‹ L'américanismeChapitre 92 sur 120 · MONSEIGNEUR ISOARD · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR ISOARD

reuses. PremiÈremeni à l'aide de citations nombreuses, complètes, vous démontrez d'une manière irréfragable que les hommes qui déclarent n'avoir pas même côtoyé les doctrines condamnées se placent, par cette affirmation même, et une fois de plus, en dehors de la vérité.

« Secondement, en poursuivant jusqu'en leurs premières origines ces prédications d'un christianisme social, non confessionnel, aussi large que l'idée même de religion, vous obligez les hommes habitués à suivre et à se laisser emporter, vous les obligez à regarder autour d'eux pour s'assurer du chemin qu'on leur a fait parcourir à leur insu, vous les obligez à fixer leurs regards en avant sur le ravin béant à quelques pas où ils vont êire précipités.

« Œuvre, à coup sur, la plus utile en ces jours que de montrer aux hommes honnêtes, mais inattentifs, ce qui s'est déjà fait contre notre sainte religion, ce qui se prépare et quels sont les ouvriers de ces dévastations morales.

« J'exprime la pensée de tous vos lecteurs en disant que voire livre contribuera, pour la plus large part, à l'accomplissement de cette œuvre de salut,

a Recevez, monsieur le chanoine, l'assurance de mes sentiments respectueux et dévoués.

* Louis, évéque d'Annecy. »

La polémique montrait de plus en plus qu'il y avait en présence sinon deux catholicismes, du moins deux manières très différentes d'interpréter le catholicisme. Quand, dans un article

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LA laïcisation de l'église 397

du 9 mai 1899, la Vérité Française^ attaquant la démocratie chrétienne, parlait de l'américanisme, du projet de Madame Marie du Sacré-Cœur, et de la critique biblique, elle n'embrouillait pas les questions à plaisir et ne les solidarisait pas à tort. Fidèle à la tradition et soumise aux récentes directions de Rome, elle combattait l'esprit « novateur ». Ce qu'on devait reprocher aux conservateurs, c'était de ne pas regarder si vraiment Thistoire ne donnait pas raison aux exégètes critiques, si les faits que déplorait Madame Marie du Sacré-Cœur n'étaient pas réels, si la position qu'avait prise la plus grande partie de l'épiscopat des Etats-Unis n'était pas une transformation nécessaire, fatale. Ce qu'on pouvait reprocher aux conservateurs, c'était une philosophie trop sommaire et trop méprisante des nouvelles tendances, comme celle que proposait un théologien du Nouvelliste de Lyon:

« Toutes ces alliances de personnes et de doctrines n'ont absolument rien de fortuit ; elles sont dans la logique, et ii était fatal que la démocratie chrétienne amalgamât entre elles, pour les adopter, toutes ces formules que Rome vient d'unir entre elles pour les condamner ou les répudier.

« Le lien qui les rapproche, c'est la recherche du bien-être humain et terrestre, c'est le dédain des armes spirituelles et des vertus surnaturelles ; c'est

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3g& la' laïcisation de l'église

je Re sais quelle exaltation des forces humaines, non pas transformées par la grâce, mais développées et accrues par l'amour-propre. Voilà ce qu'un de nos grands évcques français et des plus énergiques appelait naguèreia « laïcisation de l'Eglise ".

<c Alors l'au-delà est perdu de vue. Qui donc y songerait tant que ces appétits terrestres ne sont pas satisfaits ? Les biens de Tàme n'éveilleront aucun désir, aussi longtemps que les biens du corps ne seront pas fournis.

ce Les âmes d'éliie sont rares, a dit M. l'abbé Naudet, à qui les espérances d'une autre vie suffisent pour accepter péniblement les difficultés' et les épreuves du présent. Les compensations ajournées aux révélations du ciel n'auront jamais qu'une influence limitée, n'atteindront jamais qu'un nombre d'âmes inhniment restreint... C'est sur la terre que la paix aux hommes de bonne volonté futpromise. n

a Christianiser la société, a dit M. l'abbé Gayraud dans VUnivers du 27 mars, cela signifie, pour nous, faire régner dans l'ordre social les principes chrétiens de fraternité et de justice qui, de fait, sont admis par les libres-penseurs démocrates et surtout par les masses ouvrières. »

« Ainsi le christianisme deviendrait une sorte de morale sociale, et les bases de ce christianisme ne seraient plus le Christ et la foi en la divinité du Christ.

0 Aussi la parenté d'esprit des démocrates chrétiens avec les néo-chrétiens n'est que trop évidente : ils sont d'accord pour laisser oublier tous les dogmes d'un évangile de pénitence et de chasteté, et s'ils diffèrent entre eujt, c'est qu'ils y substituent, les uns

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un évangile de charité et les autres un évangile de justice sociale.

a Voilà les nouveaux siècles dont on saluait l'aurore avec enthousiasme. L'Eglise était parvenue, disait-on, à un tournant de son histoire : un nouvel ascétisme et de nouvelles vertus, une manière nouvelle d'évangéliser les foules en leur préchant un Evangile où l'économie politique tient plus de place que le dogme de la Rédemption, tel était l'idéal qui s'insinuait lentement dans i'imaginaiion.

« Ce devait être, disait-on, la gloire de Léon XIII d'inaugurer cette intelligence plus complète et plus parfaitement humaine des divines vérités. On lui faisait plus de gloire d'être diplomate et sociologue que d'être, comme successeur de Pierre, le prêtre suprême, le guide de toute sainteté, le dépositaire des clefs du ciel, le dispensateur de la grâce et le lien nécessaire et visible par qui l'homme déchu se rattache encore à Dieu ( i ) . »

L'interprétation des derniers évétiemetits par les écrivains catholiques progressistes n'était guère plus exacte, surtout sous la plume des « jeunes ».

Nés dans une société de plus en plus sécularisée et saturée du droit moderne, la plupart d'entre eux ne débutaient pas dans la vie comme leurs pères, avec quelque restauration politique à réaliser; celle du roi, de l'empereur ou même

(i) Le Nouvelliste de Lyon, 4 avril i8yg.

du pape. Ils acceptaient les faits accomplis, croyaient que tous les régimes en eux-mêmes se valent et ne tirent leur supériorité que des hommes qui les président ; ou même, ils se déclaraient républicains de convictions. Pour ne pas les écarter de l'église, leurs éducateurs leur avaient prêché la religion de Lacordaire et de Montalembert, et ils étaient, probablement sans le savoir, catholiques libéraux. Les derniers incidents les déconcertaient. On peut juger de leur désarroi par l'organe d'un groupe de ces jeunes gens, Le Sillon ( i ).

Il s'était enthousiasmé pour l'américanisme, et, dans la débâcle, restait fort embarrassé. L'un de ses rédacteurs, M. Th. Grasset, représentait la défaite comme le résultat des intrigues des conservateurs réfractaires aux directions pontificales.

« Les catholiques républicains, disait-il, les démocrates chrétiens qu'on voulait combattre, agissant dansun milieu démocratique ei dans un pays où malheureusement l'unité de toi a disparu, n'avaientils pas recours à des méthodes d'apostolat analogues à celles d'Amérique ? Cela suffisait : toute tentative de rénovation, toute a nouveauté » — déjà périlleuse en elle-même aux yeux de tant de gens — parut pluS

(i) Revue fondée en 1894; sur ses origines voyez le n* du î5 octobre igoî, article nécrologique de M. l'abbé Leber.

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dangereuse encore ei abominable quand on l'eut déclarée « américanisme t. Ce mot prit désormais une extraordinaire extension : action ouvrière, congrès ecclésiastiques, réforme de l'enseignement secondaire de jeunes filles, cercles d'études, jardins ouvriers, pénétraiion des catholiques dansl'Université, amélioration des études scientifiques dans les séminaires, tout cela fut, pour certains, de I' « américanisme ». Et le plan se dessinait : faire condamner la a Vie du P. Hecker » et 1' 3 américanisme » ainsi étendu à toute l'action démocratique ; — faire condamner Rome par Rome et mettre Léon XIII, qui venait de bénir une fois de plus la démocratie chrétienne, en contradiction avec lui-même. ,,

« On peut donc l'affirmer sans paradoxe : o l'américanisme » était une question politique, et de politique française; sa découverte, sa constitution, sa définition, sa poursuite sont l'œuvre des catholiques français qui ne veulent accepter ni les conseils politiques ni surtout les directions sociales du Saint- Siège. — En vérité c'est fort réjouissant que d'entendre ces « réfractaires b s'écrier pour nous confondre : Rome a parlé !

a Rome a parlé, en effet : elle a su démêler, dans rensemble héiéroclite qu'on lui dénonçait, le point par où pouvait se glisser l'erreur ; cette erreur doctrinale, elle l'a définie et désignée par ce mot d' B américanisme n. Mais elle s'est bien gardée d'y comprendre les méthodes et l'action des catholiques américains, ni surtout l'action et le programme démocratiques: l'on n'a, pour s'en convaincre, qu'à relire la dernière partie de la lettre au cardinal Gibbons.

« Léon XIII, d'ailleurs, le pouvaii-il, sans condamner du même coup l'œuvre tout entière de son glorieux Pontifical ?

« Et que certains aieni pu, un seul instant, espérer pareille condamnation, n'est-ce point le comble de rextravagance(i) ? a

Ces obseirations valurent à leur auteur la réponse suivante (3) :

« Mon cher ami,

" Dans votre article Américanisme et démocratie (Sillon, du 25 mars), vous dites [et je suis d'ailleurs tout à fait de votre avis) que a le Pape n'a pas compris dans la même condamnation l'Américanisme et la démocraiie chrétienne » ; vous mettez en sûreté, bien à part, « le programme et l'action démocratiques », et vous ajoutez : 11 Léon XIII, d'ailleurs, pouvait-il les condamner sans condamner du même coup l'œuvre entière de son glorieux pontificat ? »

" Bref, avec presque tous nos amis en ce moment, vous paraissez vous hâter de jeter par dessus bord tout le superflu pour essayer de sauver l'essentiel, et, pardonnez-moi le mot, vous lâche\ des hommes ou des idées que vous souteniez, dans l'espoir, semble-t-il, que ces concessions vous en épargnent d'autres.

11 Permettez-moi de croire que c'est peine perdue.

(1) N» du î5 mars iSfig- (1) N" du 10 avril i8py.

LE SILI.ON 4o3

On vous délogera de vos derniers retranchements. J'ouvre le Pèlerin du 2 avril, et après y avoir lu que K dans une lettre au cardinal Gibbons, le Saint-Père a condamné un nouveau christianisme (?) appelé 0 l'américanisme 0, je trouve immédiatement ceci :

a Enfin, une déclaration du journal officieux, VOsservatore, blâme la démocratie chrétienne qui veut n'être pas catholique et se faire un parti d'athées et d'incrédules en supprimant toute idée religieuse des questions sociales, o

« (J'espère, en passant, que vous admirerez comme moi la délicatesse et l'heureuse justesse de celte dernière formule).

a Donc, laissez moi vous poser deux questions au sujet de cette attitude: 1" Est-elle bien franche? 2' Est-elle bien politique?

u Ne serait-il pas plus franc d'avouer que le Pape semble en train de renier peu à peu — ou de laisser renier et défaire, dans ce qu'elle a d'humain et par suite de destructible, bien entendu — l'œuvre de son glorieux pontificat? Cela peut ei doit nous attrister : cela ne peut ni ne doit nous décourager. Mais pourquoi ne pas le constater?

« Ne serait-il pas plus politique aussi, tout en en nous soumettant, par esprit d'obéissance, à l'Eglise, dans toute la mesure nécessaire, de dire nettement que ces soumissions ne sont ni des rétractations (notre orthodoxie n'étant atteinte en rien, et le magistère infaillible ne s'exerçant aucunement dans ces Lettres ou ces décisions de Congrégations), ni des renonciations à travailler et agir? Croyonsnous moins, après ces documents, que notre devoir est de chercher une conciliation entre le dogme ca-

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tholique et les idées du siècle, de travailler à une adaptation progressive du catholicisme à toutes les forces qui mènent notre monde moderne ? Vous, par exemple, mon cher ami, pensez-vous moins, depuis la lettre au cardinal Gibbons, que les catholiques ont trop négligé la pratique des vertus naturelles et qu'ils doivent essayer d'être honnêtes hommes avant d"êire pieux? Pensez- vous moins, depuis la décision de la Congrégation dés Evèques et Réguliers, que l'instruction donnée dans les couvents est inférieure à ce qu'elle devrait être et qu'il faut travailler à la réformer? Non, n'est-ce pas ? Pourquoi le laisser croire, alors, à tous ceux qui, du dehors, épient nos efforts, sont à l'affût de nos défaites et saluent d'un ricanement nos découragements? Ne faut-il pas éviter avec soin de paraître lâcher une cause et des idées que nous continuons à croire bonnes en elles-mêmes, qui sont la raison d'être de notre vie et de notre action, et, dirai-je, la sauvegarde même de notre foi?

11 Car, le jour où nous nous prendrions à douter que le catholicisme soit adaptable et capable de progrès, ce jour-là croirions nous encore en lui ?

n Donc, quand Rome nous avertit que nous faisons fausse rouie, ou que nous allons trop loin, ou nous nous trompons sur le choix des moyens, les applications, etc., soumettons-nous à son jugement, en toute sincérité d'esprit et de cœur. Mais faisons bien le dépan de ce qui nous atteint vraiment et de ce qui ne nous atteint pas. Et ne laissons pas supposer par notre attitude, aux catholiques, que nous sommes des gens brûlés, aux incroyants qu'il n'y a « rien à faire >> avec le catholicisme.

0 J'émets humblement un avis: je serais heureux

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tA DÉMOCRATIE CATHOLIQrE 4o5

d'avoir le vôire là-dessus, ou celui de gens plus compétents que moi pour trancher cette délicate question.

« Paul Renaodin. »

M, l'abbé Ataignen s'empressa de reproduire cette lettre, en la faisant suivre d'une déclaration prophétique :

« Oui, c'est une campagne qui commence conire le parti de la démocratie dite chréiienne,

B Oui, la condamnation de l'américanisme devait aboutir, logiquement et nécessairement, à ce résultat.

B Oui, la démocraiie soi-disant chrétienne sera condamnée directement et explicitement, comme vient d'être condamné i"américanisme (i). »

M. l'abbé Maignen s'exprimait avec d'autant plus d'assurance qu'un article de VOsservalore Romano venait de blâmer l'ouvrage récent de M. l'abbé Gayraud, intitulé les Démocrates chrétiens, en l'accusant de méconnaître les principes fondamentaux et de la foi et de la raison et de la logique et du bon sens. Cette censure jeta un grand trouble parmi les progressistes. De tous les rangs de ceux qui s'étaient efforcés de suivre

■ (i) La Vérité, 14 avril 1899.

lïdèleinent les ordres du pape, un cri s'éleva : « Que veut Rome?». Le vieil archevêque de Bourges écrivit au pape pour lui demander une direction. Le Saint-Père répondit, le 2S mai, que les documents qu'il avait publiés récemment se rapportaient uniquement soit au dogme, soit à la discipline chrétienne, et ne regardaient en aucune façon les prescriptions concernant les catholiques de France, dans la lettre du mois de février 1893 et l'encyclique Rerum novarum. Cette lettre ne termina point les discussions entre catholiques. Un nouvel incident vint les entretenir : Mgr Ireland était en France. Désireux d'y fortifier le mouvement américaniste, M. Hogan avait négocié avec l'évêque d'Orléans, pour que l'archevêque de Saint-Paul prêchât, le 8 mai, le panégyrique de Jeanne d'Arc. Quand cette nouvelle fut connue, des journaux contraires à ses idées, ou même inspirés par des ennemis personnels, commencèrent une campagne pour qu'on choisit un autre orateur (i), vu qu'il personnifiait en son pays la haine de la langue française. L'évêque d'Orléans sut vaincre

(1) Sur celle affaire, voyez L'Autorité, ij février 1899; ibid., îo avril (article d'un franco-canadien]; La Gajette de France, X mai, et les articles de M. Jean de Bonnefon dans L'Eclair du 6 et Le Journal du 9 mai. — Sur le discours prononcé à Orléans, voyez l'appréciation du Journal des Débats, :o mai.

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l'opposition, mais la Direction des cultes lui témoigna du mécontentement.

Après avoir prononcé son panégyrique, Mgr Ireland partit pour Paris. Le dimanche, 14 mai, il parla trois fois dans la basilique de Sainte- Clotilde : au prône, le matin ; à une heure, à la distribution des prix du Catéchisme de persévérance, et enfin à l'issue des vêpres, où il prononça le panégyrique de sainte Clotilde. Une 'assistance nombreuse et choisie y assistait. On y remarquait le duc Albert de Broglie, le vicomte E. M. de Vogué, les abbés Boeglin, Dufresneet-Klein, MM. Camille Bellaigue, Denys Cochin, Georges Goyau, Lavedan, Louis Teste.

Le lendemain soir, l'archevêque donna une conférence au cercle catholique de Plaisance. Elle était présidée par M. Brunetière (i). Mgr Mathieu, archevêque de Toulouse, et les abbés Gayraud, Lemire, Naudet, Klein y assistaient. Mgr Ireland parut en redingote, « en redingote comme tout le monde en porte, et non pas l'abominable soutanelle (2) ». Il exposa comment il

([] M. Brunetière n'a point raconté quels sentiment donna la lettre Testent bertevolenliae. Dans un discour: A les ennemis de l'âme française » qu'il prononça à Lil 17 mars 1899, il tii une citation de Mgr Ireland u an peuple et de la liberté i>. La citation est empruntée à ur cours reproduit dans L'Eglise et le Siècle, p. i64-[65.

(I) Figayo, .0 mai.

comprenait les devoirs de l'évêque, le patriotisme, l'amour du peuple.

Le 28 mai il prononça encore à Saint-Pierrede-Chaillot devant un auditoire très aristocratique, un sermon sur l'œuvre sociale (i).

Si grands qu'ils fussent, les honneurs dont on l'entoura étaient loin d'atteindre le triomphe qu'il avait remporté sept ans auparavant. Les politiques s'abstenaient (2). Des conservateurs et des anti-cléricaux le traitaient de comédien* et de politicien (3). Des écrivains distingués qui, au temps du néo-christianisme, en 1892, étaient allés l'entendre avec sympathie, ne se dérangèrent point cette fois, ayant cru voir dans

(r) Au mois de juin l'archevcque Ireland passa en Angleterre où il fut reçu avec les plus grands honneurs par le cardinal Vaughan et le duc de Norfolk. Cf. Catholic Union Galette, juillet ; Weekly Regiitei; 8 juillet ; Gaulois, lî.

(3) Les jésuites qui avaient prié Mgr ireland de parler à la conférence catholique de la rue des Saints-Pères retirèrent l'invitation. — 0 Saint-Sulpice l'abandonne (Mgr Ireland) depuis qu'il ne voit plus dans son sillage le chemin le plus sûr pour aller au chapeau. » L'Autorité, 17 février 1899, La mention du chapeau du supérieur général de Saint-Sulpice, M. Caplier, oblige à rappeler un article célèbre de M. Jean de Bnnnefon, dans l'Ê'c/aiV du 17 octobre 1896.

(3) a Non content d'avoir maltraité Jeanne d'Arc â Orléans, il s'est attaqué à sainte Clotilde que lui a livré un curé de . Paris. Puis, on l'a vu habillé en laïque, la main gauche dans 'a poche et le pouce droit sous l'aisselle, promener son verbe hlandreux et ses effets de torse à Plaisance, la paroisse de la réclame, n /.'^H(ori(^, 11 juin 1899.

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