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là lettre Testent que sa doctrine était trop intelligente pour être orthodoxe. La jeunesse s'était retirée. Manifestement bien des espérances et
bien des illusions étaient à jamais évanouies, et l'on entendait "nombre de réflexions qui rappelaient celles de Lamennais :
a II n'existe pour chaque chose qu'un moment dans les afïaires humaines. Plus tard, on n'a plus le choix entre deux voies, et la nécessité entraine. Rien de ce que nous proposions en 1 83 1 ne serait possible aujourd'hui, ne sera possible à aucune époque, parce qu'on ne retourne point en arrière, parce que l'on ne croirait point à la sincérité d'un système différent de conduite, qu'on n'y verrait qu'un calcul variable d'intérêt; enfin parce qu'ayant condamné de la manière la plus expresse les principes sur lesquels reposerait le système nouveau, ceux-ci seraient une atteinte à l'immutabilité de doctrine, et, que cette versatilité d'enseignement, quelque art que l'on mit soit à la déguiser, soit à en éluder les conséquences, renfermerait une contradiction mortelle à l'autorité qui s'est prononcée si formellement. Il faut donc que Ion marche jusqu'à la tin dans la route tracée, qu'éternellement et quelles que soient les modifications successives que peut éprouver l'état social, on proclame les mêmes maximes déclarées à jamais immuables puisqu'on déclare qu'elles appartiennent à la tradition des Apôtres ou des Pères ou à la révélation divine. Quiconque s'en écartera de fait violera un commandement divin ; quiconque les contestera, quiconque n'y attachera point intérieurement une
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foi absolue, rompra par cela même avec le catholicisme.
« Cette position est grave (i). "
(r) Affaires de Rome, II, p. 9
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n funèbre de l'américanisme. Histoire de sa Genèse. Le congrès de l'histoire des religions. Opportunité.
Le numéro de mars 1 900 de la Norlh American Rei>ieit) contenait un article de Mgr Péchenard, recteur de l'Institut catholique de Paris, sur la Fitt de l'Américanisme en France. Désirant savoir ce qu'il était advenu de l'affaire, les directeurs de cette revue avaient demandé au prélat de leur fournir o des informations détaillées sur l'état de la question et surtout sur l'état d'esprit des Français à ce sujet ». Mgr Péchenard envoya une douzaine de pages assez denses, en' se faisant un grand mérite de sa brièveté. Il aurait bien pu, disait-il, «alimenter» la curiosité des lecteurs américains avec « le tableau de l'agitation » causée en France par la question de l'américanisme durant une année entière. Mais, prenant surtout conseil de son
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amour de la paix et du bieo de la cause religieuse, rien ne lui semblait meilleur que le silence et rien ne répondait mieux à l'état actuel des esprits en France. — Cette préférence, remarqua tout de suite un journal anglais, explique que l'article contienne si peu d'informations. Quand on a le désir de ne rien dire et qu'on est talonné par un éditeur trop curieux, c'est un subterfuge permis d'émettre le moins d'idées possible (i).
Au jugement de Mgr Péchenard, l'Américanisme éclata en Europe avec la traduction française de la Vie du P. Heckgr. a 11 apparut alors comme un système complet, où se rencontraient pêle-mêle des opinions relatives au dogme, à la discipline, à la vie chrétienne et religieuse, et des doctrines démocratiques et sociales. » Il n'atteignit, ainsi que « le concessionnisme (2) » 11 qu'une imperceptible minorité des membres du clergé » de France.
Si l'américanisme n'exista guère de ce côté de l'Atlantique, il fleurissait de l'autre, et Mgr Péchenard affirmait que des catholiques des Etats- Unis sont coupables d'abord « d'un cenain fléchissement en matière de dogmes » ; secon-
(1) The Spectator, march 14, igoo, p. 407. (3] L'erreur condamnée par Léon Xlll, dans Is i" partie de l'encyclique Testent ; cf. ci-dessus, p. 3^7.