents, et que d'autres moyens doivent désormais être employés (3),

(i)Voy. p. XXX, XXXIV, XXXV, LXIX, LXV, i63, 171, 176, 23o, î35, 168, 378, 279, 387-2S9, 290, 3\y, Î18.

(2) Suite du Syllabus :

Vin. — " Les vœui émis par les religieux sonl tout à fait opposés au génie de notre temps parce qu'ils restreignent les limites de la liberté humaine. Ils conviennent plutfli aux âmes faibles qu'aux âmes fortes, ils ne sont pas du tout favorables il la perfection chrétienne et au bien de la société humaine,

IX. — 8 La vie religieuse n'est que peu ou point utile à l-Eglise. -

H Notes théologiques : opinions qui dérivent de cet espèce de mépris des vertus évangétiques appelées à tort passives et qui propagent dans les esprits une sorte de défaveur ii l'égard de la vie religieuse. Opinions fausses et offensantes pour les ordres religieux. »

(3) Voy. p. 216-Î17.

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M II nous suffit d'observer sur ce sujet, Notre cher Fils, qu'il n'est pas prudent de négliger ce dont une longue expérience, inspirée des enseignements apostoliques, a démontré depuis longtemps la valeur (1). La parole de Dieu nous apprend [Eccl. XVII, 4) que tout homme a le devoir de concourir au salut de son prochain selon son rang et sa condition. Les fidèles d'abord rempliront très utilement cette obligation, qui leur est imposée par Dieu, par l'intégrité de leur mœurs, par les œuvres de la charité chrétienne, par des prières instantes et assidues. A leur tour, les membres du clergé l'accompliront par une saine prédication de l'Evangile, par la gravité et la splendeur du culte et surtout par la conformité de leur vie aux enseignements que l'Apôtre donnait à Tite et à Timothce (2).

0 Que si, entre les différentes manières d'annoncer la parole de Dieu, on juge parfois la meilleure celle qui consiste à appeler les dissidents, non pas à l'église, mais dans un local privé ci convenable, non pour discuter, mais pour converser amicalement, il n'y a rien là de répréhensible ; pourvu toutefois que l'autorité des évêques désigne, pour ce genre de mission, des prêtres dont ils auront éprouvé la science et la venu (3). — Nous croyons, en effet, que

([) Suite du Syllabus :

X. n II faut abandonner les procédés ei les catholiques ont usé jusqu'à ce jour pour sidenis, alîn de lui en substituer une autre à l'avenir. »

« Note tkéûlogique : opinion imprudente en ce qu'elle ne tient pas compte de l'expérience acquise, des approbations apostoliques et de la hiérarchie. »

(2) Voyez p. 216-2/7.

(3) Voyez p. 1(7, 321, 333, 337, J4i(-34J, 343, .î^fi, 35o, i5/.

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beaucoup parmi vous sont éloignés du catholicisme par ignorance plutôt que par malveillance, et on les amènerait peut-être plus facilement à l'unique bercail du Christ en leur proposant la vérité en un langage simple et familier fi)".

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